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Sanchez, fini la poisse !

Sanchez, fini la poisse !
Par Eurosport

Le 15/07/2012 à 21:21Mis à jour Le 15/07/2012 à 22:09

Blessé lors de la première étape, Luis Leon Sanchez a trouvé le meilleur des remèdes, dimanche, en s'imposant en solitaire à Foix. L'Espagnol apporte un peu de soleil à sa formation Rabobank décimée par les blessures et guère épargnée par la malchance jusque-là.

Qui aurait pu dire que Luis Leon Sanchez et la Rabobank auraient une occasion de sourire ? Depuis le départ de Liège, le coureur et sa formation n'ont pas été épargnés par les galères. Dimanche, le Team néerlandais ne comptait d'ailleurs plus que quatre unités après le retrait il y a deux jours de son leader Robert Gesink et les chutes multiples qui ont émaillé les étapes. "Cette année, la course a été difficile jusque-là, dès le premier jour. Cela semblait impossible d'y arriver", a confié l'Ibère à As.com. "Nous ne sommes plus que quatre. Mais quand vous le voulez vraiment, vous finissez par y arriver et décrocher la victoire."

Mais Sanchez et le Tour de France, c'est décidément une histoire toute particulière. Pour la quatrième fois de sa carrière, l'Espagnol a levé les bras sur une ligne d'arrivée, dédiant comme souvent la victoire à son frère Leon, décédé en 2005, avant de verser quelques larmes. De soulagement sans doute. Après Aurillac (2008), Saint-Girons (2009) et Saint-Flour (2011), Foix lui a souri. Et sur ce Tour de France 2012, de la foi, il lui en a fallu pour être encore là au soir de la 14e étape.

"Aujourd'hui, j'étais confiant"

Si Gesink avait fini par rendre les armes, Sanchez est resté, coûte que coûte. Lors de l'étape vers Seraing, il avait pourtant chuté derrière Jérôme Pineau accroché par un spectateur. Bilan : un gros coup au poignet et une attelle pour rouler. Le Murcian blessé a erré comme une âme en peine à l'arrière du peloton pendant des jours (84e à 1h33 de Wiggins, dimanche matin). "Merci à tous pour vos messages d'encouragement. Ils sont plus importants aujourd'hui que quand j'ai la chance de gagner", avait-il remercié ses fans sur Twitter il y a quelque jours. Mais pas de quoi le terrasser ni l'abattre.

Samedi, le quadruple champion d'Espagne du contre-la-montre avait tenté de partir à quelques kilomètres du but avant de voir passer la fusée jaune Bradley Wiggins et de s'emporter gestuellement contre le maillot jaune. Il s'était, dans la soirée, excusé auprès du Britannique sur son réseau social. "Je demande pardon à Wiggins. C'est le leader de la course. Son équipe et lui ont le droit de faire ce qu'ils veulent", a-t-il écrit par la suite. Une première tentative avortée, mais une folle envie de réitérer. "Depuis plusieurs jours, j'essayais de me mettre dans une échappée. Mais je n'avais pas eu de réussite jusqu'à présent, explique l'Espagnol. "Aujourd'hui, j'étais confiant. J'ai attaqué la journée avec la victoire en tête. Mais vu la compagnie que j'avais dans l'échappée, je savais qu'il me faudrait partir de loin pour avoir une chance."

La poisse abandonne Rabobank

La malchance qui avait frappé la Rabobank jusque-là avait décidé de s'attaquer à une autre cible dans les Pyrénées. Luis Leon Sanchez a su prendre la roue de Peter Sagan pour partir dans la bonne échappée en compagnie de son coéquipier Steven Kruijswijk. Un duo de choc et des maillots orange en force dans le groupe de onze à l'avant. Le minimum pour faire face à l'ogre vert. "Avec Sagan, c'était impossible de gagner si on attendait le sprint, reconnait Sanchez. C'est pour cette raison que l'on a essayé de les distancer dans la dernière montée. Après la descente, j'ai compris que ma seule chance était de partir de loin et d'y aller seul." A l'expérience, le spécialiste du chrono, passé entre les clous au Mur de Péguère, a déclenché son attaque à 10 km du but - volontairement ou non au moment où le Slovaque s'alimentait - pour finir avec près de 50 secondes à l'arrivée.

"On est tombé sur un grand Sanchez, reconnaît un peu dépité Sandy Casar, une nouvelle fois parti en sa compagnie à l'avant. Lui, il est un peu ma bête noire, on se retrouve souvent ensemble dans les échappées." Pour la quatrième fois en quatre éditions, les deux hommes ont bataillé pour la victoire et pour la troisième fois, l'Espagnol a eu le dernier mot (contre une victoire pour Casar à Saint-Jean-de-Maurienne, 2010).

Avec ce premier succès, le Tour débute réellement pour Rabobank et son sauveur qui remercie de la meilleure des façons son équipe de lui avoir renouvelé sa confiance avant le départ de la course. Et la confiance, le coureur en a fait le plein à Foix: "Maintenant, je ne vais pas m'arrêter là. S'il y a une autre possibilité avant la fin du Tour..."

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