Thibaut Pinot y a-t-il cru ? Nous oui, un peu. Mais pas beaucoup. Et pas longtemps. Le Franc-Comtois avait décidé de tenter sa chance mercredi lors de la 17e étape, la deuxième des Pyrénées. Dès le pied du col d'Aspin, il est parti en compagnie d'Alexey Lutsenko. Mais dès la troisième difficulté du jour, le col d'Azet Val Louron, tout était fini. Pinot a disparu de la circulation pour finir en roue libre, à plus de 11 minutes du duo Pogacar-Vingegaard, qui évolue dans une dimension à part.
Malheureusement, ce n'était pas le jour pour prendre l'échappée. Pinot et son bref compagnon de route ont vu leur avance maximale culminer autour de la minute quarante-cinq. Pogacar voulait gagner mercredi. Dès lors, le combat était vain et inégal. Mais quand bien même les fuyards auraient bénéficié d'une marge un peu plus conséquente, pas sûr que cela aurait suffi pour permettre au grimpeur de la Groupama - FDJ de viser la victoire à Peyragudes. L'intéressé est même à peu près convaincu du contraire. Question de compétences du moment. Or sur un tel parcours, la faiblesse n'est pas pardonnée.
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"Je suis mauvais, je ne suis pas bon, je n'ai rien pu faire, je suis déçu", a résumé Pinot en se montrant impitoyable avec lui-même. Il revient de très loin, après des mois et des mois de galère et on aimerait lui dire que, finalement, ce qu'il produit dans ce Tour qu'il terminera vraisemblablement dans les vingt premiers, est loin d'être déshonorant.

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Je sens que je n'apporte rien à l'équipe
Il a essayé sur ce Tour, n'est pas passé si loin à Châtel (3e de l'étape), et n'était pas si mal à Mende (4e). Mais quand on a triomphé à l'Alpe d'Huez, au Tourmalet, qu'on a connu le podium à Paris et même rêvé du maillot jaune, ces trois semaines de l'été 2022 s'apparentent à une vaste déception. "Il manque plein de choses, je suis tellement loin de mon niveau. C'est vraiment décevant", concède-t-il.
Une fois que le groupe maillot jaune a embrayé, et que l'espérance de vie de l'échappée s'est réduite si loin de l'arrivée, Pinot a décroché pour prêter main forte à son leader David Gaudu. Mais il ne lui a pas été d'un grand secours. "J'ai essayé de donner un coup de main à David. Il me restait une mini cartouche pour rentrer sur un petit groupe mais c'est tout", regrette-t-il, avant de s'autoflageller à nouveau : "Personnellement, c'est compliqué et je sens que je n'apporte rien à l'équipe, donc pour moi c'est dur."
Au départ de Copenhague, Thibaut Pinot oscillait entre deux rôles. Celui du franc-tireur capable d'aller chercher des étapes de prestige, et celui de "l'ange gardien" pour David Gaudu, selon l'expression utilisée par le manager de l'équipe Groupama - FDJ, Marc Madiot. Mais la réalité a rappelé à quel point les intentions ne pesaient pas lourd quand les jambes ne suivent pas. L'ancien vainqueur du Tour de Lombardie n'avait pas les moyens d'occuper efficacement l'une ou l'autre de ces fonctions. Il lui reste une étape, celle d'Hautacam jeudi, pour tenter de sauver ce qui peut l'être. Mais parce qu'il n'a plus l'âge de croire aux miracles, il y croit modérément.

Thibaut Pinot, dans la roue d'Alexey Lutsenko, en tête de course lors de la 17e étape du Tour de France - 20/07/2022

Crédit: Getty Images

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