Tadej Pogacar est le deuxième meilleur coureur du Tour de France 2020. Mais il n'est même pas le numéro un de son pays. C'est dire le luxe de la "petite" Slovénie et ses deux millions d'habitants, en passe de signer avec Pogacar et Primoz Roglic seulement le deuxième doublé national sur la Grande Boucle sur ces 35 dernières années après Bradley Wiggins et Chris Froome pour la Grande-Bretagne en 2012.

Ces deux-là s'entendent bien. Rivaux mais camarades qui rivalisent d'amabilités une fois descendus du vélo. "Nous sommes de bons amis, assure même le cadet. On s'entraîne ensemble quand on peut. Faire une sortie avec lui, ça veut dire un entraînement un peu dur ! Primoz est un gars très sympa, on peut parler de tout avec lui. Mais, pendant la course, on n'a pas la possibilité de le faire, on est toujours à bloc."

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"Je suis un peu surpris, je n'imaginais pas gagner deux fois"

Si Roglic était attendu avec une quasi-certitude, ce qu'accomplit Pogacar à presque 22 ans (il les fêtera le 21 septembre, au lendemain de l'arrivée du Tour sur les Champs-Elysées) n'est pas commun. Pour sa première participation, il porte le maillot blanc, a remporté deux étapes en haute montagne et ne pointe donc qu'à 40 secondes de son compatriote. "Je suis un peu surpris, je n'imaginais pas gagner deux fois, pour ma première expérience dans le Tour, mais j'en suis heureux bien sûr", a-t-il avoué dimanche soir après avoir encore dominé le maillot jaune au sprint pour le gain de l'étape au sommet du Grand Colombier.

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Attention à la fausse modestie, donc. Oubliez son âge. Le jeune leader de l'équipe UAE Team Emirates a des jambes de feu, un jump tranchant auquel seul Roglic semble pour l'instant capable de résister. "C'est l'évidence : il est très fort", a d'ailleurs souligné dimanche le maillot jaune, catégorique sur un point : il n'a pas fait de "fleur" à Pogacar. S'il avait pu aller chercher l'étape et les dix secondes de bonification qui l'accompagnent, il ne s'en serait pas privé : "J'ai été un peu trop juste sur la fin, je ne fais aucun cadeau à Tadej. Je voulais vraiment gagner aujourd'hui."

La Planche des Belles filles ? Il aime

La "vraie" victoire, celle qui compte pour ces deux-là, c'est toutefois dimanche prochain qu'il faudra l'obtenir. Dans ce domaine, pour l'heure, avantage Roglic donc. Mais ce n'est pas une mauvaise posture que celle du natif de Komenda. L'attention se focalise sur son ainé. Il n'a à assumer ni le poids de la course ni celui du maillot jaune. Même s'il ne semble pas être effrayé par grand-chose, mener un Tour à l'entame de la dernière semaine aussi jeune n'est pas la situation la plus confortable.

A contrario, il semble à l'abri d'un autre risque, celui de se contenter de ce qu'il a. Deux succès d'étape, un podium en vue et, accessoirement, le maillot blanc de meilleur jeune. Il parait trop ambitieux pour cela. "Si une chance se présente d'avoir le maillot jaune, j'essaierai, promet-il. Ce serait le scénario parfait. J'espère que le meilleur se produira dans la troisième semaine de course."

Et pourquoi pas au dernier moment, samedi prochain, à la Planche des Belles Filles ? "J'ai reconnu le parcours, confie le Slovène. Il me plaît bien mais ce sera différent après trois semaines de course, quand la fatigue se fera sentir." Pour l'instant, à ce niveau-là, ça a l'air d'aller pour Pogacar.

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