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Bilan équipes (4)

Bilan équipes (4)
Par Eurosport

Le 29/07/2009 à 07:10Mis à jour

Suite et fin de notre bilan équipe par équipe du Tour de France 2009. On termine avec les formations les plus prolifiques de cette 96e édition. Columbia, Saxo Bank et Astana méritent de figurer au-dessus de la mêlée, à commencer par la formation kazakhe, qui a survolé la course.

Bilan: Sportivement, il est quasiment parfait. Le maillot jaune à Paris (Alberto Contador), un autre coureur sur le podium (Lance Armstrong), trois dans le Top 6 du classement final (Contador, Armstrong, et Andreas Kloeden), trois victoires d'étapes, le classement par équipes... N'en jetez plus. Astana a écrasé le Tour de France en le contrôlant quasiment d'un bout à l'autre. Sans la chute de Levi Leipheimer, la démonstration de force aurait pu être plus impressionnante encore. La formation kazakhe est tout simplement une des plus fortes de l'histoire du Tour de France. Une Molteni des temps modernes. Et si la désunion de ses deux principaux leaders, et l'attachement du manager de l'équipe, Johan Bruyneel, à l'un d'entre eux, était patent, offrant une image assez triste par moments de cette équipe, ces dissensions n'ont finalement pas nui au résultat final. C'est dire si Astana était forte...

Top: La confirmation de la plénitude du talent d'Alberto Contador .L'Espagnol était déjà le meilleur grimpeur du monde, mais en remportant le chrono d'Annecy, il a étoffé sa palette. Il peut devenir un des plus grands coureurs par étapes de l'histoire du cyclisme.

Flop: Le traitement de défaveur imposé à Contador par Astana. Eu égard à son passé récent (victoire dans les trois grands Tours ces deux dernières années), le Castillan méritait davantage de considération. Il n'est pas normal de ne pas avoir couru pour lui a priori.

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Bilan: Avant le départ de ce Tour de France, Bjarne Riis avait estimé que, malgré la perte du vainqueur sortant, Carlos Sastre, son équipe était aussi forte qu'en 2008. Les faits ont pratiquement donné raison au manager danois. Saxo Bank demeure une équipe ultra complète, taillée pour le Tour, même si elle n'a pu maîtriser l'épreuve comme l'an dernier du fait de la présence d'Astana. Mais le bilan demeure remarquable. Il y a d'abord trois victoires d'étape, avec trois coureurs différents (Cancellara, Soerensen et F.Schleck), ce qu'aucune autre équipe n'a réussi. D'autant que ces trois succès ont été obtenus sur trois terrains différents: contre-la-montre, plaine et montagne. Grâce au succès du Suisse à Monaco, Saxo a par ailleurs gardé le maillot jaune pendant six jours. Sans oublier, évidemment, les frères Schleck dans le Top 5 au général, avec en prime le maillot blanc à Paris pour Andy. Même s'il n'y a pas la victoire finale comme l'an dernier, ce Tour est peut-être plus abouti encore qu'en 2008 pour la troupe de Riis.

Top: Le spectacle offert en dernière semaine par les frères Schleck, Andy et Frank, et tout particulièrement dans l'étape du Grand-Bornand, remporté par l'ainé de la fratrie. Un grand moment pour eux, une belle image pour le Tour.

Flop: Il n'est pas d'ordre sportif, mais le pire moment de ces trois semaines pour Saxo Bank restera la terrible chute de Jens Voigt dans la descente du col de Petit-Saint-Bernard. Le vétéran allemand a frôlé le pire, sa tête ayant heurté de plein fouet le bitume. Un moment d'angoisse pour toute son équipe, même si les conséquences sont heureusement moins graves que ce que l'on pouvait craindre devant la violence de l'impact.

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Bilan: Grâce au talent incomparable de Mark Cavendish, Columbia HTC sort repue de ce Tour 2009. Quand beaucoup d'équipes rêvent de remporter une victoire d'étape, la formation de Bob Stapleton en a glané six, avec un seul et même homme. Incroyable Cavendish, entré en trois semaines dans des sphères que très peu de champions ont côtoyées dans l'histoire du Tour, puisque seuls neuf coureurs avant lui avaient remporté six étapes dans un même Tour depuis 1903. Néanmoins, le bilan n'est pas dénué de quelques regrets. Cavendish a manqué de régularité pour décrocher un maillot vert pourtant à sa portée. Surtout, l'équipe américaine n'a jamais pesé sur le classement général, Kim Kirchen et Maxime Monfort ayant déçu. Mais difficile de faire la fine bouche devant ces six victoires, d'autant qu'elles sont l'oeuvre de toute une équipe, tant la flèche de l'Ile de Man était bien entourée. A noter également les promesses du jeune Tony Martin, longtemps maillot blanc, même s'il a coincé en troisième semaine.

