Richard Carapaz (INEOS Grenadiers, leader)

Son histoire avec l’épreuve : 3e participation, vainqueur en 2019 et 4e en 2018
Jusqu’ici, il signe la course parfaite ou presque. Même son chrono à Budapest avait été positif (19e). Jamais distancé, jamais si ce n’est que mis en difficulté, il a toujours été le premier à bouger parmi les favoris que ce soit au Blockhaus ou vers Turin. Si on le voyait avoir plus de marge sur ses adversaires en montagne, celle-ci ne fait que commencer et l’Equatorien a déjà endossé le maillot rose de leader.
Giro
Girmay, Démare, Hindley... Voici en quoi ce Giro était spécial
02/06/2022 À 11:11

Les Ineos-Grenadier pourront-ils aider Richard Carapaz à rester en rose jusqu'au bout de ce Giro ?

A l’occasion de la 14e étape, comme en 2019. Peut-être regrettera-t-il de ne pas avoir plus collaboré avec Mikel Landa et Romain Bardet au Blockhaus et éliminer ainsi Joao Almeida et Jai Hindley mais, pour l’heure, tout va bien pour le leader des INEOS Grenadiers. Il faudra toutefois suivre les conséquences de sa chute en début de 15e étape. A priori, rien de grave. A priori.
Forces et faiblesses : Sur le papier, c’est le meilleur grimpeur de ce Giro - encore plus en haute altitude - et la dernière semaine, ultra montagneuse, lui convient à la perfection. Surtout si la météo est pluvieuse, ce qu’il apprécie. Il devra toutefois se mettre à l’abri avant le chrono, son principal point faible théorique. Et espérer que le coup de barre de son équipe à Turin ne se répète pas.
L’étape taillée pour lui : La 20e, entre Belluno et Marmolada (Passo Fedaia). Deux cols à plus de 2000m d’altitude et la dernière chance pour les grimpeurs : il faudra tout lâcher.
L’étape qu’il doit redouter : La 16e, entre Salo et Aprica. C’est l’étape-reine de ce Giro et sans doute la plus difficile avec une montée crescendo des pourcentages. Surtout, elle aura lieu au lendemain d’un jour de repos. C’est le jour où il risque le plus de perdre beaucoup de temps.

Le profil de la 16e étape du Giro 2022

Crédit: From Official Website

Jai Hindley (Bora-Hansgrohe, 2e à 7’’)

Son histoire avec l’épreuve : 4e participation, 2e en 2020
Arrivé dans la peau d’un co-leader au sein de l’effectif XXL de la Bora-Hansgrohe, l’Australien s’est vite imposé comme la carte-maîtresse de la formation allemande. Toujours attentif aux avant-postes, il avait laissé entrevoir quelques doutes dans le Blockhaus, distancé par le trio Landa-Carapaz-Bardet mais il est revenu et s’est même imposé.

Jai Hindley (Bora-Hansgrohe) dans la roue de ses équipiers sur la 15e étape du Giro 2022

Crédit: Getty Images

De fait, il est le seul des leaders à avoir déjà levé les bras sur cette 105e édition. Surtout, il monte en puissance, à l’image de son équipe. Hindley était sans doute le plus fort vers Turin et, s’il n’a pas su s’isoler, il en a quand même encore profité pour glaner quelques secondes de bonifications. Cela pourrait compter eu final. Mais il lui faudra faire plus en montagne pour espérer éviter le scénario de 2020 (il avait perdu le maillot rose lors du chrono final).
Forces et faiblesses : Vu ce qu’il s’est passé à Turin, sa principale force vient avant tout du collectif de la Bora-Hansgrohe. Il est très bien entouré et peut se permettre de miser sur une course de mouvement. Il est aussi celui qui est apparu le plus fringuant dans cette seconde semaine, même s’il manque peut-être un peu d’esprit offensif. Mais sa grosse faiblesse vient du contre-la-montre, exercice dans lequel il est très probablement le plus mauvais des leaders.
L’étape taillée pour lui : La 20e, entre Belluno et Marmolada (Passo Fedaia). Comme pour Carapaz, ce sera sa dernière chance de reprendre du temps. La vallée entre le Pordoi et la montée finale semble favorable à un coup de force et la Bora-Hansgrohe est la plus susceptible de s’y essayer.

