Le grand départ de Monaco

Le départ de la Grande Boucle en Principauté promet une belle bagarre. Avec un contre-la-montre inaugural de 15 km comportant une longue ascension jusqu'à la moyenne corniche ainsi qu'une descente technique et un final tracé sur le circuit du Grand Prix de Formule 1, les écarts à l'arrivée pourraient déjà être importants. Un premier rendez-vous à ne pas manquer pour les favoris du Tour comme Cadel Evans qui a noté la difficulté du parcours monégasque: "On rentre dans le vif du sujet dès le départ. Le contre-la-montre à Monaco est technique, assez long et surtout très dur avec des pentes raides à escalader. Pour moi, c'est un bon chrono."

Tour de France
Evans: "Difficile et équilibré"
24/10/2008 À 07:00

La plongée vers Barcelone

La 2e étape vers Brignoles empruntera les routes vallonnées de l'arrière pays et devrait être propice à une course de mouvements. "Ça risque de partir sur les chapeaux de roue" estime Sandy Casar. Le lendemain, du Vieux-Port de Marseille à la Grande-Motte, il conviendra de veiller à ne pas se laisser piéger par un coup de bordure sur des routes très exposées au vent tout en gardant le jus nécessaire au contre-la-montre par équipes du mardi. Autour de Montpellier, cet exercice si particulier, aussi apprécié des spectateurs que redouté des coureurs livrera un verdict attendu. "On va en tenir compte pour structurer l'équipe", explique Roberto Damiani, le directeur sportif de la formation Silence-Lotto, conscient que si l'on ne gagne pas le Tour sur ce type d'étape, on peut en revanche facilement le perdre. Ensuite, ce sera direction Perpignan avant une étape pour puncheurs entre Gérone et la colline de Montjuic, sur les hauteurs de Barcelone où il faudra là encore demeurer vigilant. "Ça va être beaucoup de bord de mer, beaucoup de ronds-points, beaucoup de vent, beaucoup de chutes. En première semaine, il y a souvent énormément de nervosité dans le peloton parce que tout le monde est encore frais", affirme l'expérimenté Cyril Dessel.

La traversée des Pyrénées

Pyrénées allégés cette année au menu avec d'abord la première arrivée au sommet de ce Tour 2009 dans la station andorrane d'Arcalis (10,6 km à 7,1%) qui avait si bien réussi à Jan Ullrich en 1997. "La montée d'Arcalis est vraiment très, très dure. Je la connais bien. Cela pourrait être un avantage", confie malicieusement Andy Schleck, 12e et meilleur jeune à Paris cette année. Les deux jours suivants, des cols difficiles (Port d'Envalira, Agnes, Aspin, Tourmalet) seront encore au programme mais, trop distants de l'arrivée à Saint-Girons le samedi et à Tarbes le dimanche, ils devraient davantage constituer le terrain d'expression des grimpeurs distancés au général que des cadors en lutte pour le maillot jaune. Amaël Moinard, 15e du dernier Tour de France, ne voit pas les choses autrement: "Dès le lendemain d'Andorre, le général sera décanté et des échappées pourront aller au bout."

La France d'Ouest en Est

Après une première journée de repos bien méritée à Limoges, le match entre les sprinters et les baroudeurs débutera. Les hommes véloces, frustrés par un début d'épreuve accidenté, devront maîtriser les multiples tentatives d'échappée qui devraient sans nul doute émailler cette deuxième semaine. Face à des organismes déjà éprouvés, les combatifs pourraient se voir récompensées. "Les sprinters voudront leur part du gâteau mais le scénario ne sera pas figé. On l'a vu cette année, j'ai remporté une étape qui leur était soi-disant réservé. Pour les baroudeurs comme moi, il faudra aller de l'avant et ne pas avoir peur de se lancer dans des raids pour décrocher une victoire", explique le spécialiste du genre Samuel Dumoulin qui rêve sans doute, comme tous les autres tricolores, d'un succès de prestige le 14 juillet du côté d'Issoudun. Les Vosges, rarement empruntés par la Grande Boucle, reviendront ensuite à l'honneur avec une étape piège par excellence en direction de Colmar où l'inédit Col du Platzerwasel (8,7 km à 7,6%) pourrait en surprendre plus d'un.

La grande bagarre des Alpes

Tout commencera par une incursion helvétique en direction de la station de Verbier. Escaladée cette saison par les coureurs du Tour de Suisse, Kim Kirchen en tête, la montée finale (8,8 km à 7,1%) pourrait donner lieu à une "course de côte" digne du finish de Prato Nevoso (le profil de ces deux étapes ainsi que des ascensions finales sont assez proches) cette année. Après la seconde journée de repos, le peloton reprendra la direction de l'Hexagone via les Cols du Grand-Saint-Bernard, toit de ce Tour du haut de ses 2474m, et du Petit-Saint-Bernard. L'arrivée à Bourg Saint Maurice, en bas d'une longue descente conviendra aux funambules de la trajectoire. Une étape idéale pour un garçon comme Cyril Dessel. "Quand j'ai vu le profil de l'étape de Bourg Saint-Maurice, j'ai tout de suite vu une similitude avec Jausiers. Il faudra savoir grimper mais aussi ne pas avoir peur de descendre à fond" , confie celui qui s'était imposé au mois de juillet dernier au terme de la descente de la Bonette. La dernière étape alpestre, très dense avec pas moins de cinq ascensions, propose l'attrayante et inédite montée du Col de la Romme (8,8 km à 8,9%) avant celle plus classique de la Colombière qu'il faudra ensuite dévaler sur une chaussée très technique jusqu'au Grand-Bornand. Pour Amaël Moinard, le kilométrage réduit de ces étapes devrait favoriser les offensives: "Comme les étapes alpestres ne sont pas trop longues, elles devraient susciter une course de mouvement et non une course d'attente pendant laquelle tout le monde se regarde et ne bouge que dans le dernier col." Enfin, le contre-la-montre tracé le long des rives enchanteresses du Lac s'Annecy concluera ce copieux menu. "Un chrono trop court (ndlr: 40 km) pour être décisif", selon le vainqueur de l'édition 2006 Oscar Pereiro.

Le Ventoux en apothéose

Après une nouvelle étape vallonnée sur les routes de l'Ardèche, le géant de Provence se profilera à l'horizon. Le Mont Ventoux escaladé par Bédoin (21,2 km à 7,6%) fera figure de dernier épouvantail et de juge de paix de cette 94e édition de la Grande Boucle. Pour l'aborder dans de bonnes conditions, il faudra, selon Alberto Contador, "avoir gardé des réserves et ménagé ses forces" . Il faut dire que cette ascension émerveille autant qu'elle effraie. "Le Ventoux la veille de l'arrivée, ça promet une sacré bagarre" , pronostique Frédéric Moncassin, retraité de l'équipe de France et futur directeur sportif de la formation H2O. "Le Ventoux, c'est une montée mythique, une ascension vraiment dure où personne n'est à l'abri d'une défaillance", explique Sandy Casar tandis que Pereiro classe le géant de Provence "au niveau de l'Alpe d'Huez question difficulté". Une chose est sûre: il faudra avoir gardé du jus pour ne pas risquer de tout perdre sur cette excroissance terrestre de la lune. "Il faudra vraiment être très fort et je dois reconnaître que pour moi qui ai plutôt l'habitude de bien marcher en troisième semaine, c'est un parcours très intéressant" annonce satisfait le vainqueur sortant Carlos Sastre qui a visiblement déjà hâte d'y être. Il n'a plus que huit mois à attendre. Ça risque de faire long pour tout le monde...

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