Il ne fait pas bon d’être un coureur de la Deceuninck-Quick Step en ce moment. Une semaine après l’énorme chute de Fabio Jakobsen à l'occasion du Tour de Pologne, qui a valu au Néerlandais de longues heures d’opérations et de coma artificiel, la formation belge a bien cru revivre pareil drame sur le Tour de Lombardie. Et, cette fois, c’est Remco Evenepoel qui est allé au sol. Une chute au moins aussi effrayante que celle de son coéquipier. Passé en tête de course au sommet du Muro di Sormano en compagnie de six autres coureurs, le prodige belge a ensuite souffert dans la descente, face à l’allure imposée par Vincenzo Nibali. Et il a fini par partir à la faute au pire moment.

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"Je savais juste qu’il était en dernière position, dans les roues, raconte le Néo-Zélandais de la Jumbo-Visma George Bennett. On était tous concentré sur cette descente, que l’on sait technique... C’était vraiment l’un des endroits les plus effrayants pour chuter. Il a tenté de prendre le virage avec de la vitesse, mais il a été un peu large et c’est vraiment un virage piégeux avec ce petit mur vicieux.” Trop large, le champion d’Europe du chrono a basculé par-dessus son vélo pour tomber dans le ravin, non sans avoir percuté le pont de la tête. Des images glaçantes, qui ont un temps laissé craindre le pire.

Ça aurait pu être bien pire

Le pire, Davide Bramati, le directeur sportif de la Deceuninck, l’a forcément craint en arrivant sur place, même sans avoir assisté à la chute. “Nous n'avons pas vu la chute, nous avons seulement entendu RadioTour annoncé qu’un coureur était tombé, racontait-il après la course, les yeux perlés de larmes d’une émotion bien compréhensible. Quand nous avons vu le DATA de Remco s’arrêter, nous avons compris que c’était lui. Et quand nous sommes arrivés sur place, nous n’avons vu que le vélo...” Un vélo qui semblait presque avoir été posé là volontairement, tant il était calé “naturellement” contre le parapet du pont. Evidemment, la peur s’est tout de suite emparée du directeur sportif du Transalpin, déjà marquée par la chute violente de Fabio Jakobsen sur le Tour de Pologne.

Remco Evenepoel pris en charge par les médecins de course après sa chute

Crédit: Getty Images

Ça aurait pu être pire, bien pire..., poursuit-il. Je n’ai pas vu ce qu’il s’est passé exactement mais, quand on est arrivé, on voyait son vélo mais on ne le voyait pas lui. Après ce qu’il s’est passé la semaine passée, voir un vélo sans son coureur, sans savoir où il était, n’était pas un bon moment du tout... Nous sommes descendus de suite et, heureusement, il parlait, il allait assez bien, même s’il se plaignait d’une douleur sur le côté droit”. Une douleur logique puisque le Belge souffre finalement d’une fracture du pelvis et d’une contusion au poumon. Un moindre mal, un petit miracle même, vu sa chute de plusieurs mètres en contrebas.

Manque de sécurité ou fait de course ?

Sa chute a forcément rappelé à tous les chutes de Jan Bakelants et Laurens De Plus dans cette même descente en 2017, des chutes extrêmement impressionnantes et qui avaient conduit le Belge d’AG2R La Mondiale à de longs mois d’inactivité. Absent de cette édition 2020 mais vainqueur en 2014, Dan Martin est un grand habitué de l’épreuve, qu’il avait remportée en 2014. Et l’Irlandais d’Israel Start-up Nation ne s’est pas privé de rappeler que ce n’était pas la première fois que cette descente de Sormano posait problème au niveau de la sécurité.

Un souci qui ne semble pas existé toutefois pour George Bennett : “J’ai vraiment été content d’apprendre qu’il allait bien, expliquait-il. Mais ça fait partie de la course”. Alors, manque de sécurité des coureurs dans la descente ou fait de course malheureux ? Le débat éternel du cyclisme est relancé mais finalement, ça ne change pas grand-chose. Remco Evenepoel va “bien” et c’est bien le principal.

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