Marc Hirschi est de retour sur les routes. Plus vite, plus haut, plus fort ? Après une reprise discrète sur le Tour de Catalogne, le Suisse n’est pas encore l'objet de toutes les attentions comme lorsque son punch emportait tout sur son passage en septembre dernier, mais ça ne devrait pas tarder.
En ce mois d’avril, le jeune champion attaque le cœur de sa campagne printanière, avec le Tour du Pays basque la semaine prochaine, puis l’Amstel et les classiques ardennaises. Le Bernois pourra ensuite découvrir les joies du Tour de Romandie avant de se tourner vers ses objectifs de la deuxième partie de saison : le Tour de France et, surtout, les Jeux Olympiques de Tokyo.
Autant dire que Hirschi devrait régulièrement faire parler de lui par ses performances explosives. Avant même de retrouver le devant de la scène sportive, le puncheur suisse n’avait pas vraiment disparu des débats. Tube du début d’automne, Hirschi a mis fin cet hiver à sa ritournelle avec l’équipe DSM de façon inattendue. Le 5 janvier, après avoir participé en tant que tête d’affiche à la présentation de la formation germano-néerlandaise, il prenait ses affaires vers de nouveaux horizons, sans explications.
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Marc Hirschi

Crédit: Getty Images

Quatre jours plus tard, il rejoignait officiellement la nouvelle superpuissance UAE Team Emirates, toujours sans véritables explications. Selon les fuites dans la presse néerlandaise, l’équipe DSM est à l’initiative de ce départ, en raison d’une relation de confiance rompue avec ses dirigeants. L’ex-Sunweb est réputée pour le suivi très détaillé de ses coureurs (certaines stars ont déjà avancé ce motif pour expliquer leur départ, à l’instar de Tom Dumoulin ou Michael Matthews très récemment), un suivi qu’elle considère essentiel pour assurer la probité de ses coureurs et la sécurité de ses sponsors.

Un transfert fracassant mais confidentiel

Hirschi ne s’est pas engagé sur ce terrain. Un coup, il ne pouvait rien dire, en raison d’un accord de confidentialité avec son ancien employeur. Ensuite, il expliquait chercher un nouveau défi, à 22 ans et avec deux victoires accrochées à son très jeune palmarès. Avant le Tour de Catalogne, il décrivait dans le journal suisse Blick sa volonté de "changer de décor" en rejoignant une équipe jeune et performante au sommet du cyclisme mondial, "extrêmement avancée sur la science et la nutrition", qui lui permettra de "progresser plus".
Le jeune champion en profite pour faire exploser ses revenus (moins de 100 000 euros par an chez Sunweb, le million chez ses nouveaux parrains) avec le soutien de son conseiller Fabian Cancellara, proche des dirigeants d’UAE Team Emirates. Hirschi ne souhaite pas non plus commenter le pedigree de ses nouveaux employeurs, notamment son compatriote suisse Mauro Gianetti (impliqué dans différentes affaires de dopage en tant que coureur puis dirigeant d’équipe).
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Le flamboyant Suisse préfère nous faire fantasmer sur son association explosive avec Tadej Pogačar et la bande de prodiges élevés par Matxin Fernandez dans les rangs émiratis. Avec Hirschi et le Slovène, la génération 1998 est représentée par Brandon McNulty, Mikkel Bjerg… et bientôt Joao Almeida (Deceuninck-Quick-Step) ? Patrick Lefevere se prépare déjà à perdre son Portugais à la fin de l’année et Radio Peloton l’imagine facilement rejoindre “Matxin”, séduit par le talent d’Almeida depuis plusieurs saisons.

Pogi-Hirschi, association fatale ?

Il faudra faire cohabiter ce beau monde, mais plus on est de puncheurs, plus on a de chance de renverser les épouvantails des classiques, selon Hirschi. "C’est bien d’avoir plusieurs options", expliquait-il lors d’un échange en ligne avec la presse organisé par sa nouvelle équipe. "Il est presque impossible de battre des hommes comme Van Aert et Van der Poel au sprint. Avec Tadej, nous pouvons jouer plusieurs scénarios."
Avec Pogačar, Hirschi est même convaincu que Liège-Bastogne-Liège leur serait revenu dès l’automne dernier. Principales victimes du sprint irrégulier de Julian Alaphilippe, les deux jeunes champions avaient pris les deuxième et troisième places derrière Primoz Roglič (Jumbo Visma), passé sur la droite de la route.
Vainqueur intraitable de l’UAE Tour et de Tirreno-Adriatico, Pogačar a confirmé sur ce début de saison qu’il était prêt à imposer son talent avec une régularité écrasante. Quant à Hirschi, il semblait naturel de le voir remporter la Flèche wallonne, dès son premier essai sur le Mur de Huy, pendant que Julian Alaphilippe savourait l’arc-en-ciel décroché à Imola.

Hirschi avait de la marge : sa victoire en vidéo

En Italie, Hirschi s’était montré un petit peu court pour suivre l’explosion du Français, mais il est reparti avec le bronze, seulement devancé par Wout Van Aert dans le sprint pour la deuxième place. Ce n’est que partie remise pour le poulain de Cancellara, quadruple champion du monde du contre-la-montre mais qui n’est jamais monté sur le podium de la course en ligne.
La star suisse avait notamment pris la 5e place lors de l’édition 2009, disputée en Suisse. Après l’annulation des Mondiaux à Aigle en 2020, Hirschi a rendez-vous à Zurich en 2024. D’ici là, il compte bien poursuivre sa trajectoire fulgurante sous ses nouvelles couleurs.
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