Régulièrement taxés d'ériger des parcours favorables aux Français, Christian Prudhomme et Thierry Gouvenou, architectes, surtout pour le second, du tracé du Tour ont, en un sens, innové pour 2021. Le toujours plus de montagne laisse sa place à un "parcours plus équilibré" selon les coureurs eux-mêmes. Pas forcément au goût de tous évidemment, ce n'est jamais le cas, ce tracé recèle plus de pièges que ses devanciers.

"Un format plus classique", "un parcours qu'on n'avait plus eu depuis plusieurs années", "plus traditionnel". Nans Peters, Thibaut Pinot et Romain Bardet ne s'y trompent pas pour donner leur avis sur le Tour de France 2021. Non, contrairement à ceux de 2019 et 2020, celui-ci n'est pas taillé pour les deux derniers. En cause évidemment, les deux chronos pour un total de 58 kilomètres d'effort solitaire. Plus que n'importe quel Tour depuis 2013. Un retour à la normale en somme après des années de purgatoire pour une épreuve qu'on dit difficilement télégénique et qui bloquerait la course.

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Une première semaine de tous les pièges

"C'est un parcours différent de ces dernières années, moins pour les grimpeurs, plus pour les coureurs complets surtout avec deux grands chronos", appuie Thibaut Pinot qui a peut-être laissé passer une chance unique sur chute en 2020. L'année prochaine, il devra faire des belles différences pour gommer le probable retard accumulé en contre-la-montre. Si tant est qu'il joue effectivement le classement général. "Il y a pas mal d'étapes où le vent pourrait être assez piégeux", relève-t-il encore.

C'est l'une des particularités de ce tracé 2021. Pour gommer une possible monotonie, les organisateurs ont épicé certaines journées avec des possibles bordures. Ce sera le cas en Bretagne mais aussi vers Châteauroux en première semaine ou vers Valence dans la deuxième. De quoi faire bouger les lignes là où on ne l'attend pas. "Cette première semaine peut générer des écarts et ouvrir la course", pointe justement Guillaume Martin (Cofidis). C'est le souhait de Christian Prudhomme. Il l'a exprimé sur le plateau de Stade 2, appelant de ses voeux une lutte entre rouleurs et grimpeurs.

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"Il me rappelle le Tour que je regardais dans mon enfance, avec deux grands chronos qui seront des échéances importantes pour le classement général." Romain Bardet a raison. Il n'y a encore pas si longtemps, les contre-la-montre étaient des passages obligés pour les vainqueurs du Tours et les grands lauréats (Anquetil, Merckx, Hinault et Indurain) brillaient tous dans l'exercice. En 2012, Bradley Wiggins avait construit son succès en remportant les deux chronos.

Barguil se voit en jaune

"La troisième semaine fait la part belle à la montagne, les hommes forts émergeront à ce moment-là", poursuit celui qui portera les couleurs de Sunweb en 2021. La troisième semaine et les Pyrénées. Souvent dans l'ombre des Alpes, le massif retrouve ses lettres de noblesses et sera, à coup sûr, décisif. "J'apprécie ce tracé du Tour avec des Alpes courtes mais intenses, suivies par le Mont Ventoux à escalader deux fois", salue un Warren Barguil (Arkéa-Samsic) qui ne peut que se réjouir du départ, chez lui, en Bretagne et qui s'imagine, auprès du Parisien, en jaune à Mûr-de-Bretagne, le deuxième jour.

Lui aussi sera à la maison. Récent vainqueur d'étape sur le Tour d'Espagne, David Gaudu ne lâche plus l'énorme sourire qui barre son visage. "Les deux premières étapes seront à 15 kilomètres de chez mes parents et de chez moi, ça donne envie d'y être. Ce sont des routes que je connais par coeur, reconnaît le grimpeur de la Groupama-FDJ. Mûr-de-Bretagne est notre Alpe d'Huez, avec cette montée toute droite où le public supporte tous les coureurs."

"Les grimpeurs vont être obligés de se dévoiler assez tôt"

Lui ne devrait (pas encore) jouer le général, en revanche il a dans son équipe, un certain Tom Dumoulin qui a dû retrouver le sourire dimanche soir après une saison catastrophique. "Dans la première semaine, on ne peut pas gagner beaucoup mais on peut perdre gros au classement général, juge Wout Van Aert (Jumbo-Visma). Cela sera intéressant et cela risque de provoquer du stress dans le peloton. L'équipe va examiner le parcours et prendra ses décisions." Moins linéaire, peut-être plus incertain, le Tour de France 2021 sera à n'en pas douter surprenant.

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