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Tour des Flandres: Fabian Cancellara (RadioShack) impose sa loi sur le Ronde

Cancellara, la démonstration
Par Eurosport

Le 31/03/2013 à 16:14Mis à jour Le 31/03/2013 à 21:53

Intouchable dans la partie finale de la course, Fabian Cancellara a fait parler toute sa puissance pour remporter en solitaire son deuxième Tour des Flandres. Peter Sagan a pris la deuxième place devant Jurgen Roelandts.

Le Tour des Flandres peut se montrer cruel. Il sait aussi s'offrir à ses souverains. Il y a un an, Fabian Cancellara, grandissime favori, avait vu sa course (et son printemps) ruinée par une chute. Cette fois, rien ni personne n'a pu contrarier l'ambition et, il faut bien le dire, l'indéniable supériorité du Suisse. Rien, car la poisse a décidé de le laisser tranquille en ce centenaire du Ronde. Personne, parce que même Peter Sagan était trop juste pour résister à la machine de Berne. Comme toujours quand il s'impose, Cancellara a donc triomphé en solitaire, s'offrant, trois ans après, sa deuxième couronne sur le Ronde, à 32 ans. Deux Tours des Flandres après deux Paris-Roubaix, avec un Milan-Sanremo en prime, ça fait donc cinq Monuments pour Spartacus, qui s'installe un peu plus haut dans le gotha.

Sa victoire, Cancellara l'a construite en deux temps. Deux accélérations. Pas une de plus. Il y a deux ans, entre faute tactique et pêché d'orgueil, il avait commis l'erreur de se dévoiler de façon extrêmement précoce. Cette fois, il a attendu au maximum, ne se dévoilant que dans les vingt derniers kilomètres. Un peloton d'une quarantaine de coureurs pouvait alors encore prétendre à la succession de Tom Boonen. Un coup de rein de Cancellara plus tard, ils n'étaient plus que deux. Quand le Suisse a déployé toute sa puissance dans le Vieux-Quaremont, seul Peter Sagan a pu suivre son rythme infernal. Et encore, difficilement.

Sagan encore deuxième

Les deux hommes sont revenus sur la grappe d'échappés encore devant. Sébastien Turgot (Europcar), deuxième de Paris-Roubaix l'an passé, s'est fait avaler, comme les autres. Le plus fort et le plus frais d'entre eux, Jurgen Roelandts, a réussi à résister tant bien que mal. Sa vaillance lui assurera un peu plus tard une place sur le podium. Le Belge de l'équipe Lotto-Belisol gardera en effet jusqu'au bout le contact avec Peter Sagan, lequel le règlera logiquement au sprint pour la place de dauphin. Le trône, lui, était réservé à Cancellara. Dans le Paterberg, dernière difficulté du nouveau parcours depuis la suppression du Mur de Grammont et du Bosberg l'an dernier, Spartacus a sorti la deuxième lame qui coupe le poil. Et les jambes. Sagan n'a rien pu faire.

Le schéma de la course, limpide, venait de s'imposer à tous. Pour de bon. Même le vent de face dans certaines portions du final n'y a rien changé. La différence faite par Cancellara était trop importante pour laisser un espoir aux autres. Le quadruple champion du monde du contre-la-montre qu'il est se régale dans ce genre de circonstances. Sa surpuissance contraint Peter Sagan à se contenter encore de la deuxième place. Comme à Sanremo voilà deux semaines. Mais il n'a rien à regretter. Son poing serré sur la ligne d'arrivée témoigne d'ailleurs de son état d'esprit du jour, où la satisfaction l'emporte sur la frustration. Cancellara était sans doute imbattable, en tout cas dans ce scenario où personne n'a voulu prendre le risque d'attaquer de loin.

Il n'y a probablement qu'un coup de malchance qui aurait pu priver le Suisse de la victoire dimanche. Mais celle-ci avait décidé de s'abattre sur d'autres, à commencer par Tom Boonen. Le tenant du titre a été mis hors course après une demi-heure de course, sur chute. Il s'en tire sans fracture. Mais vu sa forme du moment, difficile d'imaginer qu'il aurait pu dompter ce Cancellara-ci. Idem pour son coéquipier Sylvain Chavanel. Boonen au tapis, le Français devenait naturellement la première option de la formation Omega Pharma-Quick Step. Il a choisi de rester au chaud mais quand Cancellara a déclenché les hostilités, il n'a pu répondre. Il termine dans le groupe des battus, à la 12e place, sept rangs derrière Mathieu Ladagnous (FDJ), épatant 5e. Mais les Français, comme les autres, ont disputé leur Tour des Flandres, pendant que Fabian Cancellara survolait le sien.

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