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Huis clos, annulation, report ? L'étau se resserre un peu plus autour de la Grande Boucle

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Julian Alaphilippe lors du dernier Tour de France, dans le contre-la-montre.

Crédits Getty Images

ParAFP
09/04/2020 à 11:20 | Mis à jour 09/04/2020 à 12:16

TOUR DE FRANCE 2020 - Le Tour de France est le prochain grand événement sportif maintenu à l'heure actuelle. Mais l'évolution de la crise sanitaire pourrait bien pousser les organisateurs de la Grande Boucle à imaginer d'autres solutions. Un report voire une annulation ? Le monde du cyclisme fait le point.

Après les reports de l'Euro 2020, de Roland-Garros, des JO de Tokyo et l'annulation de Wimbledon cet été, le Tour de France est le prochain grand événement sportif menacé par la crise sanitaire. En effet, le compte à rebours s'accélère pour la Grande Boucle dont les chances de se tenir aux dates prévues, du 27 juin au 19 juillet, se réduisent au fil des jours.

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La semaine dernière, le directeur du Tour, Christian Prudhomme, a annoncé le report du Dauphiné, la course préparatoire qui devait commencer le 31 mai. "A ce jour, les dates du Tour de France sont maintenues. Mais ce serait mentir que de dire que l'on n'étudie pas d'autres hypothèses", a déclaré à l'AFP le responsable de l'épreuve qui n'entend pas communiquer sur le sujet et se livrer à toutes sortes d'hypothèses.

Seule indication fournie par Christian Prudhomme, la nécessité de "laisser deux mois de visibilité aux coureurs", soit une période correspondant aux sorties sur route, stages et premières compétitions. Autrement dit, pour qu'une course de la dimension du Tour puisse avoir lieu fin juin, il faudrait que les coureurs - actuellement confinés - soient autorisés à rouler à l'extérieur dès la fin avril et surtout que le feu vert soit donné par les autorités pour un large déconfinement, compte tenu des mouvements de population suscités par le Tour qui draine 10 à 12 millions de spectateurs sur les routes. Ce qui, en l'état actuel, ne peut que susciter le scepticisme.

Sans le public, ce ne serait pas le Tour de France

L'hypothèse avait été un temps renforcée par l'évocation par la ministre des Sports Roxana Maracineanu d'un hypothétique huis clos. Mais le sujet n'est pas d'actualité tant le Tour se nourrit de l'enthousiasme de ses spectateurs. "Sans le public, ce ne serait pas le Tour de France", avait résumé le Gallois Geraint Thomas, le vainqueur 2018, sur la même ligne que les élus des villes concernées. Par sa nature, le Tour est un événement populaire et festif, éminemment symbolique. Mais le choix est directement lié aux modalités de la sortie de crise décidées par l'autorité publique. Or, la visibilité sur le sujet est pour l'instant des plus réduites.

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Ainsi, comment organiser l'année cycliste en cas de report ? La seule certitude tient en la position du Tour, pierre angulaire du calendrier. Les équipes, parties prenantes dans les réunions qui ont eu lieu sous l'égide de l'Union cycliste internationale (UCI), savent le poids de l'épreuve dans les retombées espérées par leurs différents sponsors. Pour tous les acteurs du cyclisme, le Tour est prioritaire.

Le pessimisme d'Hinault

Mi-juillet, début août, mi-août ? La première date semble peu probable, au vu des multiples inconnues qui doivent être levées. De part et d'autre, on a appris que les organisateurs avaient sondé leurs interlocuteurs sur un Tour reporté en août. Mais sans dévoiler davantage. Le pire des scénarios ? Il a été évoqué par Bernard Hinault, quintuple vainqueur de l'épreuve, au micro de France Bleu. "250 courses à travers le monde ont été annulées. Donc pourquoi pas le Tour de France ?", a-t-il déclaré.

Le séisme pour le cyclisme serait international. "Sans le Tour de France, le cyclisme aurait un très gros problème", insistait récemment dans le quotidien Die Welt le patron de l'équipe allemande Bora, Ralph Denk. En Belgique, le patron de l'équipe Deceuninck, Patrick Lefevere, confronté à la réduction de l'investissement qu'entend faire son partenaire principal, ne dit pas autre chose.

Une annulation du Tour pourrait faire s'effondrer tout le modèle sur lequel est construit notre sport

"Si le Tour venait à ne pas être disputé, ce serait un coup dur qu'ASO pourrait probablement encaisser mais pas les équipes. Cela pourrait faire s'effondrer tout le modèle sur lequel est construit notre sport", a estimé Lefevere dans le journal Het Nieuwsblad. Des coureurs redoutent cette éventualité, tel le Belge Thomas De Gendt qui avait gagné l'été dernier l'étape de Saint-Etienne. "Si le Tour de France est annulé, je vois beaucoup d'équipes arrêter en fin de saison parce que leurs sponsors les laisseront tomber. Une annulation de la Grande Boucle serait une catastrophe pour le cyclisme", a-t-il conclu.

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