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Pinot : "Je ne me sens pas encore le favori, loin de là"

Pinot : "Je ne me sens pas encore le favori, loin de là"

Le 22/07/2019 à 17:32Mis à jour Le 22/07/2019 à 18:35

TOUR DE FRANCE - Impressionnant dans les Pyrénées, Thibaut Pinot a la cote à l'entame de cette dernière semaine. Alors qu'il n'est même pas encore sur le podium provisoire de ce Tour, certains l'installent même dans le rôle du nouveau favori. C'est dire s'il a marqué les esprits au Tourmalet et au Prat d'Albis. L'intéressé ne s'en offusque pas mais ne revendique rien. Au contraire.

Thibaut Pinot est peut-être à l'aube de quelque chose de grand. Dans cette phrase, le mot-clé reste évidemment "peut-être". Mais il s'est mis en position de rêver. Il n'est pas le seul. Quatrième du classement général, il est sans doute un des six coureurs à pouvoir encore briguer le maillot jaune à Paris. Mais si l'espérance est si grande de son côté, c'est parce que personne n'a davantage impressionné que le leader de la Groupama-FDJ dans les Pyrénées, où il était sans conteste le plus fort. D'où ce vent porteur.

Lundi, lors de la dernière journée de repos, c'est un Thibaut Pinot à la fois sûr de lui et prudent qui s'est présenté devant la presse. Candidat déclaré ? Oui. Favori ? Non. Même si les cotes officielles des bookmakers l'installent désormais dans ce rôle pas forcément enviable. "Je ne me sens pas encore le favori, loin de là. Même si j'ai montré de belles choses ce week-end, je suis 4e du classement", a-t-il rappelé d'entrée de jeu. Sur les deux derniers jours j'étais peut-être le plus fort mais le Tour dure jusqu'à dimanche, il peut se passer beaucoup de choses."

Thibaut Pinot (Groupama-FDJ) - Tour de France 2019

Plénitude physique et mentale

Il a payé par le passé (souvenez-vous du Giro 2018) pour apprendre qu'un grand Tour pouvait se transformer en cauchemar sur le tard, voire le très tard. Ce qui, dans sa bouche, se traduit par : "J'ai appris à ne pas m'enflammer." Mais à 29 ans, le Franc-Comtois semble dans une forme de plénitude physique et mentale. Sa détermination se lit sur les traits de son visage.

Le bonhomme est en mission, peut-être plus encore depuis la bordure d'Albi, qui l'a lesté de 100 secondes bien encombrantes au classement général tout en lui greffant des ailes revanchardes. "Je pense qu'elle m'a fait du bien. Depuis, on court encore mieux, on est encore plus déterminé, relève-t-il. Le soir de la bordure j'avais la rage, je ne pensais qu'à gagner au Tourmalet."

Et maintenant, à quoi pense Thibaut Pinot ? Il essaie de ne pas trop penser, justement. Moins il réfléchira aux conséquences, mieux il pédalera. Alors, la chance de sa vie, le maillot jaune sur les Champs, la succession d'Hinault, tout ça, ouste de la caboche ! "Je ne pense pas à ça, évacue-t-il comme on chasserait une mouche. On verra samedi à Val Thorens."

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Prêt à attaquer, encore

D'ici là, chaque moment comptera. A Nîmes, d'abord, mardi. "Comme chaque étape de plaine, vent ou pas, ce n'est jamais une partie de plaisir. Je ne les aime pas mais il faut faire avec", bougonne-t-il. Si quelqu'un est bien placé pour savoir que le Tour peut se perdre aussi bien sur du plat que dans un hors catégorie, c'est lui. Ce sera ensuite Gap, où l'arrivée est rarement calme.

Puis, bien sûr, le majestueux triptyque des Alpes, si effrayant sur le papier. Si alléchant pour lui : "Les trois étapes sont belles, je connais très bien les deux dernières. La plus dure, je pense, est celle du Galibier (la première jeudi, qui propose également l'Izoard au menu, NDLR). Je n'ai pas à choisir, ça dépendra de mes jambes. Si elles sont bonnes, je passerai à l'attaque."

Si ses jambes alpines sont à l'unisson de celles des Pyrénées, on plaint quand même la concurrence, qui va devoir s'accrocher. Les jambes, et la tête, aussi.

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" Pour l'instant, c'est Julian qui a la pression"

Face au vent de l'espoir, se dresse l'inévitable pression à mesure que les jours avancent. La perspective d'une possible victoire dans le Tour est aussi enivrante que vertigineuse. Mais là encore, Pinot balaie l'argument : "Si la pression m'écrasait, je ne serais pas là, je n'aurais pas gagné au Tourmalet." Il ressent et entend le soutien populaire, qu'il entretient et suscite étape après étape. "Les grandes ambiances me poussent, elles me donnent des ailes, souffle le vainqueur du Tour de Lombardie. C'est comme dans un stade, on est toujours plus fort quand on joue à domicile. Cela aide aussi Julian je pense, on compte sur le soutien du public pour nous pousser le plus haut possible."

Julian, c'est évidemment Alaphilippe. Un Julian au passage bien pratique, allié de circonstance sur la route mais aussi face à la fièvre populaire, qui fait encore office de paratonnerre. "Pour l'instant, c'est Julian qui a la pression, il est maillot jaune, il a 1'30, sourit Pinot. On est deux Français dans les quatre premiers, c'est une bonne chose pour moi." Décidément, ce garçon a réponse à tout, sur la route comme devant les micros. Pourvu que ça dure.

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