Les prévisions sont tombées à l'eau. Malgré les annonces de nombreux observateurs, les Colombiens ont échoué à décrocher la Flèche wallonne mercredi. Ce n'est pas passé loin, Sergio Henao (2e) et Carlos Betancur (3e) ont brillé sur le Mur de Huy, mais il faudra encore attendre un peu pour concrétiser le retour au premier plan des "Escarabajos" par une victoire sur une grande classique. Ce qui, à en croire le vainqueur du jour, l'Espagnol Dani Moreno, ne devrait pas tarder : "Henao était un favori, Betancur était très fort sur le Tour du Pays basque et on pouvait aussi attendre Uran, Quintana… Il va falloir faire très attention aux Colombiens, ils nous entourent." Et ils talonnent l'Espagne au classement UCI par nations à la faveur d'un excellent début de printemps.
"Notre cyclisme va très bien et il va continuer à progresser", confiait Carlos Betancur au départ de Binche, mercredi, avant même que lui et Henao deviennent les premiers Colombiens à se hisser sur le podium de la Flèche. "Nous avons un avantage, nous nous entraînons en altitude", justifiait-il à l'arrivée. Les Colombiens maîtres des cimes, l'image ne date pas d'hier. Mais après les exploits de Lucho Herrera (meilleur grimpeur sur les trois Grands Tours) et Fabio Parra (2 étapes sur le Tour de France) dans les années 1980, le soufflé est retombé. Santiago Botero est bien devenu champion du monde du contre-la-montre en 2002, mais le rouleur de la Telekom semblait bien seul. Et il a fallu attendre le tournant des années 2010 pour retrouver de grandes envolées des Escarabajos.
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"Le cyclisme colombien a un problème, il est loin du haut niveau, explique Claudio Corti, grand ordonnateur de l'équipe Colombia-Coldeportes. Pour progresser, il faut se frotter à l'élite du cyclisme mondial et c'est en Europe, pas en Amérique du Sud." Rigoberto Uran a ouvert la brèche à la nouvelle génération colombienne en rejoignant les Italiens de Tenax à seulement 19 ans, avant de continuer ses gammes dans la structure franco-espagnole Caisse d'Epargne. Il évolue aujourd'hui avec les britanniques du Team Sky, qui domine le cyclisme mondial, et n'est pas passé loin d'offrir à son pays un titre olympique lors de l'épreuve en ligne, à Londres (2e derrière Alexandre Vinokourov). Trois mois plus tôt, sur le Giro, il finissait 7e du général et meilleur jeune.

Rigoberto Uran Giro 2012

Crédit: dpa

Les autres jeunes Colombiens n'ont pas eu les mêmes opportunités. Mais un important investissement gouvernemental leur a offert les structures nécessaires à leur progression. Née en 2006, l'équipe "Colombia es Pasion" est un réservoir de talents dédié à la préparation des grands rendez-vous internationaux pour les jeunes coureurs. Nairo Quintana (vainqueur du Tour de l'Avenir 2010), Esteban Chaves (idem en 2011) et Fabio Duarte (champion du monde espoirs 2008) y sont tous passés. Le premier vient de remporter le Tour du Pays basque et tout le monde lui prédit un avenir en jaune. Le deuxième, perturbé en ce début de saison par une fracture de la clavicule, a signé de premiers succès convaincants la saison passée. Et le dernier attend avec impatience le Giro, qu'il disputera sous les couleurs de Colombia-Coldeportes, première équipe colombienne à participer à l'épreuve depuis 1992.
Les coureurs colombiens ont gagné le surnom d'escarabajos (scarabées) par leurs grandes envolées en montagne. Né sur la Vuelta a Colombia, dans les années 1950, le qualificatif a traversé l'Atlantique direction l'Europe en même temps que Lucho Herrera et Fabio Parra dont les exploits sont toujours une référence, 25 ans plus tard.
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