Un duo de dauphins peut-il faire chuter le roi ? Tel est l'enjeu pour la formation Jumbo-Visma. Face à un Tadej Pogacar désormais bien installé dans le rôle du patron du Tour et de l'archi-favori de cette édition 2022, la formation néerlandaise s'avance avec deux authentiques leaders : Primoz Roglic, deuxième en 2020 d'un Tour qu'il aurait pu et même dû gagner, et Jonas Vingegaard, deuxième l'année passée à distance respectable d'un Pogacar qu'il fut le seul à titiller, à défaut de réellement le menacer. Après avoir échoué chacun leur tour, les deux compères peuvent-ils réussir ensemble ?
Mercredi, lors de leur conférence de presse à quarante-huit heures du départ, on notera d'ailleurs que les Jumbo ont essentiellement parlé à la troisième personne. Pas à la première. "On peut battre Pogacar", ont entonné en chœur Roglic, Vingegaard et le directeur sportif Grischa Niermann. Cela pourrait n'être que de la sémantique sur la forme, mais cette façon de faire et de dire témoigne surtout du problème de fond auquel font face les Jumbo : si Pogacar évolue au même niveau que l'an passé, un très bon Roglic ou un Vingegaard au top ne seront probablement pas suffisants.

Primoz Roglic et Jonas Vingegaard

Crédit: Getty Images

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On peut se rendre mutuellement plus fort
"Pogacar est le grand favori, bien sûr", a admis sans mal Niermann, convaincu que le salut sera collectif ou ne sera pas. "Le scénario idéal, ce serait que nous soyons suffisamment forts pour lâcher Pogacar dans chaque montée, mais tout le monde sera d'accord pour dire que c'est assez peu probable, ironise le manager néerlandais. Mais nous sommes confiants, nous pouvons rivaliser avec lui. Pour le battre, il faudra que chacun soit absolument à son top, top niveau, que l'équipe soit forte et nous aurons besoin d'une stratégie impliquant plusieurs leaders."

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"On peut se rendre mutuellement plus fort, assure 'Rogla' à l'évocation de cette hydre à deux têtes. Individuellement, nous avons des qualités, mais si nous parvenons à mettre en commun nos forces, je crois que nous pouvons le (Pogacar) battre. Jonas est très fort et quand vous avez de telles individualités, toute l'équipe est meilleure." "Le passé a montré qu'il était préférable d'avoir deux leaders pour gagner le Tour", acquiesce Wout van Aert, la troisième star du collectif jaune et noir.
L'histoire n'a pas toujours dit ça. Tout dépend de l'entente, de l'alchimie entre les différentes composantes de ce collectif. Van Aert aura raison, à condition que la Jumbo-Visma prenne les choses par le bon bout. Plus en mode Sky 2018 et 2019 avec Geraint Thomas et Chris Froome puis Egan Bernal et Thomas, qu'à la sauce T-Mobile au début des années 2000 où l'addition d'un Ullrich, d'un Klöden ou d'un Vinokourov n'avait pas donné de résultats suffisamment probants pour s'imposer à Paris.

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Le point après la première semaine ?

Le deal de départ est en tout cas limpide : Roglic et Vingegaard partent avec un statut identique et, promis, il ne s'agit pas là de déclarations de circonstance parce que le Tour s'élance du Danemark, chez Vingegaard. "Le premier chrono vendredi donnera peut-être quelques indications, mais nous verrons surtout si nous sortons indemnes de la première semaine, poursuit Grischa Niermann. Elle peut changer beaucoup de choses. Mais ils sont tous les deux en excellente forme, on a vu lors du Dauphiné qu'ils étaient forts tous les deux et ce sera à nouveau indispensable sur le Tour."
La priorité sera effectivement d'éviter un scénario semblable à celui de l'an passé, quand la chute précoce puis l'abandon de Primoz Roglic avaient laissé Vingegaard bien seul. Mais dans l'optique de cette édition 2022, ce fut peut-être un mal pour un bien en permettant une accélération de la croissance du jeune Danois.
"Bien sûr, j'ai plus de pression cette année, convient Vingegaard. Je suis l'un des leaders de la plus grande course au monde, à domicile pour les trois premières étapes. Mais cela ne m'affecte pas. Mais je suis aussi plus prêt pour ces responsabilités. Et, évidemment, cela fait une grande différence d'être deux leaders au lieu d'un." L'harmonie annoncée sera un préalable indispensable. Face à ce Pogacar-là, rien ne dit qu'elle sera suffisante. Mais la Jumbo doit déjà s'occuper de ce qu'elle peut maîtriser.

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