C’est un programme copieux et tant mieux. Tadej Pogacar est resté sur sa faim, en 2022. Il a dû se contenter de la 2e place du Tour de France - derrière Jonas Vingegaard -, après deux festins de rang, d’où une présentation de l’édition 2023 qu’il a regardée avec appétit. "Le parcours me plaît bien. La première semaine est très difficile. La troisième est très, très difficile. Ça va être fun à mon avis", s’est réjoui le Slovène de 24 ans, ce jeudi, au Palais des Congrès.
Il pointe "plus de montagne et moins de jours stressants". La répartition des difficultés sur l’ensemble de l’épreuve lui convient, avec une première étape durant laquelle son punch pourrait parler, et une incursion dans les Pyrénées dès le cinquième jour de course : "Je pense que c’est bien d’avoir des étapes difficiles rapidement, cela rend le Tour d’autant plus intéressant." Surtout quand les coureurs exploitent le terrain mis à leur disposition, sans peur du lendemain.
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Du sur-mesure pour Gaudu

Tadej Pogacar est de cette trempe. A moins que son expérience "ratée" de cette année ne l’incite à plus de prudence… "On verra, en fonction des autres équipes et de la forme", botte-t-il en touche. Qu’il soit sur la défensive ou en mode attaque, il voit se dresser un Tour de France (1-23 juillet 2023) taillé pour lui. Mais "Pogi" est si polyvalent qu’il peut difficilement faire la grimace devant le parcours d’une course de trois semaines.
Pour David Gaudu, lui aussi présent à Paris, c’est une autre affaire : moins l'exercice solitaire est mis en avant, mieux c'est. "C’est un tracé pour grimpeur, pour pur grimpeur presque, estime-t-il, avec un sourire radieux. Il y a un contre-la-montre de 22 kilomètres en bosse. Cela change des dernières années." Le leader de la Groupama-FDJ n’a pas encore acté son programme, pour 2023. Mais ce 110e Tour lui fait de l’œil : "C’est peut-être le Tour de France qui me convient le plus des dernières années."

Gaudu : "De ces dernières années, c'est le Tour de France qui me convient le mieux"

La 13e étape, qui s’achèvera le 14 juillet au Grand Colombier, est celle qu’il a cochée. La 17e, avec le terrible Col de la Loze, celle qu’il considère comme "reine" : "Cela fait peur, je crois que même à l’entraînement, je n’ai jamais fait un truc aussi dur. On s’est regardé avec Valentin [Madouas] et on s’est dit 'ils sont sérieux ?'." L’optique d’un tel chantier n’est pas de nature à le décourager. Pas autant qu’un long contre-la-montre aurait pu le faire en tout cas.

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Prudhomme - Evenepoel : la malicieuse suggestion

C’est justement d’un tel atout qu’un Grand Tour peut disposer, pour séduire Remco Evenepoel. Christian Prudhomme, directeur de la plus prestigieuse course du monde, rappelle que ce n’est pas son rôle. "On ne fait pas un parcours pour un coureur. On peut faire des parcours pour des types de coureurs - ça je l’ai dit, je l’assume et je le revendique – notamment pour les puncheurs", nuance-t-il à notre micro.
Prudhomme ajoute, dans un langage familier et avec un regard amusé : "De toute façon, le parcours du Tour était fait avant la Vuelta [remportée par le prodige belge, NDLR]. Remco Evenepoel est évidemment ô combien le bienvenu sur les routes du Tour de France, dès qu’il le voudra. C’est un pur talent, il est certes très bon en contre-la-montre… mais dans les dix premiers jours du Tour, il a de quoi foutre un sacré bazar." Reste à savoir si cette Grand Boucle le fait autant saliver que Pogacar, avec qui il se dispute virtuellement le surnom de nouveau Cannibale.

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