Il s’est pris un avertissement par son employeur pour manque de résultats

Une. Comme le nombre de victoire en 2014 pour Vincenzo Nibali... avant cette deuxième étape. Avant de triompher à Sheffield, dimanche, il n'avait obtenu qu'un succès cette saison : son titre national, le premier, sur l’épreuve en ligne. Sinon nada. Une performance d’ensemble surtout indigne du salaire qu’Astana lui verse (on parle de 4 millions d’euros net jusqu’en 2016). Au point que son patron, Alexandre Vinokourov, lui a envoyé dernièrement une lettre de remontrance : un "avertissement pour faible rendement." Il devrait recevoir les félicitations de "Vino" dimanche soir.

Tour de France
Notre onze-type des Bleus qui ont les arguments pour rêver
03/07/2014 À 08:48
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A ses débuts, il rêvait de remporter Paris-Roubaix

Pour autant, il n’y a jamais mis les pieds. A 29 ans, Vincenzo Nibali attend encore de prendre part à l’Enfer du Nord. C’est pourtant cette reine des classiques qui a bercé son enfance et qui le faisait rêver quand il a débuté le vélo. Passionné de VTT, l’Italien a toujours espéré accrocher une telle épreuve à son palmarès, à l’image de Francesco Moser ou Andrea Tafi, ses deux modèles. "Même si Paris-Roubaix est une classique qui se court avec un vélo de course, la simple idée de la disputer sous la pluie et dans la boue me fait rêver", déclarait-il à 18 ans, un peu avant de choisir pour de bon la route.

Piqué au vif... par une guêpe

C'est une mésaventure dont il se serait bien passé. L'an dernier, avant le départ de la onzième étape du Tour d'Espagne, un contre-la-montre individuel, Nibali est victime d'une piqûre de guêpe lors de la reconnaissance du parcours. Le visage bouffi, les yeux gonflés cachés derrière ses lunettes, Nibali se présente sur la rampe de lancement avec sa mine des mauvais jours. "Je n'ai pas eu la permission de l'UCI pour prendre des médicaments, explique-t-il à l'époque. Je pense qu'ils auraient pu prendre en compte mon cas et donner une autorisation exceptionnelle. Ça me paraît injuste."

Vincenzo Nibali - Astana - Vuelta 2013

Crédit: Twitter

Alors inconnu, il se prend une soufflante par Horner sur le Tour de Suisse

Après des débuts prometteurs chez les juniors puis chez les espoirs, le Sicilien fait ses premiers pas chez les professionnels en 2005. Alors coureur de la Fassa Bortolo, Nibali est invité à s’aligner sur le Tour de Suisse. A l’époque, l’Italien se dit spécialiste des courses d’un jour et passe donc un test sur cette épreuve. Lors de la sixième étape, il se retrouve devant. A 25km du but, Nibali attaque en compagnie de Chris Horner, Jonathan Gonzalez et Daniel Atienza.

L’Italien a des fourmis dans les jambes et décide d’y aller seul. Repris plus tard par Horner, il est invité à collaborer mais le Sicilien est cuit. L’Américain, qui ne connaît même pas son nom, ne le croit pas et le bouge verbalement. "Quand le coureur de Fassa Bortolo nous a attaqués, il avait l’air très fort. Donc quand j’ai fini par le rattraper, et que j’ai vu qu’il ne roulait pas beaucoup, je lui ai dit deux-trois trucs pour le motiver un peu, explique Horner. Bon, mais comme ça ne l’a pas décidé, j’ai attaqué pour voir s’il en avait encore dans le réservoir." Nibali, qui terminera tout de même deuxième, était vraiment cramé…

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Il ne s’est jamais considéré comme un grimpeur

Si vous demandez à cent personnes qui suivent de près le vélo ce qu’elles pensent du fuoriclasse Nibali, il se peut que le mot polyvalence reviennent souvent dans leur bouche. Le Requin de Messine sait tout faire. Et plutôt bien. En juin 2006, il avait déclaré cela à nos confrères de Velo101, qui lui demandaient dans quelle catégorie se classait-il : "Assurément pas dans celle des purs grimpeurs. Je limite les dégâts comme sur le Ventoux (NDLR : lors du Dauphiné cette année-là), où je ne concède que cinq minutes et quelques au premier, mais je ne pense pas pouvoir pointer dans la catégorie des Marco Pantani et même Leonardo Piepoli, même dans les futures années. Je passe quand même la montagne. Je suis plus rouleur et pourquoi pas baroudeur."

Il a une sacrée descente

Certains sont doués quand il s’agit de sprinter, d’autres le sont quand la pente s’élève. Vincenzo Nibali a la réputation d’être l’un des meilleurs descendeurs du peloton. Probablement le meilleur d’ailleurs. Cette renommée a pris vie lors du Giro 2010. Lors de la 14e étape pour être précis. En direction d’Asolo, dans la descente du Monte Grappa, l’Italien avait fait le show pour lâcher la concurrence et mis les voiles pour s’imposer devant Ivan Basso et Michele Scarponi. Depuis, Nibali jouit de cette réputation.

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Autre élément qui tend à la renforcer, ce sacré numéro sur le Tour d’Espagne 2011 et cette fameuse sixième étape. On est dans la descente de l’Alto de San Jeromino. En compagnie de Peter Sagan, Valerio Agnoli et Eros Capecchi, Nibali se balance dans la descente vers Cordoue et sème le peloton. Un vrai numéro d’équipe impossible sans un leader charismatique.

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Il a parfois été moqué par son sens tactique

"Quand il se sent très fort, il court parfois très mal." Son ancien directeur sportif Mario Chiesa chez Liquigas n’y allait pas avec le dos de la cuillère en 2008. Pourtant, il est vrai que Nibali a parfois mal choisi ses coups. Impétueux, il a parfois été piégé par son caractère offensif parfois mal maîtrisé. "J'ai toujours aimé attaquer, je ne suis pas rapide au sprint et je n'ai pas d'autre choix, estime-t-il. Je suis prêt à saisir la moindre occasion". Ses ratés célèbres ? On se souvient particulièrement de son Tour de Lombardie 2011 (il était parti à 40km de l’arrivée, en vain), et de son Liège-Bastogne-Liège 2012.

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Parti seul au sommet de la côte de la Roche-aux-faucons, il avait été repris dans la montée finale vers Ans puis lâché dans la foulée, sous la flamme rouge, par le futur vainqueur Maxim Iglinsky. Ou encore de Milan-Sanremo la même année, où Simon Gerrans s’était joué de lui après avoir dynamité la course dans le Poggio. Plus récemment, c’est lors des derniers Mondiaux que ses efforts n’ont pas été récompensés. Mais ne soyons pas trop critiques envers de telles velléités. Elles ont au moins le mérite d’exister et tout le monde ne peut pas en dire autant. 

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