Il régnait dimanche 18 octobre, à l’occasion du dernier Grand Prix de l’année à Grimaud, une ambiance emplie d’émotion. L’émotion d’une saison en tout exceptionnelle, qui a réuni depuis juin tous les plus grands cavaliers européens et extra-européens installés sur le Vieux Continent. L’émotion face à l’inconnu qui attend désormais les sportifs alors que la saison hivernale s’annonce morose et est déjà amputée de plusieurs rendez-vous phares. L’émotion des au revoir au haut niveau de l’un des cavaliers français les plus attachants du circuit, Thierry Rozier.

Pour ce dernier Grand Prix de l’année, le chef de piste français Cédric Longis avait concocté un premier tour exigeant, comme à son habitude, mais parfaitement respectueux des montures: plus d’un tiers des partants sont sortis de piste avec un point de pénalité (pour temps dépassé) ou quatre points (une barre à terre). Seuls huit couples ont trouvé la clé du parcours du Francilien, dont deux anciens vainqueurs d’un Grand Prix sur cette même piste.

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Premier à s’élancer dans ce barrage à huit, l’Argentin José María (jr) Larocca, associé à son fantastique Finn Lente, a signé le premier double sans-faute, déjà dans un superbe chronomètre. Le Néerlandais Marc Houtzager sur Sterrehof’s Dante a également réalisé un parcours sans faute, mais moins rapide que l’Argentin. Toujours moins rapide, la seule amazone du barrage, la Belge Gudrun Patteet, associée à Sea Coast Pebbles Z, a quitté la piste avec quatre points pour un obstacle renversé. On le sait depuis quelques semaines : les doublés sur les Grands Prix de Grimaud ne sont pas rares ; cinquième à entrer en piste, le Français Nicolas Delmotte, déjà vainqueur en septembre à Grimaud, parviendra-t-il à s’imposer pour la deuxième fois sur la grande piste du Golfe de Saint-Tropez ? Le Nordiste pouvais y croire: “clear round” avec Urvoso du Roch et un chronomètre légèrement plus rapide que celui de Larocca. Rapidement, dès le concurrent suivant, les espoirs de Delmotte se sont pourtant envolés, avec le sans-faute plus rapide du Néerlandais Harrie Smolders sur Dolinn. Son compatriote, Maikel van der Vleuten sur l’exceptionnelle Dana Blue, vainqueurs ensemble de deux Grands Prix ici en début de saison, a renversé une barre. L’Allemand Daniel Deusser, fidèle du concours azuréen mais jusqu’au dernier tour plutôt discret, a signé l’exploit, associé à Tobago Z, de coiffer Smolders sur les barres et au chronomètre. Il a pris la tête provisoire de l’épreuve alors que désormais, seul le champion olympique par équipes, le Français Kevin Staut, pouvait lui barrer la route. Sans-faute pour Staut, mais trente-six centièmes de trop… Il a terminé deuxième. Pour la première fois de la saison, la victoire est revenue à l’Allemagne et à l’actuel numéro trois au classement mondial Longines, Daniel Deusser.

“Je suis très heureux de cette victoire, dans le Grand Prix du CSI 4* de Grimaud, particulièrement pour mon cheval Tobago Z. Il a dû être arrêté en début d’année, il est revenu en milieu de saison sur des petits parcours, puis a participé au CSI 5* ici-même il y a quelques semaines. En fait, il reprend vraiment bien et va de mieux en mieux. Si bien qu’il est capable de remporter le Grand Prix aujourd’hui! Vraiment, je suis très fier de lui! L’année a été très difficile et très différente pour tous les cavaliers, mais grâce à l’Hubside Jumping, nous avons pu vivre une fantastique saison estivale. Je ne pense pas trop m’avancer en parlant au nom de tous les cavaliers et en remerciant très chaleureusement Sadri Fegaier et toute l’équipe organisatrice de cette compétition. Merci d’avoir gardé notre sport en vie et nous l’espérons tous: nous serons de retour ici l’année prochaine”, a témoigné le Germanique à l’issue de sa victoire.

Ce dernier Grand Prix de la saison a également été l’occasion de dire au revoir à un couple tricolore auquel le public était particulièrement attaché: Thierry Rozier, qui s’est retiré du haut niveau, et sa Venezia d’Ecaussinnes, qui est désormais partie faire des bébés. Pour leur dernier Grand Prix, les deux ont signé un formidable parcours, malheureusement pénalisé d’un point de temps dépassé. Très ému à l’occasion de la cérémonie organisée en son honneur avant la remise des prix, le Francilien n’est parvenu à prononcer qu’une seule phrase entre deux sanglots: “Simplement, je voulais remercier Venezia. C’est une belle histoire, et ça se finit.”

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