Dernière chance en haute altitude pour les grimpeurs : le profil de la 20e étape

L’étape qu’il doit redouter : La 21e, le contre-la-montre. Il avait tout perdu en 2020 dans l’ultime chrono et, s’il devait aborder celui de Vérone avec le maillot rose, nul doute que cela risquerait de lui revenir en tête. Surtout s’il possède moins d’une minute d’avance.

Joao Almeida (UAE Team Emirates, 3e à 30’’)

Son histoire avec l’épreuve : 3e participation, 4e en 2020 et 6e en 2021
Longtemps en rose il y a deux ans, bridé lors des deux premières semaines l’an passé par la stratégie de la QuickStep, le Portugais vit un Giro beaucoup plus tranquille cette fois. S’il a plus que limité les pertes, le leader des UAE Team Emirates a été distancé à chaque fois que la bagarre entre favoris a fait rage.

Pourquoi Almeida pourrait devenir l'homme à battre

Du moins, pendant un temps. Car si Almeida avait un surnom, ce serait "Le Boomerang" ou "L’Elastique", pour sa capacité à toujours revenir, au train, sans s’affoler. A la Tom Dumoulin d’une certaine manière. Cela a été le cas au Blockhaus comme à Turin. Mais à force de devoir faire l’effort pour revenir, il doit se contenter de limiter la casse. Pas forcément idéal lorsque l’on est déjà derrière. Mais la situation actuelle est loin d’être en sa défaveur et, si elle pouvait être la même au matin de la 21e étape, il signerait de suite.
Forces et faiblesses : En plus d’être un solide grimpeur, le Portugais est un excellent rouleur et c’est d’ailleurs comme un rouleur qu’il grimpe, au train, sans à-coup. Une stratégie qui peut laisser penser qu’il craque souvent alors qu’au contraire, cela lui permet d’être sûr de ne jamais exploser. C’est aussi, logiquement, le meilleur rouleur des favoris et de loin. En revanche, ses adversaires ont eu un vrai aperçu de ses faiblesses vers Turin : son équipe et les descentes, même si les Dolomites ne sont pas non plus les étroites routes du Piémont.
L’étape taillée pour lui : La 21e, le chrono autour de Vérone. Meilleur rouleur que ses adversaires, il regrettera de ne pas avoir un contre-la-montre plus long (17,4km) mais, dans un grand jour, peut espérer reprendre entre 30’’ et 1’ à ses concurrents. Même s’il avait raté son chrono à Budapest.
L’étape qu’il doit redouter : La 19e, entre Marano Lagunare et Santuario di Castelmonte. Avec une ascension difficile (10km à 9%) suivie d’une descente étroite, technique et inconnue des coureurs, cette étape a tout d’un piège. D’autant qu’il restera ensuite 15km de plat avant la montée finale.

Le profil de la 21e étape du Giro 2022

Crédit: From Official Website

Mikel Landa (Bahrain-Victorious, 4e à 59’’)

Son histoire avec l’épreuve : 7e participation, 3e en 2015 et 4e en 2019
Ses deux premières semaines n'ont pas été parfaites mais Mikel Landa n’a toujours pas perdu le Giro et c’est une première victoire à la vue du passif de l’Espagnol. Il n’a pas pu s’empêcher de chuter vers le Blockhaus, comme en 2017, mais cela ne l’a pas empêché d’y être l’un des plus forts.

