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Thibaut Pinot remporte le Tour de Lombardie en solitaire devant Vincenzo Nibali

Pinot, légende d'automne

Le 13/10/2018 à 16:29Mis à jour Le 13/10/2018 à 19:44

TOUR DE LOMBARDIE - Un final en apothéose pour Thibault Pinot (Groupama-FDJ) ! Le Français a remporté samedi en solitaire le Tour de Lombardie, dernier Monument de la saison. Pinot s'est imposé devant Vincenzo Nibali (Bahrain-Merida), double vainqueur en 2015 et 2017, et signe le premier succès français sur la "Classique des feuilles mortes" depuis Laurent Jalabert en 1997.

Historique Thibaut Pinot ! Au terme d'une course qui va entrer dans la légende du cyclisme français, le Franc-Comtois a remporté le Tour de Lombardie ce samedi. Le grimpeur de Groupama-FDJ a levé les bras en solitaire à Côme pour décrocher son premier Monument, 21 ans après le succès de Laurent Jalabert, dernier français victorieux sur la classique italienne. Une victoire magnifique, sans doute la plus belle de sa carrière, avec 32 secondes d'avance sur Vincenzo Nibali, l'habituel maître des lieux. Dylan Teuns (BMC) a pris la troisième place en réglant un groupe de poursuivants, à 43''.

Clou final de la saison cycliste, ce Tour de Lombardie s'est révélée une course somptueuse, vraiment. Et pas seulement parce qu'un Français a remporté un monument cycliste, deux ans et demi après Arnaud Démare à Milan-San Remo. Car le scénario s'est éloigné d'un certain classicisme pour prendre un détour savoureux, génial, à près de 50 kilomètres de l'arrivée, dans le mythique Mur de Sormano.

Sormano, un formidable détonateur

Alors qu'une échappée de huit coureurs, anodine, venait de se faire reprendre, Primoz Roglic (Lotto-NL Jumbo) a mis le feu en lançant une offensive dès le pied de cette monstruosité de 1,9km à 16% de moyenne. Sentant le danger, Nibali n'a pas tardé à réagir, sortant du peloton avec un homme, Pinot. Le duo a vite repris puis déposé Roglic, Pinot passant en tête de l'ascension.

Dans la descente, le duo a insisté voyant le retard du groupe des poursuivants (30''), où figurait une vingtaine d'hommes dont un Alejandro Valverde emprunté et isolé, deux semaines après son couronnement mondial à Innsbruck. Virtuose de la trajectoire, Roglic est parvenu à revenir sur le duo de tête dans la descente de Sormano, imité un peu plus tard par Egan Bernal (Sky), revenu à un très bon niveau deux mois après son effroyable chute sur la Clasica San Sebastian.

Cette fois, Pinot a eu le dernier mot face à Nibali

Le quatuor s'est bien entendu dans la plaine. Et au pied du Civiglio, à 18 kilomètres de l'arrivée, leur avance (40'') était trop importante pour que la victoire leur échappe. Roglic et Bernal ont alors vite montré leurs limites dans ce dernier col de la journée (4,2km à 9,7%). laissant seuls Pinot et Nibali. Les deux hommes se sont livrés un formidable mano a mano. Une nouvelle fois. Mais alors qu'on craignant un remake de l'an dernier – les deux hommes avaient basculé ensemble dans la descente, où Nibali s'était envolé vers la victoire – le dernier mot est finalement revenu à Pinot. L'Italien, revenu à un excellent niveau après une Vuelta et des Mondiaux tapis dans l'ombre, a subitement craqué après une énième pique du Franc-Comtois.

Thibaut Pinot (Groupama-FDJ) devant Vincenzo Nibali (Bahrain-Merida) dans le final du Tour de Lombardie 2018

Thibaut Pinot (Groupama-FDJ) devant Vincenzo Nibali (Bahrain-Merida) dans le final du Tour de Lombardie 2018Getty Images

Pinot ne s'est pas fait prier pour accélérer un peu plus. Et au bout de quelques hectomètres, au sommet du Civiglio, l'écart était déjà de 20''. Nibali, sans doute pris par la fringale, n'a jamais pu revenir. Et sa deuxième place tient même du miracle. Le leader de Bahrain-Merida a été repris par un groupe de poursuivants à trois kilomètres de l'arrivée… avant de ressortir quelques mètres plus loin en profitant d'un moment de flottement.

Devant, Pinot savourait déjà son triomphe, trois jours après son premier succès sur une course d'un jour, sur Milan-Turin. Le voilà vainqueur d'un Monument, à 28 ans. Une formidable manière de conclure une saison paradoxale, entre son abandon tragique au Giro, sa résurrection à la Vuelta, et la frustration du Mondial.

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