Il est comme ça, Hugues Obry. Vainqueur ou vaincu, il lâche ses émotions. Les larmes giclent, plus qu'elles ne coulent. Mais c'est comme ça qu'on l'aime. Il incarne le feu, tranchant avec la "zen attitude" des frères Jeannet, Fabrice et Jérôme, ou celle d'Erik Boisse, remplaçant de luxe dimanche. A Sydney, il y a quatre ans, il avait pleuré de rage. Deuxième en individuel, idem par équipes. Poulidor de l'escrime, ça ne lui allait pas, Hugues.
Contre les Allemands, en demi-finale, à 44 partout, les mauvais souvenirs sont remontés à la surface. "J'avoue que j'ai repensé aux images dures, à la finale perdue contre l'Italie à Sydney, explique-t-il. Je n'ai pas voulu voir la dernière touche contre l'Allemagne. Il n'y a que les gens qui ont vécu ça, comme Di Martino ou Srecki, qui peuvent comprendre. En demi-finales, nous sommes passés par des moments intenses. C'est ça, l'escrime ".
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La touche finale
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Du grand "Fab"
L'Allemagne terrassée, le plus dur était fait. En finale, les Hongrois n'ont pas pesé lourd. "A partir du moment où nous étions en finale, il n'y avait aucune chance que nous perdions la médaille d'or. Nous étions parfaitement préparés et nous avions confiance", assure Fabrice Jeannet, exceptionnel de maîtrise tout au long de la compétition, que ce soit pour porter la touche décisive contre les Allemands ou pour gérer une confortable avance en finale.
Sans lui, rien n'aurait été possible. Jeannet, c'est la classe à l'état pur. Bloqué psychologiquement contre son pote Erik Boisse en quarts de finale, il n'avait pu le montrer lors du tournoi individuel. Dimanche, Fabrice était en démonstration. "Quand je passe le dernier relais à "Fab", je savais que c'était gagné. Je ne le voyais pas perdre contre Kulcsar", confie Obry.
Obry: "Onze mois commando"
Le petit frère, Jérôme, a endossé avec brio le costume du héros inattendu. Préféré à Erik Boisse, il a assumé. "J'ai envisagé ce matin de ne pas pouvoir tirer, concède Jérôme. Si chacun des trois titulaires était au top, c'est ce qui m'attendait. Mais l'entraîneur m'avait toujours dit: 'soit prêt le jour J'. J'ai fait confiance à mon entraîneur. Je suis venu de la Martinique à l'INSEP avec des rêves. Les JO, ça fait rêver. C'est dingue. C'est ce qui fait qu'on s'entraîne tous les jours".
Hugues Obry ne dit pas autre chose. Le champion du monde 1998 le sait même mieux que personne, lui qui revient de si loin. "Cuba, l'an dernier, c'était une déception, raconte-t-il, évoquant sa non-sélection pour les Mondiaux 2003 de La Havane. J'ai dû travailler deux fois plus fort pour revenir dans l'équipe. J'ai vécu onze mois commando en pensant seulement escrime. Pour les gens qui m'entourent, ce n'était pas facile."
La récompense est là. Fort d'un palmarès exceptionnel, Obry peut quitter la scène la tête haute: "J'avais décidé de raccrocher après les Jeux. J'ai préparé le concours d'entraîneur et j'espère apporter l'expérience que j'ai acquise aux plus jeunes. Il faut savoir passer la main. C'est une belle fin, sur une médaille d'or." Peut-être la plus belle de toutes.
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