L’image : Si je mets de côté l'aspect spectaculaire des nombreuses chutes (Johnny Hoogerland, Juan Antonio Flecha, Alberto Contador, etc.) qui ont émaillé ce Tour, le départ de l'épreuve sur le Passage du Gois restera une des très belles images de cette 98e édition. Une mise en bouche de trois semaines de très grande qualité. A tous les points.
L’étape : La 19e (Modane-Alpe-d'Huez), sans la moindre hésitation. Tout y était : l'attaque d'Alberto Contador dès les premiers mètres du col du Télégraphe, l'erreur tactique qui a condamné le maillot jaune de Thomas Voeckler et pour finir, la victoire de son coéquipier Pierre Rolland qui part sur son grand plateau à deux kilomètres de l'arrivée. Un vrai régal !
Le coup de cœur : Jérémy Roy. Le Français, passé tout près de la victoire à Lourdes, a été logiquement élu "coureur le plus combatif" de ce Tour de France 2011. C'est amplement mérité quand on sait que le coureur de la FDJ a passé 702 des 3 430,5 kilomètres au programme de cette 98e Grande Boucle dans les échappées.
Tour de France
Evans avait tout prévu
23/07/2011 À 23:30

Tour de France Roy

Crédit: AFP

Le coup de gueule : Le mien concerne le règlement et les supposées mises hors-délais. Pour moi, un coureur (au hasard Mark Cavendish ?) qui ne respecte pas ces délais ne devrait plus pouvoir figurer dans les classements des maillots distinctifs à points (maillot à pois et maillot vert). Sinon, à quoi bon se battre pour entrer dans les délais dans les grandes étapes de montagne?
FRANCOIS-XAVIER RALLET
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L'image: Le sourire angélique, presque candide, qui n'a cessé d'illuminer le visage de Pierre Rolland depuis sa victoire sur les hauteurs de l'Alpe d'Huez. Non content d'avoir ardemment défendu le maillot jaune de Vockler, l'Orléanais s'est payé le luxe de décrocher Contador et Samuel à la pédale à l'Alpe, avant de réaliser le chrono de sa vie à Grenoble pour ramener le maillot blanc à Paris. Sur les Champs, son sourire frais et sincère dans sa tenue immaculée résumait parfaitement l'espoir né de ce Tour.

L'étape: Sans conteste celle de la trilogie alpestre Agnel-Izoard-Galibier. Je retiens bien entendu l'offensive de grande classe menée de main de maître par Andy Schleck. A l'attaque sur les rampes les plus abruptes de l'Izoard, il a été à deux doigts de faire vaciller le Tour dans la longue vallée du Briançonnais et les lacets du Galibier. Du sens tactique, du panache et de la réussite. Quel dommage que son Tour de France ait seulement commencé ce jour là.

Le coup de cœur: La maestria avec laquelle Thor Hushovd a fait honneur au maillot arc-en-ciel. Omniprésent en première semaine, en jaune pendant sept jours, il a ensuite joué deux partitions parfaites pour s'imposer sur les difficiles étapes de Lourdes et de Pinerolo. Accrocheur en bosse et véritable artiste de la trajectoire en descente, Hushovd, le gentleman-sprinter d'origine, est décidément un ambassadeur parfait pour le cyclisme.

Le coup de gueule: Il paraît qu'Ivan Basso était au départ de ce Tour. D'aucun prétendent même qu'il est allé jusqu'à Paris où il se serait classé 8e. Pour ma part, je n'ai pas vu le Varésan. Ah si, c'est vrai, il était souvent présent en second rideau dans le sillage de ses gregari en vert fluo. Incapable de tenter quoi que ce soit, le Transalpin a sans doute oublié que le Tour ne durait que trois semaines. Au vu de ce qu'il a montré (ou, plus exactement, de ce qu'il n'a pas fait), il aurait sans nul doute été redoutable si la course avait continué.

