Wout van Aert s’est trouvé un nouvel adversaire de taille. Opposé à Mathieu van der Poel depuis des années, des sous-bois aux Classiques en passant par le Tour, WVA est en confrontation plus ou moins directe avec Tadej Pogacar, depuis le début de cette Grande Boucle. Les deux hommes n’ont pas la même ambition : l’un rêve en vert, l’autre en jaune, et tous deux conjuguent cela en une réalité après huit étapes. Mais ils ont un point commun, outre leur talent : leur capacité à l’exprimer sur de nombreux terrains.
Samedi à Lausanne, ils ont encore trusté deux places sur le podium. Van Aert a gagné cette 8e étape, Pogacar voyant Michael Matthews s’intercaler entre eux, après avoir décroché la victoire lors des deux journées précédentes. La Côte du Stade Olympique n’a pas suffi à essorer la grande carcasse du Belge. "J’ai parfois été à la limite, sur les parties raides, avec beaucoup de gars du général, Tadej Pogacar et mon coéquipier Jonas Vingegaard notamment, mais je savais que les 300 derniers mètres étaient plus plats", a analysé le lauréat du jour.
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"S’il avait été à 100%, il aurait été là"

Relancé sur le plateau de France Télévisions concernant "l’absence" d’un Van der Poel fantomatique en cette entame de Tour, Van Aert a joué la carte du regret, pas celle du taquet. "C’est clair pour tout le monde qu’il n’est pas à son niveau. S’il avait été à 100%, il aurait été là, sur une telle arrivée", a considéré le leader du classement par points, au sujet du Néerlandais, omniprésent lors du Giro cette année et qui semble rincé depuis un chrono inaugural correct à Copenhague.
Les causes de la méforme de Van der Poel, qui a un temps pensé à l’abandon lors de ce 109e Tour de France, ne sont pas limpides. Mais entre un hiver pourri par des pépins physiques, un retour à la compétition anticipé - et tonitruant - lors de Milan-Sanremo (3e), une campagne flandrienne à la hauteur de son standing (Tour des Flandres dans la poche, 9e place à Roubaix) et un premier Grand Tour achevé de manière échevelée : la surprise est à relativiser.

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Van der Poel monte (légèrement) en puissance

Depuis deux jours, Mathieu van der Poel paraît moins en retrait qu’il ne l’était au départ de la 6e étape, lâché par un peloton agité par une intense lutte pour former l’échappée. Vendredi, lors de l’ascension de la Planche des Belles Filles, nombre de coureurs se sont écartés avant lui. Puis samedi, en Suisse, son travail pour Jasper Philipsen n’a pas payé, le sprinter d’Alpecin-Deceuninck se faisant décrocher, mais il a été remarqué.
Wout van Aert va peut-être bien retrouver son meilleur ennemi, dans les quelques étapes de moyenne montagne qu’il reste à disputer dans cette 109e édition (1er-24 juillet), voire sur les Champs-Elysées. En pleine possession de leurs moyens, les deux compères peuvent se toiser quasiment partout. En attendant, l’homme à tout faire de la Jumbo-Visma a trouvé mieux qu’un remplaçant, comme il le rappelle en riant : "C’est plus prestigieux quand je peux battre Mathieumais je peux seulement battre les gars qui sont là… et battre Tadej Pogacar, ce n’est pas facile non plus."

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