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Les débats du Tour : Quelle formation est favorite pour le chrono par équipes ?

Les débats du Tour : Quelle formation est favorite pour le chrono par équipes ?
Par Eurosport

Le 06/07/2019 à 21:56Mis à jour Le 07/07/2019 à 14:02

TOUR DE FRANCE - Chaque jour, trois questions sont posées à des membres de la rédaction. Chacun donne son point de vue et vous invite à prendre part à la discussion. Au menu ce samedi, Peter Sagan, Jakob Fuglsang et le chrono par équipes de dimanche.

Sagan doit-il s’en vouloir ?

  • Julien Chesnais

Non. Bien sûr, il y a de quoi rager de voir la 1re étape du Tour s'échapper pour si peu (et le maillot jaune qui va avec). Mais le Slovaque a fait, à mon sens, la course parfaite. Sur son sprint, rien à dire. Il l’a lancé quand il le fallait, ni trop tôt, ni trop loin. Teunissen, qui marche sur l’eau depuis quelques semaines, était simplement trop fort. Sur le sprint intermédiaire, à 69 kilomètres de l’arrivée, il s’est bourré d’acide lactique tandis que Teunissen faisait de la patinette.

Mais pouvait-il en être autrement ? Ne l’oublions pas, le Slovaque joue sur deux tableaux avec le record de Zabel dans le viseur (sept maillots verts). À cet égard, Sagan a fait une belle opération puisque ses principaux rivaux ont déjà pris du retard, à l’image de Viviani, victime du coup de force de Bora-Hansgrohe (l’équipe de Sagan) avant le sprint intermédiaire alors que l’Italien était victime d’un incident mécanique. Il y a en fait beaucoup plus matière à se réjouir qu’à se morfondre du côté de Sagan. Manquait juste la cerise sur le gâteau.

  • François-Xavier Rallet

Peter Sagan rêve, entre autres, d'un septième maillot vert sur les Champs-Elysées. Ce samedi, le Slovaque a dû se contenter de la deuxième place derrière le surprenant Mike Teunissen. Pas de 12e victoire d'étape pour lui sur la Grande Boucle. Pourtant, avant l'emballage final, la journée avait été parfaite. Sagan avait dominé le sprint intermédiaire, empoché les 20 points qui en découlent. Et la Bora-Hansgrohe avait pris les choses en main en mettant le bazar à 75km de l'arrivée. On connait la suite…

Bien calé dans la roue de Matthews, débarrassé de Groenewegen, tombé plus tôt, et de Viviani, trop court car mal placé, Sagan pensait avoir fait le plus difficile en contrant l'attaque de Colbrelli. Longtemps en tête dans le long faux-plat montant, le triple champion du monde s'est fait passer sur la ligne par Teunissen. Doit-il s'en vouloir pour autant ? Je ne vois pas pourquoi il le devrait. Le vainqueur du jour n'est pas un manchot dans l'exercice. On l'avait vu très bon cette année sur les Quatre Jours de Dunkerque. Ce samedi, le plus fort a gagné. Pour 9 millièmes de secondes, soit 15 centimètres et des poussières.

Mais voir Sagan défendre ses chances, retrouver la motivation pour jouer la victoire sur le Tour est sacrément rassurant quand on se remémore son début de saison catastrophique. Et rien que pour ça, c'est déjà une victoire.

Vidéo - Teunissen a dompté Sagan sur le fil : L'arrivée de la 1re étape

02:59

Faut-il être inquiet pour Fuglsang ?

  • Julien Chesnais

Oui, forcément. Le Tour se joue sur des micro-détails, et celui-ci en est assurément un gros qui devrait laisser des traces, dans les jambes mais aussi dans la tête. Depuis le début de saison, tout a souri au Danois, plus fort que jamais à 34 ans. Cette lourde chute vient casser sa dynamique de rêve, et ce au plus au mauvais des moments. Elle n’augure rien de bon, et je n’ai pas souvenir d’un grand favori tomber ainsi puis finir triomphant trois semaines plus tard sur les Champs.