Landa (Bahrain-Victorious) et Carapaz (INEOS Grenadiers) dans l'ascension du Blockhaus

Crédit: Getty Images

Il a même été le coureur le plus insistant du trio avec Romain Bardet et Richard Carapaz, passant de gros relais, en vain. Il a connu une journée plus compliquée vers Turin mais le Basque n’est pas un grand fan ni de la chaleur, ni des montées courtes, ni des descentes dangereuses. Perdre 36’’ dans ces conditions était un moindre mal. Alors qu’on va aborder son terrain de jeu favori, la haute montagne, l’Espagnol est à l'affût et son retard, bien que non négligeable, n’a rien d’irrémédiable.
Forces et faiblesses : Pur grimpeur, l’Espagnol n’est jamais aussi bon que lorsqu’on lui offre des enchaînements de cols, de préférence assez longs, ce que va offrir la dernière semaine du Giro. On annonce en plus des orages et possiblement de la pluie sur les Dolomites, une météo qui lui sied particulièrement bien. Il pourra en plus compter sur l’un des meilleurs lieutenants en la personne de Bilbao. Mais pour rêver du maillot rose, Landa devra continuer de "réfréner" sa malchance et ses (mauvaises) habitudes de chutes aux pires moments. Et limiter le débours à Vérone, dans l’exact même chrono qui lui avait coûté le podium en 2019.
L’étape taillée pour lui : La 16e, entre entre Salo et Aprica. Un enchaînement de quatre ascensions, toutes très difficiles, pas d’arrivée au sommet où il puisse perdre un sprint, pas d’arrivée en descente où il puisse tomber mais un mix qui favorise un homme fort. Et Landa sait gagner à Aprica (Giro 2015).
L’étape qu’il doit redouter : La 18e, entre Borgo Valsugana et Trévise. Vous trouvez ça absurde ? C’est normal. Landa ne serait pas Landa si l’étape la plus dangereuse pour lui n’était pas la plus simple et la plus anodine.

Occasion pour respirer et pour les sprinteurs vers Trèvise : le profil de la 18e étape

Domenico Pozzovivo (Intermarché - Wanty - Gobert Matériaux, 5e à 1’01’’)

Son histoire avec l’épreuve : 16e participation, 6 tops 10, 5e en 2014 et 2018
Il est bluffant ! Alors qu’il n’avait pas encore d’équipe début février, le petit grimpeur fait encore rêver les tifosi d’un premier sacre italien depuis Nibali en 2016. Il faut dire que le Policoresi a tout bon jusqu’ici, ou presque. Loin sur le chrono, légèrement distancé dans le final de l’Etna (+ 19’’), il a remis ça vers Turin (+ 13’’), même s’il a été l’un des trois plus forts sans doute ce jour-là.

Domenico Pozzovivo, Giro 2022

Crédit: Getty Images

Courant toujours aussi juste, bien entouré par une surprenante formation Intermarché - Wanty - Gobert Matériaux, l’Italien de 39 ans n’a encore jamais été en mesure de suivre les meilleurs (il revient au Blockhaus grâce à Almeida) mais il semble de plus en plus fort, au fur et à mesure que la course avance.
Forces et faiblesses : Avec 15 Tours d’Italie déjà dans les bagages, Pozzovivo est loin le favori le plus expérimenté et il n’y a guère de cols italiens qu’il ne connaisse pas comme sa poche. Moins côté aussi que les quatre autres, il n’a rien à perdre et pourrait même profiter d’un marquage entre favoris, étant le seul dans ce cas. Mais cela fait quatre ans (en 2018, il avait chuté de la 3e à la 5e place) que l’Italien n’a plus joué le général en 3e semaine d’un Grand tour. Historiquement, cela a toujours été sa semaine la plus compliquée.
L’étape taillée pour lui : La 17e, entre Ponte di Legno et Lavarone. Avec 8km de faux-plat entre le sommet de Monterovere et l’arrivée, cela pourrait être tactique et Pozzovivo pourrait profiter de son statut d' "outsider" du top 5. Et les forts pourcentages de l’ascension correspondent à merveille à son petit gabarit.

De l'inédit mais toujours plus de pourcentages : le profil de la 17e étape

L’étape qu’il doit redouter : La 16e, entre entre Salo et Aprica. Parce qu’il pourrait manquer d’équipiers avant le col final si la course se lance de loin mais, surtout, parce qu’il apprécie rarement les lendemains de jours de repos, comme cela avait déjà été le cas à l’Etna. Cette fois, ça sera beaucoup plus dur.
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