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Tour de France 2013 - Chris Froome: "Moi aussi, j'ai été déçu"

"Moi aussi, j'ai été déçu"
Par AFP

Le 21/07/2013 à 01:50Mis à jour Le 21/07/2013 à 15:44

Chris Froome goûte son bonheur légitime à l'heure de remporter le Tour 2013. Le Britannique savoure et n'en veut pas aux sceptiques. Mieux, il comprend.

Comment qualifieriez-vous ce moment ?
C.F. : C'est un voyage extraordinaire entrepris pour arriver jusqu'ici. Il a commencé par le VTT sur des petites pistes au Kenya. Maintenant, c'est le maillot jaune du Tour de France, le plus grand évènement du calendier. C'est difficile de l'exprimer avec des mots. Tous les jours, il y a eu quelque chose de différent."

A quel moment avez-vous réalisé que vous pouviez gagner le Tour ?
C.F. : En 2011, à la Vuelta. Jusque-là, c'était très difficile pour moi d'être régulier. J'ai été capable d'assumer pour la première fois sur cette Vuelta et je me suis dit que j'avais ma place parmi les coureurs du classement général.

Est-ce difficile d'être le premier vainqueur du Tour après l'affaire Armstrong ?
C.F. : Oui, mais ça se comprend par rapport à l'histoire du Tour. Tout coureur portant le maillot jaune allait être très critiqué par les journalistes, les fans. Je l'accepte et je le comprends. Moi aussi, j'ai été déçu par ce sport. J'espère, par ma victoire, pouvoir aider à changer cette situation. Cela prendra du temps mais on a la volonté de montrer que le sport a été transformé. Mon bonheur n'en a pas été diminué. C'est un obstacle que mes équipiers et moi-même avons surmonté.

Combien de Tours espérez-vous gagner ?
C.F. : J'ai 28 ans et la plupart des coureurs arrivent à leur meilleure période au début de la trentaine. Aussi longtemps que j'aurai la motivation...

Quel a été votre pire moment sur le Tour ? Et le plus fort ?
C.F. : Peut-être à l'Alpe d'Huez, quand je n'avais plus d'énergie du tout. J'étais vidé, une sensation horrible que peuvent comprendre ceux qui pratiquent un sport d'endurance. J'ai vu un panneau indiquant 5 kilomètres, en montée... Heureusement, j'avais Richie Porte. Le plus fort, c'est l'attaque dans le Mont Ventoux et la victoire. J'ai vécu un moment incroyable.

Que pensez-vous de l'attitude des spectateurs, parfois dangereuse ?
C.F. : C'est le Tour ! il y a une ambiance formidable en montagne. Parfois, on doit pousser les spectateurs sur le côté mais c'est ce qui rend le Tour si particulier, différent des autres courses.

Est-ce envisageable de faire comme Bradley Wiggins, tenter de gagner un autre grand tour comme le Giro ?
C.F. : Personnellement, je pense que le Tour de France doit être le sommet de notre calendrier. C'est la victoire la plus recherchée. Mais la décision est dépendante du parcours, s'il est approprié pour moi, et de l'équipe. Ceci dit, j'aimerais revenir et essayer de gagner le Tour chaque année.

Comment imaginez-vous la dernière journée ?
C.F. : L'arrivée sur les Champs-Elysées, ce sera énorme, énorme. On a déjà vu beaucoup de public dans la montagne mais le dernier jour, à Paris, sur les Champs-Elysées, c'est encore plus grand.

A quel moment avez-vous compris que vous aviez gagné ?
C.F. : J'ai eu une sensation bouleversante, aux deux kilomètres. Je me suis dit 'il reste cinq minutes à peu près, c'est plié.' C'est difficile de continuer à penser tactique, gestion des deux derniers kilomètres. J'ai eu du mal à me concentrer.

Pensez-vous progresser encore ?
C.F. : J'ignore ce que l'avenir me réserve. Je suis arrivé dans le sport assez tard, je n'en suis qu'à ma sixième année. J'ai des progrès à faire dans tous les secteurs, en montagne, dans les chronos, dans les descentes.

Comment allez-vous fêter votre victoire ?
C.F. : J'ai quelques amis qui viennent me voir à Paris, il y a aussi ma fiancée Michelle et bien sûr mes coéquipiers et le reste de l'équipe. J'espère qu'on aura une nuit inoubliable.

SID

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