Top: Cavendish, Cavendish, Cavendish, Cavendish, Cavendish et Cavendish.

Flop: Le maillot jaune manqué pour cinq petites secondes par George Hincapie à Besançon. L'Américain a eu le tort de trop calculer dans les dix derniers kilomètres de l'étape. Il était devant, il aurait dû rouler à fond sans se préoccuper de qui que ce soit. AZ jouer avec le feu, il en a été quitte pour des regrets éternels.

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Bilan: Liquigas était venue sur ce Tour avec une double ambition: obtenir au moins une victoire d'étape et placer un de ses coureurs dans le Top 10 à Paris. La première mission a échoué, mais la seconde a réussi et même mieux encore puisque la formation italienne possède deux de ses hommes dans les dix premiers au classement général final. Deux jeunes, qui plus est, puisqu'il s'agit de Vincenzo Nibali (7e) et Roman Kreuziger (9e). L'Italien et le Tchèque auraient pu réussir un joli doublé au classement du meilleur jeune, s'il n'y avait eu Andy Schleck, au-dessus du lot dans cette catégorie. L'autre grande satisfaction, c'est bien sûr le maillot à pois de Franco Pellizotti. Après sa brillante troisième place sur le Giro, le grimpeur transalpin a compris qu'il n'aurait pas les moyens de lutter avec les meilleurs à la pédale sur ce Tour. Alors, il a décidé de jouer la carte du panache, en multipliant les échappées en montagne. Déçu d'avoir laissé filer la victoire à Tarbes, où il a été réglé au sprint par Fédrigo, Pellizotti s'est largement consolé en remportant le Grand Prix de la Montagne et, en prime, le titre amplement mérité de Super Combatif de ce Tour 2009. Comme quoi une équipe peut réussir un grand Tour sans gagner la moindre étape...

Top: Plus encore que les perfs de Nibali et Kreuziger en montagne, on retiendra le sens de l'offensive quasi permanent de Franco Pellizotti, qui a contribué à animer ce Tour.

Flop: Mais où est passé Daniele Bennati? On n'a pas vu le sprinter italien pendant trois semaines. Sa meilleure place sur ce Tour? Une 9e place, à Issoudun et Besançon. Très loin de ses standards passés...

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Bilan: Pour son premier Tour de France, Cervelo peut se targuer d'un bilan largement positif. Certes, les Men in black (ou plutôt "in white" sur ce Tour) espéraient un podium voire la victoire avec Carlos Sastre. Cela restera La grosse déception de l'équipe helvético-canadienne. D'autant que le Madrilène avait réussi un Giro très prometteur. Mais il n'a jamais trouvé la bonne cadence. Reste qu'en dépit des difficultés de son leader, Cervelo possède de réels motifs de satisfactions, deux victoires d'étapes, grâce à ses deux meilleurs coureurs de la saison, Thor Hushovd et Heinrich Haussler, auxquelles il faut ajouter la quête du maillot vert par ce même Thor Hushovd, au nez et à la barbe d'un intouchable Mark Cavendish au sprint. Deux étapes plus un maillot distinctif, seules Astana et Saxo Bank ont fait aussi bien.

Top: L'intelligence de Thor Hushovd. Se sachant beaucoup moins rapide que Cavendish dans les sprints, le Norvégien est allé chercher les points pour le maillot vert, au panache, en s'échappant dans des étapes de montagne pour faire les sprints intermédiaires.

Flop: La faillite de Carlos Sastre. Jamais, depuis la Seconde Guerre Mondiale, un tenant du titre n'avait fini aussi mal classé à Paris. Certains ont abandonné l'année suivant leur victoire, mais personne n'avait encore fait pire que la 17e place de Sastre cette année. Jusqu'ici, le précédent "record" était la 16e place de Jean Robic en 1948.

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