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Chavanel, c'est la totale !

Chavanel, c'est la totale !
Par Eurosport

Le 10/07/2010 à 00:42Mis à jour Le 10/07/2010 à 18:32

Sylvain Chavanel a de la suite dans les idées. Parachevant la course magnifique de l'équipe Quick Step, le Français a remporté en solitaire la 7e étape du Tour de France, au sommet de la station des Rousses. Son deuxième succès sur cette Grande Boucle. Il reprend également le maillot jaune.

Deux étapes. Deux maillots jaunes. Certains ne font pas ça dans une vie. Sylvain Chavanel l'a accompli en cinq jours. Vainqueur lundi à Spa, le Français de l'équipe Quick Step avait endossé le maillot pour la première fois de sa carrière. Il l'avait abandonné dès le lendemain sur les pavés du Nord. Mais Chavanel a autant d'idées que de fraîcheur en ce mois de juillet. Sevré de compétition pendant des semaines au printemps, il pète les flammes et il met le feu. Alors samedi, aux Rousses, pour fêter l'apparition de la montagne, même moyenne, le Poitevin est allé chercher à la fois la victoire et le maillot jaune, au détriment de Fabian Cancellara, arrivé à un quart d'heure.

C'est vraiment un Tour de rêve pour Chavanel. Quoi qu'il arrive maintenant, il restera une des figures marquantes de cette 97e édition. Samedi, il a impressionné à la fois physiquement et tactiquement, en attaquant à chaque fois au moment opportun. Et comme lundi vers Spa, il convient d'associer son coéquipier Jérôme Pineau dans sa réussite. Les deux comparses de la Quick Step font vraiment le show et Patrick Lefevere ne doit pas regretter d'avoir embauché ce duo. Parti à l'avant dès les premiers hectomètres, Pineau a été suivi par quatre autres coureurs (Knees, Dumoulin, Hondo, R. Perez) pour compter jusqu'à 8 minutes et demie d'avance au 50e kilomètre. La poursuite engagée par l'équipe Bbox a réduit l'écart à moins de 3 minutes et demie avant l'avant-dernière difficulté, le col de la Croix de la Serra, mise à profit par le champion de France Thomas Voeckler pour lancer la contre-attaque.

Kloeden déjà à la peine

C'est là que Chavanel est entré en action. Il est d'abord revenu sur le groupe Voeckler, avant d'attaquer dès le pied de la montée finale. Rapidement, il a rejoint Pineau, alors seul en tête mais au bout du rouleau. Peu importe. Le Nantais avait consolidé son maillot à pois. Chavanel pouvait prendre le relais. Il allait le faire, avec un sacré panache. Même les tentatives de contre de Damiano Cunego ou du jeune Rafael Valls (Footon) n'y ont rien changé. Chavanel était trop fort pour eux. S'il avait bénéficié lundi de la décision de Cancellara d'attendre le retour des leaders blessés sur chute dans la descente de Stockeu, Chavanel ne doit rien à personne cette fois. Sauf peut-être aux hommes de Jean-René Bernaudeau (son ancien patron), qui ont tout fait à contretemps samedi, mais dont la poursuite effrénée a permis à Chavanel d'attaquer à bon escient.

Cette magnifique étape, on s'y attendait, était davantage taillée pour les puncheurs-baroudeurs à la Chavanel que pour les grands favoris de ce Tour. Ces derniers sont restés calmes, même si l'équipe Astana a gentiment vissé dans la montée finale. Juste ce qu'il fallait pour condamner ceux dont la condition n'est pas parfaite. Résultat, ils n'étaient que 35 dans le premier peloton. Sur une étape de ce type, c'est peu. Tous les prétendants étaient là. Ou presque. Manquaient tout de même à l'appel Andreas Kloeden (RadioShack), ce qui n'est tout de même pas une bonne nouvelle pour Lance Armstrong, Sandy Casar (FDJ) ou John Gadret (AG2R). Ils ont fini à quatre minutes. Loin de Chavanel, mais bien plus loin encore devant Jakob Fuglsang (Saxo Bank) et Tony Martin, (HTC Columbia), naufragés à respectivement 13 et 19 minutes. Pas la grande lessive, comme prévu, mais un bon premier écrémage. Parmi ces 35, combien seront encore là dimanche à Morzine-Avoriaz? Avec les Alpes, le Tour va prendre encore davantage de hauteur. Pour l'instant, il tient toutes ses promesses.

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