Au moins, Tadej Pogacar tient ses promesses. Dimanche, après sa victoire au Grand Colombier, il avait juré qu’il ferait tout pour saisir la moindre opportunité d’aller chatouiller Primoz Roglic, maillot jaune bien difficile à enquiquiner derrière le train Jumbo-Visma. Alors, ce mardi, le jeune Slovène a placé une banderille dans l’ultime montée. Histoire de vérifier que la Jumbo était encore attentive. Elle le fut.

Le résultat : aucune seconde de concédée et un maillot jaune solidement ancré sur les épaules de Roglic qui, avec désormais 8 jours passés en tête du Tour, égale notamment Cadel Evans. "Je reste en jaune, c'est encore une bonne journée, a souligné le leader au général avant de revenir sur ce final plus animé que prévu. Il a fallu rester très concentré parce que le rythme s’est accéléré. Il reste de grosses journées mais nous sommes prêts, les gars font un super boulot".

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"On a cru qu’on allait monter tranquille, c’était mal connaitre Pogacar !"

De son côté, dans son rôle d’empêcheur de tourner en rond, Pogacar n’a pu que constater la supériorité des abeilles du peloton. "J’ai essayé de voler quelques secondes mais ce n’était pas la situation idéale pour moi, a admis le maillot blanc, pris en chasse très rapidement par les lieutenants de Roglic. Je n’avais pas des jambes super explosives dans le final mais c’est une bonne journée quand même".

La bonne nouvelle là-dedans, c’est finalement le statu quo. Car à l’heure de basculer vers la 17e étape, seules 40 petites secondes séparent les deux compatriotes. Un beau matelas, certes. Mais avec cette ascension finale vers col de la Loze et ses passages ahurissants à plus de 20%, il n’est pas si confortable.

Explication XXL

Mercredi, c’est l’étape-reine qui se profile et elle semble déjà annoncer le couronnement d’un roi. A ce petit jeu, les deux hommes ne partent pas forcément dans les mêmes dispositions. Leader d’une Jumbo-Visma terrible d’efficacité jusqu’ici, Roglic va pouvoir se contenter de gérer, même si ses équipiers ne seront peut-être plus à ses côtés dans les terribles derniers hectomètres de l'étape.

Le profil de la 17e étape : Madeleine - Loze, redoutable enchainement pour l'étape-reine

"Je m'attends à des attaques, a expliqué le maillot jaune. On va se battre seconde après seconde. Les cinq derniers kilomètres sont juste incroyablement difficiles. Tadej est mon rival le plus proche. Je dois le surveiller à tout moment. Mais on va d'abord se concentrer sur ce qu'on fait. Ce genre de montées, c'est le terrain des plus forts".

Pogacar l’est sur ce Tour. Dimanche, au Grand Colombier, il a montré qu’il n’avait rien à envier en individuel à Roglic. Et, mentalement, il semble prêt à en découdre pour une explication XXL à défaut d’être finale. "Je suis prêt pour l’étape reine, a lancé le jeune coureur. Le final est très violent, ce sera très dur pour tout le monde. Les six derniers kilomètres, il faut vraiment avoir de très bonnes jambes. On peut perdre énormément de temps si on n’est pas en forme. Même à l’entraînement, pour arriver en haut ça a été difficile, je n’ose même pas imaginer ce que ce sera en course".

Tadej Pogacar (UAE Team Emirates) devant Primoz Roglic (Jumbo-Visma) au sommet du Grand Colombier, le 13 septembre 2020

Crédit: Getty Images

Quelle stratégie pour Pogacar ?

Mercredi, c’est un soutien presque inattendu qu’il pourrait récupérer avec une équipe Ineos destinée à tout faire péter sur une étape dont le script semble difficilement anticipable. "Je n'ai pas de scénario précis en tête, on décidera en cours de route si on laisse se développer l'échappée ou pas, a expliqué Roglic ce mardi. Je m'attends seulement à une très dure journée sur le vélo."

Pour Pogacar, en revanche, impossible de ne rien prévoir. L’enjeu est trop grand pour laisser la place au hasard. Pourtant, le coureur d'UAE Emirates a fait mine de ne rien avoir en tête : "Tout le monde a été voir le col de la Loze, c’est l’un des cols les plus durs que j’aie grimpés. On verra des écarts, c’est sûr. Des changements au général aussi, a-t-il pronostiqué tout en jurant qu’une attaque de loin n’était pas au programme. Je pense que vous pouvez seulement vous tuer si vous essayez tôt dans ce col. Je verrais comment les autres se sentent jusqu’à Méribel et après, jusqu’au col, on verra qui a les jambes et qui ne les a pas".

Pourtant, comme l’a expliqué notre consultant Jacky Durand, au Grand Colombier, c’est probablement avant le relais de Wout van Aert que l’implosion de Jumbo était envisageable. Après, disons que les chances se réduisent drastiquement. Voilà donc Pogacar face à un dilemme. Et Roglic face à un immense défi : répondre aux banderilles quasi-assurées de son jeune compatriote. Il est de taille, surtout dans cette ascension finale : "Vous savez, quand vous avez les jambes, vous pouvez vous défendre. Si vous ne les avez pas, ce n’est même pas une question de pourcentages".

La palette à Jacky : comment la Jumbo a protégé Roglic dans le Grand Colombier

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