Le cyclisme aime bien les clins d’œil à l’histoire. Jongler entre passé et présent au gré d’un scénario qui se répète, à des années d’écart. En attendant de savoir si l’histoire se répètera jusqu’à sa conclusion, ce Tour d’Italie 2022 n’est pas sans rappeler celui de 2019. A commencer par un maillot rose longtemps sur les épaules d’un coureur ayant bénéficié d’une grosse échappée.
Il y a trois ans, Jan Polanc (2 jours) avait succédé à Valerio Conti (6 jours) et cette année, Juan Pedro Lopez (Trek-Segafredo) était encore en rose ce samedi matin, après l’avoir endossé au soir de l’Etna (4e étape). Et, en 2019 comme en 2022, cette folle aventure en rose s’est terminée lors de la 14e étape, avec un maillot rose basculant sur les épaules du même homme : Richard Carapaz.
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L’Equatorien de la formation INEOS Grenadiers était à l’affût depuis plusieurs jours mais c’est lui qui a pris les choses en main vers Turin, en passant à l’attaque dans l’ultime ascension de Superga (2e cat). Une attaque qui a provoqué la sélection parmi les leaders et fait craquer Lopez, lui offrant ainsi la tunique de leader, trois ans après, à la même étape, pour l’exact même écart (7’’).
"Je ne savais pas que j’avais pris le maillot à la même étape en 2019 mais c’est un signe, avouait-il à l’arrivée. La vérité c’est que je suis très content. On avait un premier objectif avec l’équipe : aller chercher ce maillot rose". C’est chose faite, au terme d’une étape qui aura marqué les esprits et les organismes, comme celle de Courmayeur en 2019. Cette fois, c’est la chaleur et non le froid qui a pesé sur les coureurs.

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La menace Hindley-Bora est là

"C’était une journée très intense, encore plus dure avec la chaleur, admettait d’ailleurs le vainqueur du Giro 2019, que l’on a vu grimacer et souffrir dans le final. On savait que ça allait être dur, mais pas à ce point-là !" Ce ne sont pas Guillaume Martin (Cofidis) et Alejandro Valverde (Movistar), repoussés à plus de 8 minutes, et encore moins les sprinteurs, qui en ont terminé à plus de 39 minutes pour certains, qui diront le contraire.
Mais elle aura été plus difficile à gérer que prévu aussi pour les INEOS Grenadiers, qui ont vite lâché prise et laissé leur leader se débrouiller seul, même si celui-ci refusait de s’appesantir dessus. "L’équipe a fait un bon travail", assura-t-il. Mais l’absence d’équipiers dans les 50 derniers kilomètres a sans doute pesé au moment de devoir résister seul après son attaque.

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Car, au final, malgré son attaque tranchante, malgré son rôle dans la sélection, malgré le maillot rose désormais sur ses épaules, Richard Carapaz n’a pas creusé l’écart sur la concurrence. Son dauphin, Jai Hindley (Bora-Hansgrohe), n’est donc qu’à 7’’ et a même gagné une seconde sur lui ce samedi, le devançant au sprint pour la 2e place de l'étape derrière Simon Yates. Le troisième - et meilleur rouleur des favoris - Joao Almeida (UAE Team Emirates) est lui à 30’’.
Mais, à une semaine de Vérone, qui accueille l'arrivée finale du Giro pour la première fois depuis... 2019 bien sûr, l’Equatorien ne prête pas trop attention aux débours de ses adversaires. "Les écarts, je crois que l’on verra ça plus tard, explique t-il. Le plus important pour le moment, c’est qu’on a le maillot et qu’il va falloir le défendre. Et je crois qu’on va avoir droit à une grosse dernière semaine". Encore plus qu’en 2019. Mais Richard Carapaz a de bonnes chances de l’aborder en rose. Encore une fois.

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