rolland europcar

Crédit: AFP

CORENTIN DUPREY
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L'image : Un casque jaune contre un casque vert. Au sommet de Luz-Ardiden, l'accolade de Pierre Rolland et Thomas Voeckler donne des frissons. Les deux hommes forts d'Europcar ont tenu la dragée aux cadors et sont allés au bout d'eux-mêmes pour défendre le précieux paletot de l’Alsacien. Le premier acte d'un Tour grandiose pour le duo du Team vendéen.
L'étape : La première, du Passage du Gois au Mont des Alouettes. En lieu et place des prologues si prévisibles, une mise en bouche qui a donné le ton avec un scénario parfaitement ficelé. Contador, double tenant du titre, perd déjà une minute. A l'inverse, Philippe Gilbert, magnifique puncheur, triomphe au sommet de la bosse finale. Les 191,5 premiers kilomètres de ce Tour 2011, déjà très tendus, sont comme une promesse.
Le coup de coeur : Le panache d'Alberto Contador. Le poids du Giro et de ses multiples pépins de la première semaine ne lui ont jamais permis d'envisager la victoire à Paris. Mais Contador n'a jamais abdiqué. Son attaque dans le Télégraphe a accouché d'un spectacle grandiose avant que sa défaillance dans les deux derniers kilomètres de l'Alpe d'Huez ne le trahisse encore. Ces deux dernières années, Contador était un beau vainqueur. En 2011, il fut un magnifique perdant. 

2011 Tour de France Contador Sanchez

Crédit: Reuters

Le coup de gueule : La communication des frères Schleck.  Tout au long des trois semaines, ils n'ont eu de cesse de répéter que seul l'un d'entre eux finirait sur le podium mais en jaune. Raté. Alors, abattu les Schleck ? "Je suis fier d'être deuxième", a osé Andy. Frank s’est risqué lui à un bilan hasardeux : "On n'a pas fait de fautes sur les trois semaines." La fratrie luxembourgeoise a du talent plein les pattes mais pas assez de plomb dans la tête.
MARTIN MOSNIER
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L'image: L'arrivée au Galibier. Une arrivée majestueuse. Un décor hallucinant pour un final d'étape, perché à plus de 2600m d'altitude. Christian Prudhomme a raison: le final de l'Aubisque, en 2007, était tout aussi somptueux, mais l'affaire Rasmussen avait tout gâché. Cette fois, Andy Schleck a donné tout son à ce col mythique, en se montrant digne de lui. Et dire qu'à 48 heures près, la neige nous aurait privés de ce spectacle...
L'étape: Celle de Saint-Flour. D'abord parce qu'elle a marqué une rupture dans ce Tour. La prise de pouvoir de Thomas Voeckler aurait pu relever de l'anecdote, ce fut tout le contraire. Il aura fallu 10 jours et une erreur tactique pour que l'Alsacien rende sa tunique. Puis, comment oublier l'intensité dramatique de ce dimanche complètement fou, avec les abandons de Vinokourov et Van den Broeck et la terrible chute de Flecha et Hoogerland?

Johnny Hoogerland crash, Tour de France 2011

Crédit: Reuters

Le coup de coeur: Je rejoins Martin. J'ai trouvé Alberto Contador magnifique d'orgueil dans la troisième semaine. Il n'était pas lui-même sur ce Tour, mais il a tenté, jusqu'au bout. A l'attaque vers Gap et vers Pinerolo, il a été superbe dans l'étape de l'Alpe d'Huez, qu'il aurait mérité de remporter. Certains ont osé émettre l'hypothèse d'un abandon du castillan dès les premiers jours du Tour. Sa réponse à été sans appel.
Le coup de gueule: Le seul point noir de ce parcours par ailleurs remarquable, c'est, pour moi, l'utilisation de l'Aubisque dans la deuxième étape des Pyrénées. Placer un tel col, aussi prestigieux, si loin de l'arrivée, n'a pas de sens. J'aurais préféré un deuxième catégorie quelconque. L'impact sur la course aurait été le même et ce mythe pyrénéen n'aurait pas été galvaudé. Le problème, ce n'est pas tant de mettre un col si loin de l'arrivée. C'est que ce col soit l'Aubisque. On ne plaisante pas avec les géants du Tour.
LAURENT VERGNE
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Voilà, à vous maintenant de nous dire si vous partagez nos points de vue. Donnez-nous les vôtres.
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