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Alberto Contador défend Lance Armstrong

Contador: "Lance m'a fait aimer le cyclisme"
Par Eurosport

Le 24/10/2012 à 19:02Mis à jour Le 24/10/2012 à 19:36

Les ténors du peloton sont revenus sur le cas Armstrong mercredi. Si Bradley Wiggins se montre sans concession, Alberto Contador, lui, évoque son "respect" pour l'Américain.

S'il devient indésirable aux Etats-Unis, Lance Armstrong pourra toujours demander l'asile politique à l'Espagne. Là-bas, le Texan, ancien recordman des victoires sur le Tour de France désormais rayé de la carte et des palmarès, possède visiblement de nombreux et illustres soutiens. Après Miguel Indurain, qui dit croire pour l'instant à l'innocence d'Armstrong, après Alejandro Valverde et Samuel Sanchez, en désaccord avec le procès fait à l'Américain, sur le fond comme sur la forme, c'est Alberto Contador qui a refusé d'accabler son ancien coéquipier, avec lequel la cohabitation n'a pourtant pas toujours été simple.

Interrogé sur les sanctions massives qui viennent de frapper Lance Armstrong, Contador a fait part de son "respect" pour lui. "Lance est le coureur qui m'a fait aimer le cyclisme, c'est le coureur qui m'a le plus marqué, a expliqué en marge de la présentation du Tour 2013 le champion espagnol qui, lui aussi, a perdu une partie de son palmarès pour dopage. Il a beaucoup fait pour le cyclisme. Grâce à lui, des gens très influents aux Etats-Unis ont enfourché un vélo. Grâce à lui, les gens là-bas savent ce qu'est le Tour de France et il y a de grandes équipes américaines et de grandes courses. Lance a aidé à faire tout ça et cela mérite tout mon respect".

Wiggins: "Quand on vieillit, on se rend compte que le Père Noël n'existe pas"

Sur l'affaire en elle-même, Contador est visiblement partagé. "Il y a cette histoire. Pour moi, c'est compliqué. Il est victime d'une attaque en règle, je ne sais pas à quel point c'est mérité", a-t-il confié, tout en estimant que ce dénouement était devenu inéluctable. "L'UCI n'avait pas le choix et était en fait contrainte de sanctionner Armstrong, après la publication du rapport de l'Usada. C'est la philosophie claire dans le cyclisme ces dernières années, concernant le dopage, très bien, et ça va dans la bonne direction", a déclaré Contador même si, selon lui, "il n'y a pas de nouvelle preuve contre Armstrong", mais seulement des témoignages. "Je respecte le choix de chaque coureur mais j'aurais préféré que ceux qui parlent aujourd'hui parlent plus tôt", a-t-il ajouté.

Bradley Wiggins, lui, s'est montré beaucoup moins clément avec l'ancien patron du peloton. Avec le sens de la formule qui le caractérise, l'Anglais a résumé sa vision du cas Armstrong par ces mots: "Quand on vieillit, on se rend compte que le Père Noël n'existe pas, et c'est le cas avec Lance". Le vainqueur du Tour 2012 aimerait voir Armstrong "passer aux aveux" mais il n'y croit guère. "On sait qu'il est têtu et je ne pense pas qu'il avouera. Il a trop à perdre, mais les preuves semblent accablantes, note-t-il. C'est dommage que nous les coureurs, on doive ramasser et recoller les morceaux pour convaincre que ce sport a changé".

Des propos qui font écho à ceux de Cadel Evans. "Derrière les nouvelles, l'hystérie et le sensationnalisme, j'espère que les gens se souviennent que les événements dont on parle ont eu lieu il y a sept ans ou plus dans un sport qui a depuis changé et avancé", plaide l'Australien, qui a lancé un véritable cri du coeur. "Pour ceux qui sont déçus en ce moment par la situation: ne désespérez pas, ne nous abandonnez pas au moment où nous vivons nos meilleures années et préparons ce qui est le plus important, à savoir le futur".

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