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Guillaume Canet : « Jappeloup et Durand, une histoire touchante »

Guillaume Canet : « Jappeloup et Durand, une histoire touchante »
Par Eurosport

Le 30/01/2013 à 17:53Mis à jour Le 30/01/2013 à 18:31

Cavalier d’obstacle émérite, l'acteur Guillaume Canet jouera Pierre Durand au cinéma, sur son fantastique compagnon Jappeloup, dans le film éponyme. Le biopic sortira la mi-mars sur les écrans. Comme pour faire revivre la légende du saut d’obstacles français.

À quel moment êtes-vous arrivé sur ce projet ?
Il y a longtemps. Je savais que l’histoire de Jappeloup était cinégénique, mais comme dans ma vie personnelle j’avais tiré un trait sur l’équitation, ce n’était pas quelque chose qui m’excitait plus que ça. Un jour, Mario Luraschi m’a laissé un message pour me dire qu’il voulait me présenter son ami Pascal Judelewicz. Passionné par le sujet, ce producteur rêvait de faire ce film depuis 1995. Son enthousiasme m’a bluffé, séduit… et convaincu.

Êtes-vous resté fidèle à l’histoire vécue par Pierre Durand ?
C’était une volonté car la
réalité de cette incroyable histoire suffisait à faire un grand film. Comme tous les jeunes de l’époque qui aimaient l’équitation, j’avais suivi les exploits de Jappeloup, notamment aux Jeux Olympiques de Séoul en 1988. Mais en lisant le livre de Karine Devilder, la belle-sœur de Pierre Durand, j’ai appris beaucoup de choses. Et les vidéos que j’ai visionnées par la suite m’ont rappelé à quel point les prouesses de ce petit cheval étaient phénoménales. Toute la chronologie des compétitions est exacte. Après, je voulais injecter dans le scénario certaines choses plus personnelles car il y a des similitudes entre le destin de Pierre Durand et le mien. Cette volonté à un moment donné d’arrêter la compétition en laissant un père passionné ne m’était pas étrangère.

C’est ce qui vous est arrivé ?
Oui. Mon père était éleveur de chevaux, il s’est énormément endetté pour créer sa société. À 18 ans j’ai eu beaucoup de mal à lui dire que j’arrêtais tout pour devenir acteur. Mais j’avais eu un grave accident de cheval, je n’avais plus la rage de vaincre. La peur de me faire mal se mêlait à l’envie de voir d’autres horizons que les écuries de campagne. Je commençais à être attiré par Paris et les filles. J’ai donc eu envie d’aborder cette problématique : revenir à la compétition pour faire plaisir à son père, est-ce forcément une mauvaise raison ?

A-t-il été question, à un moment donné, que vous réalisiez le film vous-même ?
Non car j’ai tout de suite su que si je m’impliquais dans le projet en tant qu’acteur,je reprendrais l’entraînement pour assurer moi-même toutes les scènes à cheval. Cela demandait un travail important et je voulais m’y consacrer à 100%. Et puis j’avais une confiance totale en Christian Duguay, un cavalier émérite, ex-membre de l’équipe d’équitation du Canada. Avec lui, j’ai tout de suite accroché car nous partageons la même vision de l’histoire, les mêmes envies. Ça n’a pas été facile pour Christian qui a dû commencer à préparer le film sans avoir le scénario. Au fur et à mesure de l’écriture, je lui livrais des pages comme des indices.

Pierre Durand a-t-il été très présent sur le film ?
Je sais, par expérience, que c’est toujours difficile d’intégrer au projet la personne dont vous racontez l’histoire. Cela remue des choses parfois douloureuses chez le principal intéressé et il manque forcément de distance par rapport au récit. J’ai donc posé des questions à Pierre au moment de l’écriture mais j’ai préféré m’inspirer davantage du livre de Karine Devilder dont il avait validé le propos et de témoignages extérieurs. Pierre a eu également la très bonne idée de m’aiguiller vers Frédéric Cottier, son collègue de l’époque, qui est devenu un précieux allié et mon coach avant et pendant le tournage.

En quoi consistait votre préparation physique ?
Je suis remonté à cheval seulement six semaines avant le début du tournage. Je n’avais pas sauté de barres depuis 20 ans et quand on a fait de la compétition, on n’est pas très friand de balades à cheval. En fait, j’avais juste un peu repris l’entraînement pour les deux films avec Jean Yanne et pour "Ne le dis à personne" dans lequel je jouais un cavalier. Mais ça n’avait rien à voir. Là, il s’agissait de se remettre dans les conditions de la compétition. Par chance, nous tournions dans l’ordre chronologique, de la plus petite épreuve jusqu’aux JO. Cela m’a permis de me remettre en selle tranquillement et de reprendre confiance en moi. Quand le tournage a commencé, à Fontainebleau, où nous avons regroupé toutes les scènes de compétition sur trois semaines, je passais entre 8 et 9 heures sur un cheval. Cela m’obligeait à passer 1h30, chaque soir, entre les mains d’un kiné. Il y a eu des moments forts, comme lorsque je me suis retrouvé sur le parquet des championnats de France que j’avais moi-même disputés. Je dois dire que ça s’est extrêmement bien passé. Porté par Frédéric Cottier et par la force de mon personnage, j’y suis arrivé !

Plusieurs chevaux incarnent Jappeloup. Était-ce difficile, en tant que cavalier, de changer de partenaire ?
En effet, ce n’est pas évident de changer quand on a trouvé ses marques avec un animal. D’autant que les deux principaux chevaux qui incarnaient Jappeloup ne se montaient pas du tout de la même façon. Le premier, Sympatico, était un tout petit cheval qui ressemblait beaucoup au vrai Jappeloup. Il sautait très bien mais avait déjà 22 ans et il fallait l’économiser au maximum. Sa vraie doublure, Incello, était plus grand, plus jeune, et nous l’avons utilisé pour sauter les grosses barres comme celles de la scène des JO. Mais il y avait aussi cinq ou six autres chevaux pour incarner Jappeloup à différentes étapes de sa vie ou pour des plans plus larges.

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