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Les débats du Tour : peut-on éviter une arrivée au sprint ce mardi ?

Les débats du Tour : peut-on éviter une arrivée au sprint ce mardi ?
Par Eurosport

Le 08/07/2019 à 21:55Mis à jour Le 09/07/2019 à 10:08

TOUR DE FRANCE - Chaque jour, deux ou trois questions sont posées à des membres de la rédaction. Chacun donne son point de vue et vous invite à prendre part à la discussion. Au menu ce lundi, le maillot jaune d'Alaphilippe et une éventuelle arrivée au sprint mardi.

Combien de jours Alaphilippe peut-il garder son maillot jaune ?

  • François-Xavier Rallet

N'ayons pas peur des mots. Ce qu'a réalisé Julian Alaphilippe ce lundi dans la Marne est le plus beau numéro de sa carrière. Mais il lui faut vite tourner la page. Le plus difficile ne fait que commencer. L'objectif est donc de défendre son magnifique paletot doré. Jusqu'où ? Tout dépendra des desseins de sa formation Deceuninck Quick Step à vrai dire.

Son avance actuelle sur ses poursuivants peut lui permettre de passer quelques jours en jaune. Jusqu'à jeudi sans trop de problème. L'étape de mardi va se jouer au sprint et son équipe, même si Viviani jouera la gagne, n'aura pas à rouler. Une bonne chose. Et celle de mercredi n'a rien d'insurmontable pour le Français. Mais comme lui-même l'a souligné, Alaphilippe risque de "couiner" dans le second volet vosgien. L'étape jugée à la Planche des Belles Filles est monstrueuse. Et malgré tout le respect que je lui porte, je ne vois pas Julian rester au sommet du général à l'issue de cette 6e étape.

  • Jean-Baptiste Duluc

Sauf mauvaise surprise ce mardi, Julian Alaphilippe conservera le maillot jaune jusqu’à l’entrée dans les Vosges. Le terrain proposé mercredi est loin d’être insurmontable pour les qualités du Français – contrairement à ce qui sera le cas jeudi – mais le scénario risque d’être bien difficile à contrôler pour les Deceuninck-Quick Step.

Les trois ascensions dans le final paraissent bien trop faciles pour y voir une guerre de favoris et trop dur pour y voir des coureurs rapides comme Sagan ou Matthews y jouer la gagne. Du coup, le terrain semble clairement favorable à une échappée. Et qui aurait intérêt à rouler derrière celle-ci, à part la Deceuninck-Quick Step ? Absolument personne. En fait, même la formation belge n’a pas grand intérêt à se dépouiller pour défendre le maillot. Après tout, elle vise déjà les victoires d’étapes et le général avec Enric Mas. Et pas sûr qu’un troisième jour en jaune "mérite" autant d’efforts.

Vidéo - Franck Alaphilippe : "La Planche sera déjà un bon test"

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Pourquoi les adversaires d'Alaphilippe n'ont pas réagi quand il a attaqué ?

  • François-Xavier Rallet

Wout Van Aert avait une belle opportunité de se parer de jaune à l'issue de cette 3e étape. Le Belge a dû se contenter de la deuxième place du général et du maillot blanc ce lundi soir. Ce qui est déjà pas mal, me direz-vous. Mais à l'image des autres coureurs qui avaient dans leur viseur le bouquet du jour, Van Aert n'a pu contrarier les desseins d'Alaphilippe.

"Il était trop fort pour nous", a avancé le phénomène de la Jumbo Visma, tête basse à l'arrivée. On savait que le profil était dessiné pour le Français, qu'il en était favori. Doit-on s'étonner de l'attentisme de certains ? Il n'y avait peut-être tout simplement rien à faire face à un Alaphilippe de ce niveau-là. "Tout simplement"…

  • Jean-Baptiste Duluc

Le problème n’a pas tant été la réaction que le timing de celle-ci. Au moment de l’attaque du Français, le peloton était tout simplement dans la rouge. La violence du démarrage du vainqueur de Milan-SanRemo a bluffé tout le monde et les candidats à la victoire d’étape, de Sagan à Matthews en passant par Trentin et Van Avermaet, et au maillot jaune, les Jumbo-Visma, ont mis quelques kilomètres à s’organiser. Le temps qu’ils y parviennent, Alaphilippe avait déjà 45’’ d’avance.

C’était déjà terminé. Les équipiers ont bien tenté de boucher le trou, ont laissé croire un instant en être capable, mais seuls les INEOS en semblaient capables. Sauf qu’ils n’en avaient aucun intérêt. Pour éviter un tel résultat, il aurait donc fallu suivre le Français dans la côte de Mutigny, à 15,8km de l’arrivée. Le problème c’est que tout le monde pensait déjà au final, comme l’a avoué Valverde : "Je ne m'attendais pas à ce que Julian Alaphilippe parte aussi tôt". Mais après, c’était déjà trop tard.

Vidéo - A 15,8 kilomètres de l'arrivée, Alaphilippe accélère...

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Peut-on éviter une arrivée au sprint ce mardi ?

  • François-Xavier Rallet

Qui succèdera à Matteo Trentin, dernier lauréat en 2014 d'une arrivée à Nancy ? A la veille de l'entrée dans les Vosges et du début de la moyenne montagne, les sprinteurs ont une nouvelle possibilité d'en découdre, après la première étape de Bruxelles samedi. Et ceux-là ne vont pas se priver. Je ne vois pas une autre issue qu'une arrivée massive à Nancy. Le parcours plat de 213,5 kilomètres devrait favoriser une échappée rapide.

Mais les formations de Groenewegen, de Viviani ou encore d'Ewan ne laisseront pas une grande marge de manœuvre aux fuyards. Près des rives de la Meurthe, l'arrivée est une longue ligne droite de 1400 mètres, avec un ultime virage à moins de 300 mètres de l'arrivée. Le directeur de course ASO, Thierry Gouvenou, l'a annoncé : "les plus rapides devraient être chronométrés à 70 km/h". Et ceux-là seront donc des sprinteurs.

  • Jean-Baptiste Duluc

C’est bien possible. Si le profil de l’étape est globalement plat, il ne faut pas croire pour autant que la victoire sera offerte sur un plateau aux sprinteurs. Après tout, les deux dernières arrivées dans la cité lorraine nous ont offert un joli avant-goût de ce que l’on devrait avoir ce mardi. En 2014, la victoire s’était certes jouée au sprint avec le succès de Matteo Trentin devant Peter Sagan mais ils n’avaient été que 41 dans le bon groupe.

Alors oui, le final avait été légèrement durci avec une ascension encore derrière la traditionnelle côte de Maron, ce qui ne sera pas le cas pour cette 4e étape. Mais, en 2005, c’était le même final et c’était bien un homme seul qui s’était imposé, Lorenzo Bernucci, devançant Vinokourov dans un sprint à deux. Qu’un sprinteur s’impose ? C’est probable. Qu’on ait droit à une arrivée massive ? C’est loin d’être acquis.

Vidéo - Le profil de la 4e étape : Une arrivée massive obligatoirement ?

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