C’est une matinée chaude et ensoleillée sur West Village, un quartier du sud-ouest de Manhattan. Il faut marcher le long d’Hudson St pour arriver à Pier40, un immense complexe sportif posé sur l’Hudson River. C’est ici que le New Amsterdam FC s’entraîne chaque jour de la semaine, sur une pelouse synthétique de qualité avec vue sur la tour du One World Trade Center.
La quarantaine de joueurs à l’échauffement sont à l’image de New York, de toutes les couleurs et de toutes les origines, mais avec un dénominateur commun : le fait d’être né ou d’avoir grandi dans la Big Apple. "Tu veux que je te présente quel joueur ?, nous demande Mike Mansfield, le directeur de la communication du club. Mohammed est d’origine algérienne, il a seulement 16 ans et est déjà tellement talentueux. Il y a aussi David, qui est né en Colombie et qui a déjà joué pro aux États-Unis, ou notre gardien Jessie qui est originaire de Long Island".

Tout a commencé avec The Fussball Project

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Notre principal contact sur place n’est autre que le fils de Mike Mansfield, Maximilian, qui à 28 ans remplit à la fois les rôles de coach et de directeur sportif du New Amsterdam FC. Né en Allemagne mais élevé à Manhattan à deux pas de Pier40, Maximilian Mansfield a tenté une carrière de footballeur en Europe à l’âge de 16 ans. Revenu deux ans plus tard aux États-Unis avec une belle expérience dans ses bagages, il intègre d’abord la prestigieuse université de Cornell (Ithaca, NY) avant de travailler dans la finance à Wall Street. "La connexion avec le football me manquait énormément, et j’avais créé de nombreux contacts dans le football en Allemagne, explique le jeune homme. J’ai décidé de lancer The Fussball Project en 2017, une structure qui aide des jeunes footballeurs new-yorkais ignorés du système américain à trouver un chemin vers le monde professionnel en Europe".
Aux États-Unis, jouer au football peut coûter cher et intégrer un centre de formation est payant. Ce qui exclut les jeunes les plus défavorisés. "Nous organisons des détections et sélectionnons les meilleurs joueurs de la région qui s’affrontent à New York devant des recruteurs européens. Nous emmenons également chaque année des enfants jouer en Europe pendant 15 jours devant des recruteurs de centre de formation, raconte Maximilian. Parmi tous ces joueurs, beaucoup sont issus de l’immigration, notamment africaine, et ont grandi dans des quartiers pauvres du Bronx".
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Une passerelle pour l’Europe

En quatre ans, une trentaine de joueurs ont profité du Fussball Project pour tenter leur chance dans des clubs en Europe. Mais Maximilian a remarqué qu’une grande partie d’entre eux n’étaient pas forcément prêts pour un challenge aussi relevé. "Nous avons créé le New Amsterdam FC l’année dernière, avec l’idée d’offrir des standards dignes des centres de formation européens à New York, explique-t-il. C’est important que les joueurs puissent se frotter au monde professionnel et à l’exigence du haut niveau dans leur ville, d’abord, tout en continuant à être scolarisé". Le club repêche également certains joueurs partis trop tôt en Europe : "L’objectif n’est pas seulement de gagner des titres. C’est de créer un environnement compétitif pour tous ces gars, jeunes ou moins jeunes".
Le New Amsterdam FC se fait l’avocat d’un football ouvert, tout comme le championnat dans lequel il évolue, la NISA (National Independent Soccer League). Fondé en 2019 avec l’objectif d’"apporter le football professionnel dans chaque ville des États-Unis", comme l’explique son commissionnaire John Prutch, la NISA a acquis le statut de troisième division nationale derrière la MLS (Major League Soccer) et la USL (United Soccer League), deux ligues fermées aux promotions et relégations.
La NISA comprend actuellement neuf équipes qui s’affrontent chaque année en deux mini-championnats de printemps et d’automne, et en intégrera deux de plus la saison prochaine à Chicago et dans le Rochester (État de New York). À terme, la NISA espère que de nombreuses équipes la rejoindront pour lancer son système de ligue ouverte basée sur le modèle européen qui pourrait concurrencer la MLS.

Trouver un stade

Le New Amsterdam FC a mal lancé sa saison de printemps puisque le club en est pour l’instant à trois défaites en trois matches. Pire, il doit s’isoler pour ses rencontres à domicile au Hudson Sport Complex de Warwick, à 1h30 au nord de New York, faute d’avoir trouvé un stade dans la Big Apple. Mais Maximilian préfère positiver. "Il y a une raison pour laquelle aucun club professionnel n’est à New York (NDLR : les deux clubs de MLS, les New York Red Bulls et le NYC FC, s’entraînent respectivement à Hanover dans le New Jersey et à Orangeburg au nord de New York). Le moindre bout de terrain, la moindre parcelle est très difficile à obtenir, commente-t-il. Toutes nos difficultés rendent les choses encore plus vraies. Nous sommes un club urbain, LE club de la ville, et c’est ce qui fait que les New Yorkais nous aiment".
Le New Amsterdam FC est financé par sept investisseurs locaux, donc Laurence Girard, un ami de Maximilian. Mais le club cherche activement de nouvelles sources de revenus. "Tous nos joueurs sont à 100% professionnels, mais nous avons besoin de plus d’argent pour trouver un stade et nous développer. Je remplis à la fois les rôles de directeur de la communication, de photographe et de porteur d’eau", plaisante Mike Mansfield avant d’ajouter : "nous négocions actuellement avec le Gaelic Park, un stade omnisports de 2000 places situé dans le Bronx, qui à la capacité de servir de la nourriture et des boissons les jours de match. J’espère que ça se fera".
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