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Les débats du Tour : Alaphilippe va-t-il jouer le général ?

Les débats du Tour : Alaphilippe va-t-il jouer le général ?
Par Eurosport

Le 11/07/2019 à 21:16Mis à jour Le 12/07/2019 à 10:32

TOUR DE FRANCE - Chaque jour, deux ou trois questions sont posées à des membres de la rédaction. Chacun donne son point de vue et vous invite à prendre part à la discussion. Au menu ce jeudi, il est question du vainqueur sortant du Tour, impressionnant dans les derniers mètres de La Planche des Belles Filles.

Thomas est-il déjà le patron du Tour ?

  • François-Xavier Rallet

Depuis le départ de la Grande Boucle, Egan Bernal avait, sans le vouloir (quoique…), engendré une certaine "hype" autour de sa personne. Pour certains, dont moi, après le forfait de Chris Froome et les incertitudes sur l'état de forme de Geraint Thomas, le jeune Colombien devait être rapidement désigné chef de file unique chez Ineos. "La route mettra chacun à sa place", avait-il avancé à nos confrères du Monde avant le départ de Bruxelles le week-end dernier. Ce jeudi, Geraint Thomas a repris de sacrées couleurs en terminant devant tous les autres favoris du Tour.

De là à voir le tenant du titre comme le futur vainqueur ? Je n'irai pas aussi vite en besogne. Le Gallois s'est montré à son avantage dans les derniers hectomètres de la Planche des Belles Filles, c'est un fait que personne ne peut contester, mais la Grande Boucle ne fait que commencer. Et les écarts ne sont en rien significatifs pour arriver aussi vite à une telle conclusion. Alors oui, sur l'impression laissée, Thomas a sûrement donné un sacré mal de crâne à ses adversaires. Et à ceux – dont moi - qui l'avaient sûrement enterré trop vite. Mais jusqu'à son triomphe de l'an dernier, Thomas avait pris la mauvaise habitude de caler en troisième semaine. Nous n'avons pas encore commencé la deuxième. Alors…

  • Julien Chesnais

Comme le dit "FX", il est trop tôt pour s'avancer. Mais pour la première fois depuis le départ de Bruxelles, le Britannique occupe la meilleure place des cadors au général (5e à 49'' de Ciccone). Et ce n'est pas anecdotique vu l'impression laissée par le Gallois ce jeudi. L'état de forme de Thomas demeurait une inconnue suite à son abandon sur chute au Tour de Suisse. Elle a été en grande partie levée sur la Planche des Belles, où il s'est montré le plus fort parmi les favoris.

Désormais, il n'est plus permis de douter de sa capacité à conserver son titre. Reste la question du leadership chez Ineos. Qui est le vrai leader entre lui et Bernal ? La question n'est toujours pas réglée mais la 6e étape a redistribué les cartes après la cassure d'Epernay, qui avait permis à Bernal de prendre 5'' à son coéquipier. La montée explosive de la Planche était censée profiter à la jeunesse colombienne plutôt qu'au rouleau-compresseur gallois. Mais c'est l'inverse qui s'est produit. Pas de quoi tirer des enseignements définitifs. Mais force est de constater que si Thomas doit redevenir le patron, il a pris le chemin qu'il faut.

Geraint Thomas a été le plus fort des favoris à La Planche des Belles Filles sur le Tour 2019

Geraint Thomas a été le plus fort des favoris à La Planche des Belles Filles sur le Tour 2019Getty Images

Quel Tour pour Alaphilippe maintenant ?

  • Julien Chesnais

Dépossédé du maillot jaune, l'Auvergnat n'en reste pas moins concerné par le général puisqu'il n'a que six secondes de retard sur le nouveau leader. À court terme, ses rêves d'échappée et de maillot à pois sont donc condamnés d'avance. Tant qu'il n'aura pas pris d'éclat (il faudra sans doute attendre l'arrivée de la 14e étape au Tourmalet pour cela), il n'aura pas de bon de sortie. D'ici-là, à moins qu'il ne décide de se relever volontairement pour forcer les choses, le numéro 1 mondial est coincé.

Alors, pourquoi ne pas tout tenter pour récupérer la tunique dorée ? Samedi, un point bonus est situé sur la dernière côte de la très vallonnée étape de Saint-Étienne. S'il passe en tête, à lui les huit secondes de bonications et "welcome back" le maillot jaune. Mais la journée semble promise aux baroudeurs. Pas sûr que Deceuninck-Quick Step ait la capacité de contrôler une échappée de costauds pour favoriser les desseins du Français. La formation belge a d'ailleurs échoué dans ce sens sur la route de la Planche des Belles Filles.

  • François-Xavier Rallet

Il fallait le voir, recroquevillé sur son vélo, les yeux baissés vers ses chaussures, cherchant un second souffle, une immense déception en bandoulière. A mes yeux, Julian Alaphilippe n'a pas uniquement perdu sa précieuse tunique sur les rampes de la Planche des Belles Filles. Pour six secondes, le Français a cédé son maillot jaune à Giulio Ciccone. Un retard finalement minime qui va pousser le puncheur tricolore à revoir tous ses plans sur ce Tour 2019.

Car celui qui visait, selon ses dires, des victoires d'étapes de prestige et un éventuel maillot à pois, est désormais trop dangereux au classement général pour se voir accorder, dans les jours prochains, le moindre bon de sortie. Alaphilippe semblait en mesure de passer quelques jours supplémentaires en jaune si les secondes avaient été de son côté au soir de cette première étape montagneuse. C'est raté. Peut-il récupérer la tunique dorée ? Le voir se glisser dans une échappée pour prendre des bonifications me semblent impossibles. Non, finalement, l'issue de cette 6e étape est une très mauvaise nouvelle pour le numéro un mondial, prisonnier de son statut.

Vidéo - L'arrivée des deux "vainqueurs" du jour : A Teuns l'étape, à Ciccone le maillot jaune

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