Le Tour de France a souvent connu de grands moments à Saint-Etienne, au cours de ses précédents passages dans le Forez. Bernard Hinault s'y est fracturé le nez en 1985, franchissant la ligne vélo à la main et visage en sang, avant d'y signer le dernier de sa carrière un an plus tard. C'est aussi là que le Tour de France 1990 a basculé, Greg LeMond menant une offensive avec Erik Breukink pour piéger le maillot jaune d'alors, Claudio Chiappucci. On se souvient également des victoires de Jan Ullrich ou lance Armstrong, contre la montre.
Pour être honnête, la 24e arrivée stéphanoise, jeudi, ne laissera probablement pas une trace aussi indélébile. Etape de transition par excellence, ce 18e acte n'est jamais vraiment sorti de sa torpeur, au lendemain de la bataille de l'Alpe-d'Huez. Reste que si pas grand monde ne se souviendra de cette 18e étape, Marcus Burghardt et Carlos Barredo, eux, ne sont pas près de l'oublier. Les deux hommes, échappés ensemble à 130 kilomètres de l'arrivée, se sont disputé le gain de l'étape au pied du stade Geoffroy-Guichard. Juoant au chat et à la souris, l'Allemand et l'Espagnol allaient ensuite s'expliquer au sprint. Burghardt, plus puissant, plus serein aussi, n'a eu aucun mal à régler le coureur de la Quick Step, furieux d'être ainsi battu.
Le calvaire de Cunego
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25/07/2008 À 06:00
Pour Burghardt, dont le principal fait d'armes jusqu'ici sur le Tour fut d'avoir heurté un labrador l'année dernière, c'est sans aucun doute le plus beau succès de sa jeune carrière, plus encore que sa victoire à Gand-Wevelgem en 2007. Ce beau bébé de 25 ans, discret depuis le départ du tour, avait beaucoup bossé pour Kim Kirchen et Mark Cavendish. Il apporte à Columbia sa cinquième victoire sur cette édition 2008, après els quatre sprints victorieux de Cavendish. Sacrée razzia pour la formation dirigée par Bob Stapleton, pour qui ce Tour restera une grande réussite.
Pas sûr que Damiano Cunego puisse en dire autant. Décevant en haute montagne, le Véronais n'a pas répondu aux attentes, il est vrai très élevées. Mais il a subi un véritable calvaire jeudi. Victime d'une chute avec Philippe Gilbert, le leader de l'équipe Lampre est resté un long moment au sol. Touché au visage, le maillot à moitié déchiqueté, Cunego a mis un point d'honneur à ne pas renoncer. Epaulé par quatre équipiers, l'Italien a rallié Saint-Etienne avec plus de 20 minutes de retard sur le vainqueur, et plus de 13 sur le peloton maillot jaune.
De cette journée languissante, on retiendra tout de même la vigilance d'Andy Schleck, testé dans le final par Roman Kreuziger, son dernier rival pour le maillot blanc. On regrettera l'incapacité des coureurs français à attraper le bon wagon, à l'image des Bouygues Telecom, qui ont roulé derrière une première échappée au cours d'une première heure de course hyper-nerveuse (55km/h de moyenne), mais n'ont pas su se glisser dans le coup décisif une fois la jonction opérée. Seuls Christophe Le Mével (Crédit Agricole) et Romain Feillu (Agritubel), en compagnie du Basque Mikel Astarloza (Euskaltel) se sont montrés. Mais ce groupe de poursuivants n'a jamais pu espérer revenir sur Barredo et Burghardt. Dommage, car les occasions de briller ne seront plus nombreuses d'ici Paris...
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