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L'Alaf-mania se teinte de jaune

L'Alaf-mania se teinte de jaune
Par AFP

Le 09/07/2019 à 20:20Mis à jour Le 09/07/2019 à 20:21

TOUR DE FRANCE - Les encouragements pleuvent de toutes parts. Le maillot jaune Julian Alaphilippe séduit plus que jamais le public tricolore du Tour par son panache et son caractère, une popularité décuplée par le port de la tunique mythique, qu'aucun autre Français n'a endossée depuis 2014.

"Julian, jusqu'à Paris !" Au départ de Reims, quelques heures avant ce qui allait être "l'une des plus belles journées de (sa) carrière", le nouveau maillot jaune s'est fait attendre. Amassée devant le bus de l'équipe Deceuninck. La foule a longuement retenu son souffle mardi matin, prête a exploser à chaque fois qu'elle apercevait, à travers la porte latérale du véhicule, les chaussettes jaune vif de sa coqueluche traverser le véhicule. Alaphilippe n'est apparu que quelques minutes avant l'échéance de la traditionnelle signature d'avant-étape, sourire large, tunique, casque et mitaines jaune bien apprêtés, visage bien réveillé malgré les sept ou huit bouteilles de champagne que l'équipe Deceuninck glisse avoir ouvertes lundi soir aux alentours de 22h30 pour fêter la victoire de la veille.

Julian Alaphilippe und das Team Quickstep

Julian Alaphilippe und das Team QuickstepGetty Images

"Bravo!", "T'es un champion!", "Jusqu'à Paris !": Une clameur logique, et une escorte dense de fans, journalistes et membres du staff l'ont accompagné jusqu'au podium, où il a pu se faire rapidement une idée de l'atmosphère qui l'attendra sur chacune des étapes qu'il entamera avec ce tissu doré sur le dos. "Je n'avais jamais vécu cela, dira-t-il dans la soirée. C'est un autre monde".

" Profiter de chaque kilomètre"

Bloqués par les barrières de sécurité, Evan et sa maman Valérie n'ont pas réussi à se frayer un chemin pour approcher le héros. "Il ne viendra jamais jusqu'à moi", s'attriste le jeune garçon qui a pris le train tôt dans la matinée à une trentaine de kilomètres de là pour apercevoir son "coureur préféré", qui l'a impressionné la veille par sa "vitesse" et "sa capacité à attaquer d'un seul coup" pour aller chercher la victoire d'étape.

Julian Alaphilippe im Peloton

Julian Alaphilippe im PelotonGetty Images

Sur le parcours champenois et lorrain de la 4e étape, de Reims à Nancy, le jaune est de mise, entre ballons de baudruche, maillots, casquettes. "Julian, quel panache !", lit-on en lettres capitales sur la droite de la route en sortant du village de Lavallée (Meuse), sur une grande pancarte où sont dessinés... des pois. Elle datait sûrement de l'année passée - il avait ramené à Paris le maillot à pois après deux victoires de prestige dans les Alpes et les Pyrénées -, car c'est bien de jaune vêtu que le puncheur âgé de 27 ans a englouti les 213,5 kilomètres de la journée, en "profitant de chaque kilomètre", et finissant même au kilomètre par offrir une aide bienvenue pour le sprint à Elia Viviani, vainqueur à Nancy et chaleureusement félicité sur la ligne par son maillot jaune d'équipier.

Rarement en France

Cette couleur, elle change tout pour le public: "C'est le seul maillot dont on se rappelle, affirme l'un de ses anciens porteurs, Bernard Thévenet. Les gens, ils ne se souviennent pas que Thomas Voeckler a porté le maillot de champion de France, ils se rappellent de ses jours en jaune." "Ce qui séduit aussi énormément le public, c'est son panache, renchérit justement Voeckler, un connaisseur - il a porté le maillot jaune deux fois dix jours, en 2004 et 2011. Mais aussi son naturel, le niveau sportif qu'il est capable d'avoir tout en restant accessible et souriant, blagueur, mais hyper professionnel", poursuit le nouveau manager de l'équipe de France.

Julian Alaphilippe

Julian AlaphilippeGetty Images

Alaphilippe, pensionnaire d'une équipe étrangère, cultive aussi sa légende par sa rareté: il n'a disputé qu'une seule course en France cette saison (le Dauphiné) avant le Tour. Quelques jours avant le Grand Départ, celui qui se fait appeler "Alafpolak" sur Twitter avait d'ailleurs insisté sur cet aspect, partageant sa frustration et son envie de renouer le lien avec les siens. "J'ai ressenti la différence par rapport aux encouragements que j'ai l'habitude de recevoir, savourait-il mardi. J'ai entendu mon prénom toutes les dix secondes !", ajoutait-il, évoquant des sensations "difficiles à expliquer." Il lui reste au moins un jour de plus pour tenter de les comprendre.

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