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Des stickers et un cahier de vacances

Des stickers et un cahier de vacances

Le 04/06/2019 à 09:33Mis à jour Le 04/06/2019 à 17:55

Le Tour de France renvoie naturellement à l'enfance. Alors si, en plus, on se prête au jeu de l’album Panini et du cahier de vacances : bonjour la cure de jouvence. Quête des denrées rares, chasse aux doublons, rébus et questions en tout genre : ma Grande Boucle a commencé.

Dans la conversation, mettez le cap sur le Tour de France. Invariablement, chaque intervenant, même s’il n’est pas un passionné, va avancer le nom d’un champion, dévoilant sans le savoir sa génération et quasiment son âge. Bobet ? Celui (ou celle) qui parle n’est vraiment plus tout jeune. Anquetil-Poulidor ? La soixantaine a hélas frappé. Hinault ? C’est le temps de la cinquantaine triomphante. Virenque ? Ça se gâte : l’interlocuteur a la trentaine et parle de dopage et de 1998.

Le Tour est ainsi : il renvoie à l’enfance. Une double initiative éditoriale permet justement, ces jours-ci, d’y retourner, vers l’enfance : Panini et le cahier de vacances. J’avoue que je n’avais jamais sacrifié à la mode de la vignette Panini. Ni pour le football, ni pour les animaux de la forêt, ni pour Buffy contre les vampires ou Marvel. En ai-je acheté pour mes enfants ? La génération Indurain me souffle à l’oreille que la réponse est oui, pour les aventures d’une certaine Gwendoline et quelques albums Disney…

Double page sur la Sky... trop tard, l’impression était lancée

Cette fois, j’ai MON album Panini. Avec l’esquisse de "la collection officielle des stickers 2019". Geraint Thomas, le vainqueur 2018, est en couverture, avec une photo des coureurs sur les Champs-Elysées, salués par la patrouille de France et une autre d’une descente de col. Des descentes où, dans les voitures suiveuses, quand on n’a pas trop l’habitude, on se cramponne quand les pneus crissent à l’entrée des virages.

Je ne suis pas au bout de mes peines, ni de mes achats : la collection compte 352 images – pardon, de stickers, que l’on colle aux pages et sur les numéros correspondants. J’ai déjà collé quelques dizaines de champions, tels Benoît Cosnefroy (numéro 16) à la page AG2R La Mondiale, Alexey Lutsenko (numéro 41) avec les Astana, Vincenzo Nibali (numéro 52) chez Bahrain-Merida, Michael Valgren (numéro 138) chez Dimension Data, Luke Rowe (numéro 262) dans une double page sur l’équipe Sky, devenue entre temps Ineos (trop tard, l’impression était lancée) ou Richie Porte (numéro 294) pour Trek Segafredo. A chaque fois, la date de naissance, la nationalité, le poids et la taille permettent de parfaire sa connaissance du peloton, avec la mention de la meilleure performance dans le Tour et du nombre d’étapes gagnées, lorsque c’est le cas.

Tour de France 2018

Tour de France 2018Getty Images

Fameux doublons et sérieuses questions

Ne me demandez pas combien de pochettes de cinq stickers (un euro chacune) il me faudra pour remplir l’album, j’ai toujours préféré le cyclisme à l’arithmétique. Deux mathématiciens, en 2014, avaient néanmoins calculé que, pour boucler l’album de la Coupe du monde de football, il fallait acheter 899 paquets, soit 4 945 vignettes. À l’époque, la pochette coûtait 60 centimes d’euro. Coût : 539,40 euros. Ceux qui voient le mal partout affirment que certaines vignettes sont plus rares que d’autres. Serait-ce pour cela que, malgré mes nombreux achats, je n’ai toujours ni Romain Bardet, ni Thibaut Pinot, ni Julian Alaphilippe, ni Peter Sagan ? En revanche, je signale que j’ai en double Hagen (un nom pour opéra de Wagner), Daniel Oss et sa superbe coiffure genre Julien Clerc dans Hair, Gallopin, Van Garderen, Frank, Caruso et pas mal d’autres. Sur Le Bon coin et eBay, la bourse aux échanges bat déjà son plein avant le départ de Bruxelles, le 6 juillet.

Pour continuer sur les chemins de l’enfance, j’ai aussi acheté le cahier de vacances Spécial Tour (Editions Solar et ASO, 6,90€). Soixante pages d’exercices divers, à la manière des "vrais" cahiers de vacances, avec des charades et des rébus. Je le garde pour le mois de juillet, s’il y a des étapes ennuyeuses en première semaine. J’ai déjà repéré des pages faciles, avec des coureurs à reconnaître, des années à trouver, des pièges grands comme un braquet de contre la montre, genre : qui est ce coureur avec un maillot mi-jaune, mi-blanc ? Ou des questions vraiment trop faciles, du style "qui est ce coureur ?" sous la photo de Greg LeMond. J’ai aussi repéré une erreur de date dans une question de la page 9, corrigée dans la réponse, page 56.

Mais, damned, il n’y a pas que des questions de cyclisme ! On trouve aussi des exercices de géographie où il faut placer une ville, un fleuve ou une montagne sur la carte de France ; un sudoku ou les chiffres sont remplacés par des maillots à pois, des roues et des casques ; et un horrible exercice sur le nombre de kilos de linge lavés pendant le Tour, sachant qu’il y a 180 coureurs au départ, qu’un maillot pèse 200 grammes et que les machines de l’ASO ont une capacité de 5 kilos. Pire que les exercices de jadis sur les trains qui se croisent et les baignoires qui se vident. Celui-là, je le laisse aux spécialistes. Je me réserve pour le "psycho-test" intitulé "Quel maillot est fait pour vous ?". J’ai hâte de connaître la réponse.

Peter Sagan, Geraint Thomas et Julian Alaphilippe, porteurs de maillots distinctifs à l'arrivée du TDF 2018

Peter Sagan, Geraint Thomas et Julian Alaphilippe, porteurs de maillots distinctifs à l'arrivée du TDF 2018Getty Images

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