Depuis le début de l"année 2005, Daewoo est devenu Chevrolet en France. La gamme, l"appellation des modèles et leur origine, ou bien le réseau de distribution ne changent en rien.
















Automoto
Les caisses de D. Cissé
21/04/2008 À 09:40
La présence de la marque Chevrolet au Mondial de Paris à l'automne dernier (2004) sur un stand commun avec celui de Daewoo a permis de sonder l'opinion. L'étude d'impact à propos du passage des produits Daewoo sous le badge Chevrolet était jugée comme une évolution positive par 61 % des sondés. Un tout petit peu moins chez les possesseurs de Daewoo (53 %). Autre comparaison, l'intérêt pour Chevrolet au Mondial atteignait 67%, tandis que celui pour Daewoo ne dépassait pas 33%. Il est vrai que le premier présentait sous nom une ébauche sportive de la future Matiz et un projet de SUV S3X pas mal balancé, Daewoo se contentant de présenter comme nouveauté la version break de la Nubira.
Pourquoi ce remue-ménage
Un changement périlleux dans la mesure où la notoriété spontanée de Chevrolet était faible avant que ne commence la campagne de pub télé « un vrai + » début janvier, environ 3% (liée avant tout à l'image de la Corvette et des gros 4x4 importés en France au compte-goutte). Celle de Daewoo atteignait un score dix fois plus élevé il y a quelques années. Ce changement de nom déjà amorcé l'an dernier dans certains pays de l'Est concernera tous les pays où Daewoo est présent, à l'exception de son marché intérieur et le Vietnam.
















L'abandon de l'appellation Daewoo se justifie pour plusieurs raisons. D'abord parce que GM est l'actionnaire principal du constructeur coréen depuis 2002 avec plus de 42 % des parts, ensuite parce que la licence du nom Daewoo n'est pas la propriété de GM, et enfin pour la bonne raison que Chevrolet est déjà la marque mondiale du groupe « offer more than juste price », autrement dit une marque d'accès jouant avant tout sur le prix, voire sur le rapport qualité/prix comme Daewoo, plus accessible qu'Opel et naturellement que les marques « Premium » comme Saab et Cadillac.
Le principal souci avec cette nouvelle donne vient des 4x4 TrailBlazer et Tahoe qui restent badgés Chevrolet, bien qu'ils soient distribués par un réseau différent de celui devenu Chevrolet, anciennement Daewoo. Le cas de la Corvette a été un peu mieux résolu. Si elle reste une Chevrolet aux USA, elle s'émancipe en Europe en devenant une marque à elle toute seule et sa distribution est assurée par le groupe néerlandais Kroysmans qui a déjà en charge les produits Cadillac sur la plupart des marchés de la CEE.
Chez nous, c'est donc Cadillac France qui vendra la V'ette. Bon, ce n'est pas encore très simple, mais après décantation, les choses iront certainement mieux. Les deux dernières raisons du choix du nom de Chevrolet pour l'Europe évoquées par les responsables de GM nous semblent un peu tirées par les cheveux : les origines suisses de Louis Chevrolet et le fait qu'entre les deux guerres mondiales, et même jusqu'aux années 50 dans certains pays, plusieurs usines Chevrolet étaient implantées sur le Vieux Continent ( à Copenhague, Vienne, Berlin, Stochkolm, &hellip).
Rappel historique sur le passé récent de Daewoo















Daewoo, troisième constructeur coréen revient de loin. La grave crise qu'a connu le Sud-Est asiatique en 1997- 1998 a touché de plein fouet l'industrie automobile au Pays du Matin Calme. Daewoo, un des plus puissants conglomérats du pays en apparence, mais financièrement fragile si on considère que le ratio dettes/fonds propres du groupe atteignait 470 % en 1997, a particulièrement souffert. La stratégie suicidaire de fuite en avant menée par le fondateur charismatique de l'entreprise a fait illusion jusqu'à l'été 1999. La chute de l'empire qui s'en suivi ne fût que plus dure, se dénouant par le démantèlement des différentes branches. Pour celle de l'automobile, aucun des pourparlers noués avant la faillite de Daewoo Motor en novembre 2000 n'avait abouti. Finalement le constructeur doit son salut à l'intervention de GM, secondé par Suzuki et le constructeur chinois SAIC, qui après de longues négociations (entamées au printemps 2001) a réussi à signer un accord définitif avec le comité des créanciers coréens en avril 2002. Il s'est concrétisé le 17 octobre de la même année avec le transfert d'une grande part des actifs qui donne naissance à la société GM Daewoo (GM Daewoo Auto Technology Co.), dont le géant de Detroit détient 42,1 % des parts et pilote de fait cette nouvelle structure. Sauf grossière erreur stratégique, la pérennité de la marque était dès lors garantie.
En plus du rachat d'une bonne part des actifs industriels, GM Daewoo a repris dans son giron la plupart des grandes filiales d'importation en Europe, dont la française, et le centre de stockage de pièces implanté aux Pays-Bas.


















