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Alaphilippe : "Je suis fier de mon Tour, bien au-delà de ce que j'avais imaginé"

Alaphilippe : "Je suis fier de mon Tour, bien au-delà de ce que j'avais imaginé"

Le 27/07/2019 à 19:15Mis à jour Le 27/07/2019 à 19:32

TOUR DE FRANCE – Vendredi, Julian Alaphilippe avait perdu le maillot jaune. Samedi, il a vu s'envoler le podium. Mais le Français, qui est allé au bout de lui-même, n'a absolument aucun regret. Il terminera à la 5e place à Paris, un résultat à l'image de son Tour de France : exceptionnel et inespéré.

Il n'y a pas eu de miracle pour Julian Alaphilippe. Ni vendredi, où le rêve de succéder à Bernard Hinault s'est envolé, ni samedi, où il n'a pu sauver sa place sur le podium. Vingt-quatre heures après avoir perdu le maillot jaune, et vingt-quatre heures avant l'arrivée finale sur les Champs-Elysées, le Français a payé les efforts des trois dernières semaines à Val-Thorens. Lâché à plus de 13 kilomètres de l'arrivée en haut de Val-Thorens, il a cédé plus de deux minutes à Geraint Thomas, Steven Kruijswijk et Emanuel Buchmann. Ce trio l'a ainsi gobé au classement général, pour le repousser au 5e rang.

Mais à l'arrivée, "Loulou" n'était ni abattu ni même déçu. Epuisé, oui, mais sans regrets. "Pourquoi je devrais être frustré ?, s'insurge-t-il. Je suis juste exténué, content, fier de ce que j'ai fait". Au fond, Alaphilippe avait sans doute fait le deuil de ce podium. Val-Thorens, c'était trop long, trop haut, trop tard pour lui dans ce Tour. "Je m'attendais à exploser un moment ou un autre aujourd'hui, confie le puncheur de Deceuninck. Ce n'était pas possible de faire mieux." Puis si s'accrocher comme un damné à son maillot jaune relevait de l'évidence, podium ou pas podium, peu lui importait : "Je l'avais dit au départ ce matin, finir 2e ou 50e, c'était la même chose pour moi".

Julian Alaphilippe exténué à l'arrivée de la 20e étape du Tour de France 2020.

Julian Alaphilippe exténué à l'arrivée de la 20e étape du Tour de France 2020.Getty Images

Sans Mas, il aurait "pris un quart d'heure"

Pourtant, une fois largué par le groupe maillot jaune, il a mis un point d'honneur à limiter les dégâts. Pas tant pour préserver sa place dans le Top 3, top 5 ou top ce que vous voudrez, mais par principe. "Je me suis battu car je ne voulais pas avoir de regrets", relance l'idole de juillet. Et dans son opération fierté, il a pu compter sur le soutien précieux d'un Enric Mas épatant dans le rôle du sauveteur. "Il a fait un job incroyable", souligne le directeur sportif, Tom Steels. "Je suis fier de ce qu'il a fait, confirme Alaphilippe. Sans mon coéquipier, j'aurais complètement explosé et j'aurais fini à un petit quart d'heure derrière tout le monde."

Jusqu'au bout, le numéro un mondial aura donc donné le maximum. 5e à Paris, 14 jours en jaune, deux étapes, une en ligne et le chrono, son Tour de France a quelque chose de miraculeux. "C'est incroyable, reprend Tom Steels. Et la 5e place signifie aussi beaucoup. Pour Julian et pour l'équipe, être aussi présent sur une course comme le Tour de France, c'est incroyable car ce n'est pas notre habitude." "Je n'avais pas l'équipe la mieux armée pour le général, mais elle a été formidable", rappelle encore le coureur de Saint-Amand-Montrond.

Vidéo - A 13km de l'arrivée, Alaphilippe a craqué et vu le podium s'envoler

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Thomas : "Alaphilippe a été exceptionnel"

Il a beau terminé derrière Emanuel Buchmann, on peut avancer sans trop de risques qu'il restera un personnage bien plus important de ce Tour que l'Allemand. "Alaphilippe a été exceptionnel", a même salué le bientôt ex-tenant du titre Geraint Thomas, avant d'appuyer encore davantage son hommage :

"Chapeau à lui, il a pu progresser, il a eu un soutien incroyable, c'était beau de le voir comme ça. Il termine cinquième mais aurait mérité d'être sur le podium. Ce qu'il a fait c'est très bien pour le sport, cela pousse tout le monde vers le haut. Dans l'avenir ça promet."

Satisfaction et détachement

Comme Thomas Voeckler en 2011, il a donc cédé à quarante-huit heures de Paris avant de tomber du podium. Mais autant l'Alsacien avait commis des erreurs qui, dans la dernière semaine, lui avaient très vraisemblablement coûté la 2e place à défaut du maillot jaune, autant Alaphilippe a couru à la perfection. Il ne pouvait rien espérer de plus.

A l'heure du bilan (ou presque), il combine toujours satisfaction et détachement, comme tout au long de ces trois semaines, "Je suis fier de mon Tour, bien au-delà de ce que j'avais imaginé, rappelle-t-il. Si je regarde ce que j'ai fait pendant trois semaines, je n'y aurais jamais cru et j'aurais signé pour bien moins que ça. Dans ma carrière, ça aura changé beaucoup de choses, j'ai vécu des moments exceptionnels, je m'en souviendrai toute ma vie. Ce n'est que du sport, des moments de vie dont il faut profiter". Jusqu'au bout, même descendu du vélo, Julian Alaphilippe aura eu tout bon.

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