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Rolland superstar !

Rolland superstar !
Par Eurosport

Le 22/07/2011 à 13:49Mis à jour Le 22/07/2011 à 19:15

Au terme d'une étape fabuleuse, Pierre Rolland a signé la première victoire française depuis 25 ans à l'Alpe d'Huez. Il a devancé Sanchez et Contador. Thomas Voeckler a craqué et cède le maillot jaune à Andy Schleck. Le Luxembourgeois compte 53 secondes d'avance sur son frère Frank, et 57 sur Evans.

On pensait avoir tout vu la veille dans le Galibier, mais cette 19e étape est allée encore plus loin. Ce Tour nous retourne. Pierre Rolland, d'abord. Le héros du jour, c'est lui. Il est bien la "rockstar" du Tour. Meilleur second rôle dix jours durant pour épauler Thomas Voeckler, il a magistralement interprété le rôle principal vendredi. L'affaissement de son leader lui a ouvert les portes de la gloire. Rolland, comme un très grand, s'est imposé au sommet de l'Alpe d'Huez. La première victoire française de ce Tour 2011, mais quelle victoire ! Europcar qui rit et Europcar qui pleure, avec la fin de règne de Thomas Voeckler. Andy Schleck a pris le pouvoir à l'Alpe, à 48 heures de l'arrivée, mais il reste sous la menace de son frère Frank et surtout de Cadel Evans, troisième à 57 secondes. Le Tour n'échappera pas à un de ces trois hommes.

Mais par où commencer pour relater cette folle journée? Elle a offert tant de spectacle. De suspense. D'émotions. De rebondissements. Le grand animateur en aura été Alberto Contador. Avec son orgueil de champion, le Madrilène a décidé de jouer le tout pour le tout dès le début de cette courte étape (109 km). Dès le Télégraphe, il a placé une mine. Andy Schleck, Cadel Evans et Thomas Voeckler ont pris sa roue. Mais quelques kilomètres plus haut, ce quatuor est devenu duo. Evans et Voeckler ont cédé simultanément, le premier sur incident mécanique, le second parce qu'il ne pouvait plus suivre. Mais si Evans a été repris par le peloton principal, le Français, lui, est resté en chasse-patates. Ne sachant que faire, il a fini le Télégraphe comme ça, et attaqué le Galibier dans les mêmes conditions. En ne se relevant pas, Voeckler a commis une erreur fatale. C'est là qu'il a perdu son maillot jaune. Repris dans le Galibier par le groupe Evans, l'Alsacien a rapidement été lâché.

Un duel Andy-Cadel samedi ?

Ces deux premières heures de course complètement folles auraient pu faire basculer ce Tour pour de bon. Si Contador et Andy Schleck avaient pu creuser des écarts suffisants, l'Espagnol aurait pu amener la victoire finale sur un plateau au Luxembourgeois, débarrassé à cet instant de ses principaux rivaux au général. Mais ce tandem de luxe, flanqué de Christophe Riblon, Rui Costa et Izagirre, échappés presque dès le départ, n'a jamais pu compter plus de 1'45" de marge. Au sommet du Galibier, le groupe Evans était déjà revenu à une minute. Avec la longue descente et la portion de vallée nécessaires pour rejoindre le Bourg d'Oisans, ce coup, aussi spectaculaire et culotté fut-il, ne pouvait qu'avorter. Résultat, au pied de l'Alpe d'Huez, tout le monde s'était regroupé, y compris Thomas Voeckler.

Le meilleur restait encore à venir avec le plat de résistance, la mythique Alpe d'Huez. Il y a alors eu deux courses en une. La première pour la victoire d'étape, l'autre pour le maillot jaune. Au premier étage, Alberto Contador a longtemps semblé en mesure de rafler la mise. Magnifique de panache, le triple vainqueur du Tour est d'abord revenu sur Pierre Rolland, qui avait pris les devants quelques kilomètres avant l'ascension. Jusqu'à cinq kilomètres du sommet, le champion de Pinto est apparu aérien. On avait presque retrouvé le Contador du Giro. Puis il a commencé à piocher. Payant les efforts consentis dans les deux cols précédents, il a vu revenir Rolland et Samuel Sanchez. Les deux Espagnols étaient cuits. Alors, dans le virage 1, Rolland, costaud et malin (il n'a pas relayé une seule fois Sanchez...) a porté le coup fatal. Le jour de gloire pour l'Orléanais, qui rejoint Bernard Hinault au rang des vainqueurs français à l'Alpe. Au passage, il récupère le maillot blanc. Sanchez, lui, a les pois. Contador n'a rien de tout ça. Il est fanny, mais il a agi en très grand champion.

L'autre combat s'est soldé par un match nul entre les frères Schleck et Cadel Evans. Débarrassés dès le début de la montée d'un Thomas Voeckler à bout de forces, ce trio n'a pu se départager. Evans a bien tenté d'attaquer, une fois, mais en vain. Ils ont donc rendez-vous samedi pour l'explication finale, dans le chrono de Grenoble. Andy Schleck, nouveau maillot jaune, dispose de 54 secondes de marge sur son frère, Frank. Cela devrait suffire. Mais Evans peut boucher une minute. Tout reste possible mais Frank Schleck est le moins bien loti des trois a prio. Thomas Voeckler est désormais quatrième à 2'10". Mais le champagne va encore couler à flots chez Europcar ce soir. Un maillot jaune s'est éteint, mais une étoilé est née.

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