Huit mois plus tard, le cirque médiatique escortant les sempiternels débats autour du Ballon d’Or reprend du service. Vendredi, une première liste défrichera le terrain, coupant l’herbe sous le pied de quelques ambitieux au CV trop maigre ou à la popularité trop chétive. L’évidence est française, et peu de personnes oseraient contester la couronne déjà suspendue au-dessus de la tête de Karim Benzema. La présence du meilleur buteur de la dernière Ligue des champions (15 buts) ne fait pas de doute, alors qu’un brouillard aussi dense que sibyllin entoure les présences de Lionel Messi et Neymar.
Si les deux maîtres à jouer du Paris Saint-Germain ont repris goût au terrain depuis l’intersaison, la récompense suprême à titre individuel couronne bien le "meilleur joueur" de la saison passée. Muni de ces critères, le jury bute immédiatement sur le rendement claudiquant des deux stars sud-américaines lors du dernier exercice. Le critère sportif est-il suffisant pour affirmer avec l’aplomb d’un politicien l’absence des deux génies de la liste ?
Ligue 1
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19/09/2022 À 22:29

Neymar et Lionel Messi peuvent-ils être absents de la liste des 30 nommés au Ballon d'Or ?

Crédit: Marko Popovic

Messi, l'éclat du tenant en guise de ticket d'entrée

Honneur au recordman du nombre de victoires (sept), le cas de Lionel Messi étant de surcroît particulier. Avant toute chose, remontons le fil de la relation entre la "Pulga" et le Ballon d’Or. L’histoire de l’Argentin avec la récompense estampillée France Football germe en 2006. Le sourire gêné et le physique encore frêle de l’adolescent viennent d’écarter des mois d’errances et de blessures, terminant 20e ex-aequo au classement pour une première. Depuis, la présence du natif de Rosario dans la liste (voire sur le podium) est systématique, presque indiscutable. Jusqu’à l’an passé, où le génie argentin s’en est allé avec un septième écrin doré, au bout d’une campagne condensée en six mois (de janvier à juin) de haut vol.
Son statut de tenant lui confère un argument imparable. Peut-on néanmoins objecter ? Si la saison de la Pulga (35 ans) n’épouse en rien les contours de ses six derniers mois tonitruants en Catalogne, les statistiques ne sont pas non plus infamantes (34 matches, 11 buts, 15 passes). Quelques images frétillent encore dans les esprits : la chevauchée contre Manchester City, le but du titre face à Lens, mais rien de bien prégnant. Dans la fosse, plus d’une vingtaine de joueurs ont davantage éclaboussé les pelouses européennes. On le sait, la logique sportive s’arrête souvent là où commence le vote du Ballon d’Or, mais la direction de la récompense s’évertue à redorer une crédibilité décharnée depuis quelques années, au prix de critères de sélection des votants plus exigeants.

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Le choix Neymar, entre prestige et crédibilité

Le Brésilien est lui aussi un habitué du Ballon d’Or. Artiste unique avec le cuir, soliste accompli lorsque son corps le laisse tranquille - ce qui n’a pas été le cas la saison passée (seulement 28 apparitions en club) – le natif de Mogi (30 ans) a sans doute réalisé la pire saison de sa carrière lors du précédent exercice. Le point de départ se situe au Brésil, au lendemain d’une finale de Copa America perdue face à l’Argentine de son ami Messi, mais au cours de laquelle ce dernier n’a pas existé. Au contraire de "Ney", incandescent à chaque touche de balle, constamment dangereux et seul Auriverde à gagner des mètres dans le camp adverse.
Le Brésilien n’a toujours rien gagné avec sa sélection, et le sort de sa saison (et de sa condition) semblait déjà hypothéquée. La suite ? Hors des terrains quand il n’est pas en train de porter une carcasse chancelante, Neymar s’est aussi fait remarquer par une attitude contestable sur le pré vert : réclamations abusives, simulations, mauvais choix avec le ballon, etc. Tant de tares qui plombent forcément la candidature de l’ancien Barcelonais.

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Le grand écart avec ses débuts donne davantage le vertige. Il y a 11 ans de ça, un jeune trublion sémillant coiffé d’une crête iroquoise obligeait une partie de l’Europe à se lever dans la nuit pour apprécier les exhibitions du Brésilien dans le championnat local, tandis que le reste s’enivrait de compilations interminables recensant les arabesques du nouveau prodige. Rachitique mais félin, timide et confiant à la fois, la météorite Neymar Jr s’est écrasée à la 10e place du plus prestigieux des prix individuels, à seulement 19 ans (vainqueur du prix Puskas au passage).
Onze années plus tard, Neymar n’est toujours pas sorti de la liste des 30 nommés, assisté par la force de l’habitude et la puissance marketing du numéro 10 parisien. Si présence il y a en 2022, cela soulèvera un sacré bémol. Déjà très discutable l’année passée, le nom de Neymar dans la liste de ce vendredi infligerait un sacré camouflet à la crédibilité du Ballon d’Or, moins à son prestige. Ne l’oublions pas, à son meilleur niveau, Neymar n’a que peu d’égal sur la planète football, mais ce n’est pas le sujet.
Trouver le Brésilien dans ce phalanstère de choix rendrait caduc tous les aménagements consentis par l’organisation. Une question se posera aussi au niveau des positions finales, car il n’est pas exclu qu’un Lionel Messi se retrouve dans le top 5 final, ce qui serait une absurdité sans nom, mais pas si impensable à l’aune des dernières éditions. Chaque chose en son temps. Sans trancher vers le militantisme, il serait temps que le Ballon d’Or serve au volet sportif la place centrale qui lui est due. A contrario, 2022 risquerait d’être la cuvée inique de trop.

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