De plus, le tracé du Tour 2019 ne va pas favoriser sa convalescence. Dimanche, c’est le chrono par équipes. Il y a mieux pour se refaire la cerise, même s'il n'a rien de cassé. La force collective d’Astana pourra amortir l’éventuelle faiblesse de Fuglsang. Mais jusqu’à quel point ? Lundi, le final d’Épernay est explosif. Et la montagne arrive très vite, dès jeudi avec la Planche des Belles Filles. Pour moi, la première partie du Tour était la plus favorable pour Fuglsang, là où il devait créer des écarts avant la très haute montagne. Le voilà contraint de changer ses plans. Et ça, c’est forcément inquiétant.

Vidéo - Vinokourov sur Fuglsang : "Le plus important, c'est qu'il puisse continuer"

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  • François-Xavier Rallet

Ce n'est pas jamais bon de goûter le bitume aussi tôt sur le Tour de France. Mais faut-il déjà tirer la sonnette d'alarme concernant le Danois d'Astana, tombé à 18km de l'arrivée ? J'aurais tendance à pencher vers le non après le premier rapport médical tombé quelques minutes après la victoire de Mike Teunissen.

Un rapport qui a rassuré le patron Alexandre Vinokourov. Comme le suivant, plus poussé et tombé dans la soirée : le vainqueur du dernier Critérium du Dauphiné s'est fait poser quatre points de suture à l'arcade. Et aucune fracture n'a été décelée. Un moindre mal. Le Kazakh ne semblait pas plus troublé que ça. Il avait raison.

Quelle formation est favorite pour le chrono par équipes ?

  • François-Xavier Rallet

La victoire devrait se jouer entre cinq équipes. EF Education First, Bora-Hansgrohe, Ineos, Deceuninck-Quick Step et Jumbo-Visma me semblent les armadas les mieux armées pour briller ce dimanche à Bruxelles. Et c'est vers cette dernière, le Team Jumbo Visma, que mon pronostic se tourne. Sur le papier, la formation néerlandaise, qui défendra le maillot jaune de Mike Teunissen, regorge de spécialistes de l'effort chronométré : Tony Martin, champion d'Allemagne du chrono en titre depuis 2012, mais surtout quadruple champion du monde (2011, 2012, 2013 et 2016) de l'exercice est arrivé cette année et devrait passer les relais les plus appuyés dimanche.

Mais le vétéran allemand n'est pas seul : Wout Van Aert, récent champion de Belgique du contre-la-montre, Steven Kruijswijk ou encore le Norvégien Amund Jansen sont de bons rouleurs. Bien que privée de deux spécialistes du genre, Jos Van Emden et Primoz Roglic, non présents sur cette Grande Boucle 2019, la Jumbo-Visma a tout de même de sérieux arguments à faire valoir pour remporter ce chrono. Et signer une deuxième victoire en deux jours.

Vidéo - Le profil de la 2e étape : Un chrono pour spécialistes dans les faubourgs de Bruxelles

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  • Julien Chesnais

Ineos et Jumbo-Visma font peur, mais je vois bien EF Education First réaliser un grand coup. La formation américaine s’est récemment imposée comme une référence en la matière, avec une victoire devant Deceuninck et Ineos sur le Tour de Colombie et un impressionnant tir groupé sur le chrono individuel de Paris-Nice (4 dans le top 8).

Certes, il manque Daniel Felipe Martinez et Taylor Phinney sur ce Tour, mais la bande à Jonathan Vaugthers - qui avait d’ailleurs gagné le chrono par équipes du Tour 2001 avec le Crédit Agricole – reste particulièrement bien armée. Bettiol, Langeveld, Kangert, Scully, Van Garderen, Woods… il n’y a que des rouleurs (à l’exception du Canadien, pas un tocard non plus) pour accompagner Rigoberto Uran, leader charismatique et surtout maître de l’exercice face à la montre.

Vidéo - Le Tour pour les nuls : Le contre-la-montre par équipes, c'est quoi ?

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