NOS TOPS

  • Jai Hindley (Bora-Hansgrohe)
Au vainqueur les premiers honneurs. Arrivé en Hongrie comme outsider après sa 2e place de 2020 jamais confirmée, le premier Australien vainqueur de l'épreuve s’est rapidement affirmé comme un candidat au podium après son succès au Blockhaus, ironiquement le seul jour où il aura semblé en difficulté face à Carapaz et Landa. Jamais distancé depuis en montagne, il aura été le seul leader à parvenir à distancer ses adversaires, dans le Passo Fedaia, où il a construit sa victoire. Un Giro parfaitement maitrisé, bien aidé par la force collective de la Bora-Hansgrohe, qui n’a jamais failli. Une victoire d’étape, le général : n’en jetez plus, la coupe est pleine !
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  • La lutte en plaine
Si la montagne n’a pas toujours tenu ses promesses, les étapes de plaine nous ont en revanche régalé tout au long de ce Tour d’Italie. Dans le genre escarpée, la 8e étape vers Naples et la 10e vers Jesi nous ont offert une belle passe d’armes entre Biniam Girmay et Mathieu Van der Poel par exemple. Mais ce sont surtout les 13e et 18e étapes, plus plates, qui nous ont marqué. La première a vu la victoire d'Arnaud Démare au terme d’une folle poursuite derrière l’échappée, reprise à 500m. La deuxième a, elle, souri aux fuyards, sans qu’ils n’aient jamais possédé plus de trois minutes sur un peloton qui a tout donné lors d’une poursuite de plus de 50 kilomètres, provoquant même des dégâts au général. Le groupe maillot rose était constitué seulement d’une cinquantaine d’hommes !

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  • Juan Pedro Lopez (Trek-Segafredo)
Promesses du cyclisme espagnol, il n’avait jusqu’ici jamais totalement montré ses qualités au plus haut niveau, malgré sa 13e place (à plus d’une demi-heure) sur la dernière Vuelta. Passé tout près du succès à l’Etna, il a surtout porté le maillot rose pendant dix jours, avant le céder à Turin. Il aurait alors pu exploser, ce qui n’était pas impossible vu la faiblesse de son équipe pour l’entourer, mais l’Espagnol s’est battu vaillamment pour sauver son top 10. Son tout premier en World Tour, et évidemment son premier en Grand Tour. Rien que ça valait bien les félicitations du jury.
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  • Koen Bouwman (Jumbo-Visma)
Si son équipe n’est pas passée complètement à côté de son Giro, elle le lui doit en très grande partie. Les défaillances dès l’Etna de Tobias Foss et Tom Dumoulin lui ont offert toute liberté de se glisser dans les échappées (cinq en tout), et le Néerlandais en a bien profité. Vainqueur au sprint à Potenza (7e étape) et au Sanctuario di Castelmonte (19e étape), à chaque fois soutenu par un équipier (Dumoulin puis Affini), Bouwman a ainsi triplé son nombre de victoires chez les professionnels, succès auxquels il convient d’ajouter un maillot azzuro de la montagne glané haut la main. Un Giro des plus réussis.

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  • Arnaud Démare (Groupama-FDJ)
He is back. Alors qu’il sortait d’une année et demie très compliquée dans les arrivées massives, le Français a retrouvé son meilleur niveau sur le Giro. Comme en 2020, il y a multiplié les succès, au nombre de trois (Messine, Scalea et Cuneo) cette saison, et a également remporté le maillot cyclamen, sans être véritablement inquiété, encore moins après l’abandon de Girmay. Mais le Picard et son équipe ont couru en patron sur chaque opportunité et Démare ne s’est jamais vraiment raté (top 4 des six sprints). Ajoutez à cela des délais parfaitement gérés lors des étapes de montagne et vous obtenez un Giro quasi parfait.

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  • Alpecin-Fenix et Intermarché - Wanty - Gobert Matériaux
Emmenés par leur joyaux Mathieu Van der Poel et Biniam Girmay, elles étaient très attendues au départ de Hongrie, offrant un magnifique duel entre les deux hommes dès le premier jour, avec le succès du Néerlandais. L’Erythréen, régulièrement placé dans les sprints, y a répondu à Jesi (10e étape), en devenant le premier coureur d’Afrique noire à s’imposer sur un Grand Tour. Mais leurs équipes ne se sont pas résumées à ce duo, loin de là. Alpecin-Fenix est allée chercher deux autres victoires en échappée grâce à Stefano Oldani (12e étape) et Dries de Bondt (18e étape) alors qu’Intermarché - Wanty - Gobert Matériaux s’est offerte une étape (16e) grâce à Jan Hirt, surprenant 6e d’un top 10 dont lequel on retrouve aussi Domenico Pozzovivo (8e). Un Giro exceptionnel pour les deux formations.

