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Ballon d'or : L'injustice Griezmann

L'injustice Griezmann

Le 04/12/2018 à 10:36

BALLON D'OR - Pour notre journaliste Martin Mosnier, Antoine Griezmann aurait dû remporter le Ballon d'or 2018. Luka Modric et Cristiano Ronaldo le devancent au classement pour de mauvaises raisons. Explications.

Antoine Griezmann ne sera donc pas Ballon d'or 2018. Ni même deuxième du classement tant décortiqué. Ce n'est pas un scandale mais c'est une immense injustice. Le Français n'a pas la reconnaissance que méritent son palmarès et son talent. Au regard de son année, il s'imposait comme le meilleur joueur en 2018. Personne ne s'est montré aussi régulier de janvier à novembre. Aucun temps faible, le trophée le plus prestigieux (Coupe du monde), deux trophées majeurs (Ligue Europa, Supercoupe d'Europe) et des buts, beaucoup de buts (36 toutes compétitions confondues), aux moments les plus chauds de l'année.

Pour le dire autrement, il remplit toutes les cases nécessaires au Ballon d'or et il est le seul. Aucun autre prétendant ne peut présenter une telle carte de visite. Modric et Ronaldo ont tous deux connus des trous d'air. Le premier depuis la rentrée des classes au mois d'août, le second cet été à la Coupe du monde. Le Croate n'est même pas le Madrilène le plus décisif en Ligue des champions ni le Croate le plus incontournable à partir des 8es de finale de la Coupe du monde, contrairement à un Ivan Perisic intenable dans le tableau final.

Antoine Griezmann embrasse la Coupe du monde

Antoine Griezmann embrasse la Coupe du mondeGetty Images

Les Bleus n'ont pas su se mettre d'accord

Alors qu'est-ce qui cloche chez Antoine Griezmann ? Pourquoi n'est-il pas parvenu à faire l'unanimité autour de son nom ? Modric possède un argument massue : le Real Madrid. Plus grand club du monde, machine à rêve à travers le monde : la formation espagnole, en plus de garnir les palmarès, offre à ses joueurs une exposition médiatique bien plus clinquante que son voisin l'Atlético, par exemple. Et le club aux dix Ballons d'or sait y faire lorsqu'il faut faire campagne pour un de ses hommes. Il assure le marketing, le service après-vente.

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Ce que ni l'équipe de France ni l'Atlético n'ont su faire. Pour ne pas avoir su se mettre d'accord sur une seule et même option, les Bleus ont leur part de responsabilité. En 2006, l'Italie avait fait corps derrière Fabio Cannavaro malgré Gianluigi Buffon et Andrea Pirlo. Modric incarne la formation croate comme personne d'autres, il est la star des finalistes et comme il est depuis plusieurs années un des piliers du champion d'Europe merengue, il est facile de lui attribuer la plus prestigieuse des récompenses individuelles.

Un joueur que ne met pas en valeur son époque

Difficulté supplémentaire pour Griezmann, il n'est pas un joueur que met en valeur son époque. Il n'a ni les dribbles de Messi, ni la puissance de Ronaldo, ni la vitesse de Mbappé. Et la hype qui pousse l'esthète Luka Modric, après des années de règne des machines portugaise et argentine, oublie les valeurs essentielles de sacrifice du champion du monde. Griezmann a des qualités qui n'apparaissent pas que sur les feuilles statistiques avec, d'abord, son immense QI football. Griezmann n'a pas l'éclat de Mbappé et les critiques les plus injustes le concernant soulignent sa Coupe du monde moyenne à peine relevée par ses penalties.

Une hérésie. Griezmann, véritable cerveau des Bleus, s'est montré décisif dans chacun des matches à partir des 8es et est impliqué sur trois des quatre buts d'une finale dont il fut le meilleur joueur. Personne ne fait mieux. Surtout pas un Luka Modric (une passe décisive seulement dans le tableau final du Mondial). A mon sens, Griezmann n'a pas été élu pour de mauvaises raisons. Cette époque ne rend pas grâce à son talent.

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