Romain Bardet est un homme trop curieux pour faire toute sa carrière dans la même équipe. Il est aussi un coureur trop ambitieux pour se satisfaire de ses dernières saisons chez Ag2r. Inévitable, la séparation a eu lieu à l'hiver. "Découvrir le Giro est une nouvelle aventure", dit-il. C'est sous un autre maillot et dans un rôle un peu différent que Romain Bardet va participer à son premier Tour d'Italie. Beaucoup de changements et donc quelques inconnues qui ne l'effraient pas, au contraire : "Il y a beaucoup de nouveautés mais pour moi c'est très intéressant de me frotter à cette approche pour atteindre mon meilleur niveau."

Nouvelle équipe, nouvelle approche

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La première d'abord : une nouvelle équipe donc. Le Team DSM, anciennement Sunweb, a fait ses preuves. Tom Dumoulin y a gagné le Giro (2017) et Marc Hirschi et Soren Kragh Andersen, entre autres, y ont brillé sur les routes du Tour 2020. Très professionnelle, l'équipe allemande ne laisse pas grand-chose au hasard et s'est dotée d'un staff conséquent et pointu. Une approche qui convient parfaitement à un Bardet qui a toujours poussé plus loin son ancienne équipe. "C'est une super expérience, je suis très heureux d'être dans cette équipe, a-t-il assuré jeudi en conférence de presse. Mon intégration a été bonne et facile. Je me sens bien dans cette équipe, elle me correspond. J'aime la manière de courir, de fixer des objectifs et de préparer les coureurs à simplement être la meilleure version d'eux-mêmes."
C'est dans cette optique qu'il a moins couru en début de saison 2021 (15 jours) que sur les années précédentes (16 en 2020 alors que la saison s'est arrêtée à Paris-Nice, 23 en 2019 et 21 en 2018). A la place, il a fait deux stages en altitude dont un très long au volcan Teide, près de Tenerife. Un énorme bloc de travail qui n'avait pas l'habitude de faire si tôt dans l'année et qui, il l'espère, portera ses fruits dès ce Tour d'Italie. Au Tour des Alpes, sorte de répétition générale du Giro, il a pris une encourageante 9e place. Encourageante parce que la fatigue accumulée en Espagne était bien présente. Avec la récupération, il devrait en conserver seulement du positif.

Le Giro, une envie qui remonte à loin

Le Giro est une course qu'il avait envie de découvrir depuis longtemps, dès "ses premières années professionnelles", selon ses mots au Dauphiné. C'est la seconde nouveauté pour lui. "Ce n'est pas un secret, je voulais participer un jour au Giro en étant au top de ma forme, appuie l'Auvergnat. Le Giro fait entièrement partie de mon nouveau challenge avec le Team DSM." En 2020, Ag2r avait, enfin, accédé à sa demande de prendre part au Giro. Las, la réorganisation du calendrier, et une Ag2r soucieuse de faire un bon Tour de France, en avaient décidé autrement.
"Je suis très curieux de voir comment se déroule le Giro. Je pense que la course est plus ouverte qu'au Tour de France. Ça devrait mieux me convenir", poursuit encore Bardet. Lui l'attaquant, l'instinctif, qui avait été chercher sa 2e place sur le Tour 2016 en faisant fi des consignes et à la faveur d'une attaque dans une descente rendue dangereuse par la pluie, a envie de retrouver le plaisir de la course. Le Team DSM a prouvé qu'il savait faire dans ce domaine. Les 38 kilomètres, seulement, de contre-la-montre, sont, de plus, un bel avantage pour lui, le grimpeur pur qui devrait se régaler sur les pentes parfois vertigineuses de la Botte

Bardet-Hindley, ticket gagnant ?

Troisième nouveauté enfin, et non des moindres, son statut. Depuis 2016, il n'a plus jamais eu à partager le leadership d'une équipe sur un Grand Tour. Un avantage mais aussi un inconvénient. "L'objectif au Giro est très collectif. Nous venons ici avec des ambitions au général avec Jai Hindley et moi", a-t-il martelé ce jeudi. Le dauphin de Tao Geoghegan Hart (Ineos-Grenadiers) en 2020 ne revient pas pour jouer l'équipier. Chacun aura sa chance et les jambes devront parler. "C'est nouveau pour moi d'aborder une course de cette manière mais c'est bien pour l'équipe d'avoir Jai et moi qui luttons pour le général Je pense que sur le Giro, c'est vraiment utile d'avoir deux cartes à jouer."

Bardet : "Le Giro ? Je ne pouvais pas rêver mieux comme premier objectif avec ma nouvelle équipe"

De quoi lui offrir plus de liberté ? Possible. De quoi surtout lui ôter un peu de pression. De toute façon, le Team DSM sait qu'une adaptation prend du temps et personne, a priori, ne lui en voudra de ne pas encore être à son meilleur niveau. L'aventure DSM ne fait que commencer, mais elle va connaître une première étape plus qu'importante sur ce Giro. Le but est de voir jusqu'où elle peut le mener. Après tout, il était 4e du Tour avant sa chute sur la 13e étape en septembre dernier. Si ce n'était pas la "meilleure version" de lui-même, ça laisse rêveur.
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