Arnaud Démare avait de “bonnes jambes” ce mardi. Mais la marche était un peu trop haute pour le sprinteur français, entre Pescara et Jesi, vu le rythme auquel le peloton a avalé la montée de Monsanto à 9 km de l’arrivée. Distancé à quelques hectomètres du sommet, le Picard a été l’un des derniers purs sprinteurs à s’accrocher dans le final de cette 10e étape en dents de scie, bien après Caleb Ewan et Mark Cavendish.
Il n’a fini qu’à une minute du vainqueur Biniam Girmay, à la 50e place, une belle performance vu son profil, mais la sanction est au final la même que pour l’Australien et le Britannique. Privé de l’emballage massif réservé à une trentaine de costauds, le Français signe un zéro pointé au classement par points qui ne fait évidemment pas ses affaires.
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Il se rapproche vraiment très fort
"J’étais vraiment bien, ça se joue à pas grand chose, a réagi le leader de l’équipe Groupama-FDJ à notre micro après l’arrivée. Je suis un peu déçu mais les jambes étaient bonnes, en tout cas. On sait que Girmay vient de gagner et on sait qu’il se rapproche vraiment très fort… Ça va être un beau challenge.” Ce challenge, c’est évidemment celui du maillot cyclamen, toujours sur les épaules de Démare mais de manière beaucoup moins solide désormais. En remportant sa première victoire sur un Grand Tour à Jesi, l’Erythréen est revenu à trois points seulement du Français. Autant dire trois fois rien avant les dix dernières étapes en ligne de ce Giro.
Dans son malheur du jour, Démare s’en sort plutôt bien puisque cette étape considérée de difficulté 3 étoiles (sur une échelle de 5) n’était pourvoyeuse que de 25 points pour le vainqueur, contre 50 pour une étape de plaine. Au regard du barème en vigueur sur le Giro, le Français jouera gros mercredi. La 11e étape, complètement plane entre Santarcangelo di Romagna et Reggio Emilia, est l’avant-dernière journée vraiment dédiée aux purs sprinteurs.

Faire le trou mercredi

Le vainqueur au sprint massif des 5e et 6e étapes doit donc absolument en profiter pour reprendre du terrain sur Girmay. La suite semble en effet plus favorable au coureur d’Intermarché-Wanty-Gobert Matériaux puisqu’il ne restera qu’une seule journée classée “1 étoile” - soit la difficulté minimum - à savoir la 18e étape à Trévise, où une échappée sera ce jour-là difficile à contrôler.

Démare déçu après la 10e étape : "Ça ne se joue vraiment pas grand-chose"

Cette 18e étape sera d’ailleurs l’unique possibilité d’un sprint massif durant une 3e semaine réservée à la montagne - et au chrono le jour de l’arrivée. Tout devrait donc se jouer principalement d’ici la fin de la deuxième semaine, même si les sprints intermédiaires seront chaque jour, et jusqu’à la fin du Giro, éminemment importants avec un maximum de 12 points à cueillir sur chaque étape.

La suite plus favorable à Girmay

Jeudi, la 12e étape entre Parme et Gênes sera bien plus favorable à Girmay avec une dernière ascension de 4km à 8% placée à 30km de l’arrivée. Vendredi, sur la route de Cuneo, l’incertitude quant au scénario demeure plus grande avec un long col de 10km à 7% en début de course puis une seconde partie assez plate et enfin une dernière ligne droite à 2,5% de moyenne. Samedi et dimanche, la montagne sera déjà là. Un terrain où même Girmay ne devrait pas pouvoir se positionner pour la victoire.
La route s’annonce donc encore longue et périlleuse pour Démare, qui espère remporter à Vérone, le 29 mai prochain, ce classement par points pour la 2e fois de sa carrière, deux ans après la première.

Arnaud Démare avait remporté au sprint la 6e étape du Giro en devançant notamment Biniam Girmay

Crédit: Getty Images

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