Stefano Oldani (Alpecin-Fenix) et Lorenzo Rota (Intermarché - Wanty - Gobert Matériaux), lors de la 12e étape du Giro 2022

Crédit: Getty Images

NOS FLOPS

  • Cofidis et AG2R Citroen
Venue avec l’ambition de jouer le "top 5", la Cofidis a cru pouvoir rêver à pareille performance pendant 13 jours, avant que Guillaume Martin n’explose en trois étapes : piégé à Turin, incapable de suivre le bon coup dans l’échappée vers Aprica, le Français prend seulement la 14e place du général final, une vraie déception. Et malgré les bons sprints de Simone Consonni (cinq tops 10), il n’y aura pas eu de succès d’étape pour compenser. Le bilan n’est pas plus réjouissant pour la formation AG2R Citroen, venu pour glaner une étape mais repartie bredouille. Souvent placé, Andrea Vendrame n’a jamais su la mettre au fond alors que Felix Gall, brillant au printemps, n’a jamais existé, au même titre que Lilian Calmejane, transparent.

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  • L’absence de "grandes manœuvres" des favoris
Si le suspense a duré aussi longtemps, c’est aussi car les favoris ont été particulièrement frileux dans ce Tour d’Italie. A l’exception de l’attaque de Richard Carapaz à 28km de l’arrivée à Turin sur la 14e étape, aucun des cadors n’aura jamais tenté sa chance de loin. Et cela aura encore été plus vrai en troisième semaine, lors des étapes de montagne où le terrain était pourtant propice aux coups de forces. Mais ni la Bahrain-Victorious de Miel Landa et Pello Bilbao, ni Vincenzo Nibali - certes handicapé par la faiblesse de son équipe Astana Qazaqstan Team - n’ont tenté de renverser ce Giro. Même s’ils n’en avaient sans doute pas les jambes.

Hindley, Carapaz et Landa se sont neutralisés sur la 19e étape du Giro

Crédit: Getty Images

  • Ivan Sosa (Movistar)
Arrivé dans la peau de co-leader de la Movistar avec Alejandro Valverde, le Colombien a traversé ce Tour d’Italie comme une âme en peine. Incapable de tenir les roues des cadors, ni même de prendre une échappée en montagne comme Antonio Pedrero, il aura été le symbole parfait d’une Movistar qui n’aura pas existé à l’exception d’un Valverde qui a fait ce qu’il pouvait (11e du général). Voir Sosa 49e du général pouvait s’imaginer, le voir perdre 20 places en montagne et terminer avec Arnaud Démare dans l’étape d’Aprica était plus difficile. Et terrible décevant.

Ivan Ramiro Sosa (Movistar)

Crédit: Getty Images

  • Les équipes italiennes invitées
Que retiendra-t-on du Giro des équipes italiennes invitées sur cette 105e édition ? La 15e place finale de Lorenzo Fortunato (EOLO-Kometa), qui s’est battu pour le général et a confirmé ses qualités en montagne (5e des favoris à la Marmolada) ? La victoire au classement des sprints intermédiaires de Filippo Tagliani (Drone Hopper - Androni Giocatolli) ? La frustration de Davide Gabburo et Alessandro Tonelli (Bardiani-CSF), qui ont joué la gagne en échappée à trois reprises ? Il semble loin le temps où les équipes continentales pro italiennes brillaient sur le Giro.

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  • Israel Start-Up Nation
La situation aurait-elle pu être différente quand on sait que la formation israélienne s’est présentée au départ construite entièrement autour de Giacomo Nizzolo ? L’Italien n’a jamais été un cador mais on attendait tout de même mieux du sprinteur de 32 ans, passé à côté de son Giro et auteur de trois petits top 10 (un seul podium) en cinq sprints. Et le reste de l’équipe n’a pas plus existé après son abandon, n’arrivant même pas à prendre les échappées en dernière semaine. Finalement, le seul moment où Israel Start-Up Nation aura eu les honneurs, c’est avec le maillot de la montagne de Rick Zabel au soir de la 3e étape. C’est peu.

Rick Zabel (Israel-Premier Tech) sur le chrono du Giro 2022 à Budapest

Crédit: Imago

  • Fernando Gaviria (UAE Team Emirates)
Le constat est un peu sévère pour le sprinteur colombien, qui aura terminé dans le top 4 de tous les sprints auxquels il a pris part jusqu’au bout. Mais il n’a jamais gagné. Battu par Démare à Messine, il pense enfin tenir sa victoire à Reggio d’Emilia mais est sauté sur la ligne par Alberto Dainese. Au final, quatre sprinteurs ont triomphé sur ce Giro mais Gaviria n’est toujours pas d’entre eux, comme depuis le Tour d’Italie 2019. Cela commence à faire loin. Surtout si on rajoute à ça son comportement limite dans les sprints de la première semaine, notamment à Scalea. Les performances ne sont pas mauvaises, mais Gaviria vaut mieux que ça.

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