Le sort parfois… Tour 2020, au soir de la 12e étape, Romain Bardet est 4e à 30 secondes du maillot jaune. Il abandonne le lendemain après la 13e. Giro 2021, au 12e jour de course, le même Bardet est 4e du général à 14 secondes du paletot rose. Il abandonne le lendemain, pendant la 13e étape. Ces deux fois, l'Auvergnat visait un bon, voire un très bon classement général. Ce ne sera pas le cas sur cette Grande Boucle 2022 qui part de Copenhague où le Tour est accueilli comme il se doit. Pour ses retrouvailles avec la plus grande course du monde, Bardet veut s'amuser "sans penser au lendemain".
Passé professionnel en 2012 chez Ag2r, Romain Bardet n'avait pas participé au Tour cette année-là. Ce n'était que partie remise pour 2013 qui devait être le début d'une série de huit participations consécutives. Souvent le meilleur Français au général (de 2015 à 2018 avec deux podiums au passage), il était habité par le Tour de France, sans pouvoir s'en défaire. Il a fallu s'exiler à l'étranger, chez DSM, pour voir autrement et autre chose. Ce fut le Tour d'Italie en 2021 et 2022 avant donc le retour pour la grande messe de juillet.
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J'avais besoin de cette année de recul pour apprécier encore plus la grandeur du Tour
"C'est vrai que ça m'avait manqué l'an dernier pour être honnête. Je suis très content", sourit celui qui a, comme les autres, "vécu une belle présentation" des équipes mercredi soir dans les somptueux jardins de Tivoli. "Ce qui m'a manqué ? On se rend bien compte que c'est l'événement majeur de l'année", poursuit encore un Bardet qui dit se concentrer sur les étapes. Si au Giro, sa forme lui permettait de rêver très grand, il n'en est pas là en ce tout début d'été. La faute à ce virus qui l'a touché au Giro et à six semaines sans compétition depuis.

Le moment où Bardet a vu ses rêves s'envoler

Pour saisir notre attachement à certaines choses, les perdre ressemble parfois à la recette idéale. Loin du Tour, devant sa télévision, Bardet a compris à quel point il aimait cette course, son parcours, son ambiance, sa spécificité : "Je pense que j'avais besoin de cette année de recul pour en apprécier encore plus la grandeur. Ça m'a fait du bien, j'ai pu me recentrer sur d'autres choses et je peux aborder cette nouvelle participation avec encore plus d'envie et surtout avec des yeux d'enfant."

Une première en France avec DSM

Ce Tour sera pour lui un événement. En dix-huit mois chez DSM, il a beaucoup couru en Italie, un peu en Espagne, aux Emirats, en Belgique mais jamais dans l'Hexagone. La preuve qu'il désirait profondément voir autre chose. "C'est vraiment d'être très agréable d'être là. Ce sera ma première course en France avec l'équipe, c'est bon que ça arrive enfin. Ici nous ne mettons pas le Tour au centre de ma saison donc je le prends un peu comme un bonus. J'espère en profiter le plus possible."
Pour en profiter, Romain Bardet a la recette. Comme sur le Tour d'Italie, il travaillera aussi pour les autres, "les sprinteurs, les coureurs de classiques", avant de penser à lui. Son tour viendra en montagne. Peut-être à l'Alpe d'Huez où il adore l'ambiance mais plus sûrement au Granon, un col qu'il dit préférer à la montée aux 21 lacets, question de difficulté sans doute. Un succès d'étape, voilà ce qui semble motiver le leader de la DSM. A moins que la première semaine se passe sans encombre et qu'il se trouve dans le jeu pour le général. Alors, peut-être, les anciennes habitudes reviendront bien vite.
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