Ces nouvelles rassurantes pour le million d'automobilistes qui roulent en Daewoo –marque importée sur le vieux continent depuis 1995, n'ont sans doute pas convaincu tous les hésitants à l'achat depuis trois ans, si on considère par exemple la progression de la marque plus faible en Europe de l'Ouest qu'en Europe Centrale. Dans l'Europe entière, la progression de 133 000 immatriculations à 190 000 entre 2003 et 2004 (ou le « petit » + 80 % en France par rapport à 2003, année noire) est à comparer aux 17 000/51 000 unités écoulés sur la même période à l'Est (+ 189 %). Si le géant américain a débaptisé Daewoo, en lui préférant presque partout celui de sa marque la plus populaire à travers le monde, le géant américain devrait rassurer sur la solidité financière de sa filiale coréenne, et sur sa pérennité&hellip
De grandes nouveautés
Après la présentation de la Kalos en carrosserie 3 portes en ce début d'année en guise d'amuse-bouche, la vraie nouveauté Chevrolet 2005 sera le renouvellement de la citadine Matiz au printemps (en juin en France), le plus ancien modèle de la gamme né en 1998.
En 2006, le SUV S3X rentrera en production et arrivera en France avant la fin du premier semestre. Grande première chez Daewoo, pardon Chevrolet, il étrennera un tout nouveau moteur Diesel maison, produit en Corée dans une usine d'une capacité de 25 000 moteurs par an actuellement en cours de construction.
Il s'agira d'un quatre cylindres 2 litres 16 soupapes à turbo à géométrie variable dans sa version la plus puissante (150 ch). Grâce à lui et à un petit frère trois cylindres de 1.5 litres, toute l'ancienne gamme Daewoo sera enfin diéselisée. Parallèlement une nouvelle boîte de vitesse mécanique à 5 rapports capable de supporter 330 Nm de couple est également au programme. Autre bonne nouvelle, même si elle concerne peu la clientèle française, un nouveau V6 arrivera en septembre 2006, disponible en 2.8 et 3.6 litres. Enfin, le SUV disposera d'un 2.4 litres à essence à hybridation « légère », autrement dit équipé d'un alterno-démarreur qui devrait permettre de baisser la consommation de 13 %. Pour l'instant, Chevrolet en France mise toujours sur le GPL et pense écouler au moins 20% des 10 000 voitures prévues en 2005 (28% sur 7 900 immatriculations en 2004) en bicarburation (avec un système Necam-Koltec de haute qualité commercialisé chez Chevrolet sous l'appellation GPLi).
A plus ou moins long terme, Chevrolet ne s'interdit pas d'importer en Europe de nouveaux modèles provenant d'ailleurs que la Corée. Par exemple en distribuant les modèles nord-américains les plus adaptés à nos marchés comme le HHR, rival du PT Cruiser de Chrysler inspiré du Chevy 1949. Ou bien en important le pick-up Chevrolet Montana produit au Brésil. D'ici là, Chevrolet devra obligatoirement étoffer son réseau en France qui reste pour l'heure insuffisamment dense avec une centaine de panonceaux.
A retenir
Si les qualités intrinsèques de la plupart des modèles de la gamme actuelle nous semblent en retrait des principales marques européennes, leurs prix serrés en font généralement des véhicules attrayants à l'achat. Sans doute, ces deux caractéristiques font que le potentiel de développement de Chevrolet est plus élevé dans les anciens pays de l'Est que chez nous, au moins au vu leur technologie actuelle, non pas rustre, mais pas encore à l'avant-garde du progrès. Là encore rien n'est figé. Il suffit de voir les progrès accomplis en moins d'une décennie par l'équivalent –peu ou prou- de « Daewoo » au sein du groupe Volkswagen, Skoda.
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