Ils sont trois. Trois à avoir, au XXIe siècle, remporté les deux trophées majeurs du football mondial la même année à savoir la Ligue des champions et la Coupe du monde : Roberto Carlos en 2002, Sami Khedira en 2014 et Raphaël Varane en 2018. Et ce trio partage un autre point commun : ils n'ont jamais remporté le Ballon d'Or. Le Brésilien deuxième cette année-là, en fut tout proche. L'Allemand, réduit à un rôle secondaire il est vrai en club, n'a pas reçu le moindre vote en 2014 tandis que Varane, pourtant prépondérant dans le double sacre du Real et de la France, s'est contenté de la 7e place.
Voilà donc bien longtemps que le palmarès n'est plus un critère qui écrase tout dans la course au Ballon d'Or. Et le pauvre Jorginho, pièce essentielle de Chelsea en C1 et de l'Italie à l'Euro, a toutes les chances de s'en rendre compte en décembre prochain. Dans toute l'histoire, il n'existe qu'un seul joueur à avoir aligné un triplé Ballon d'Or, victoire en C1 et victoire lors d'une grande compétition internationale. Il s'agit de Cristiano Ronaldo, en 2016. Mais cela tient autant à son palmarès, gigantesque certes, qu'à sa propre personne. Pour le dire autrement, le CR7 de 2016 avait deux avantages de taille sur le Jorginho de 2021 : il incarnait à la fois les succès de sa sélection et de son club, et il avait déjà trois Ballon d'Or sur son armoire.

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Ballon d'Or
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09/07/2021 À 17:39

Il n'incarne ni Chelsea ni l'Italie

Aussi précieux soit-il, Jorginho reste un milieu de terrain défensif. Les succès de Chelsea et de l'Italie sont portés par des collectifs plus que par des individualités. Aucune tête ne dépasse. Et s'il fallait en choisir une coûte que coûte, ce serait sans doute N'Golo Kanté, meilleur joueur de la finale et des demies de C1, et Gianluigi Donnarumma, meilleur joueur de l'Euro. Jorginho fut essentiel dans le double succès londonien et italien mais son profil lui barre la route au Ballon d'Or. Si ses statistiques sont tout à fait honorables à son poste (9 buts, 5 passes décisives en 56 matches), elles restent beaucoup trop insuffisantes pour décrocher la timbale en décembre.

Jorginho et la Ligue des champions 2021

Crédit: Getty Images

Il lui manque un fait de gloire, ce moment dont les votants se souviennent au cœur de l'hiver. Son tir au but victorieux en demi-finale face à l'Espagne est d'ores et déjà annulé par son échec dans le même exercice en finale. Ces dernières années, seul Luka Modric a installé un milieu de terrain aux statistiques offensives modestes sur la première marche du Ballon d'Or. Mais là-encore, le Modric de 2018 avait deux avantages sur le Jorginho d'aujourd'hui : il était la star incontestable de la Croatie finaliste de la Coupe du monde et le Real Madrid a poussé très fort dans le dos de son milieu de terrain.

Messi… parce qu'il est Messi

Alors quels sont les atouts de Jorginho au-delà de son palmarès ? La faiblesse de la concurrence. Alors que l'Euro aurait pu définitivement couronner l'un des hommes forts du printemps (Robert Lewandowski, Kylian Mbappé, N'Golo Kanté, Kevin De Bruyne), il a sapé chacune de ces candidatures érigeant Jorginho sinon comme une solution idéale, au moins comme une solution par défaut. L'Euro a fait valser les stars, autant promouvoir un homme du collectif. Un raisonnement qui pourrait se tenir à une exception près.

Messi soulève la Copa America

Crédit: Getty Images

Car parallèlement à l'Euro, la Copa America, elle, a remis en selle Lionel Messi. Un peu comme Ronaldo en 2016, l'Argentin n'a pas forcément survolé la compétition avec sa sélection. Mais son premier trophée international avec l'Argentine reste un argument de choix pour celui qui n'en a pas besoin de beaucoup pour coiffer tout le monde. Messi, parce qu'il est Messi et que ça a parfois suffi, est un candidat naturel au Ballon d'Or. Sa victoire en Coupe du Roi, en Copa America et son titre de meilleur buteur du championnat espagnol suffisent aujourd'hui à en faire l'immense favori à sa propre succession pour un 7e trophée individuel. En dépit de la saison ratée du Barça en championnat et en Coupe d'Europe.
Face à l'Argentin, la Ligue des champions et l'Euro de Jorginho ne pèseront pas bien lourd. Comme, avant lui, Andres Iniesta, Xavi, Virgil Van Dijk, Franck Ribéry, Manuel Neuer ou Wesley Sneidjer, le milieu de terrain italien ajoutera son nom parmi ceux des grands oubliés du Ballon d'Or, victimes de la toute-puissance de l'ère Ronaldo-Messi.
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