C'est la crise. Le gouffre entre la sélectionneuse Corinne Diacre et les cadres de l'OL s'est encore creusé avec l'absence pour "raison sportive" de la capitaine des Bleues Amandine Henry, une brouille diplomatique qui plombe davantage l'ambiance et fait "perdre de l'énergie" avant l'Euro dames de 2022.

"On sait qu'il y a des tensions tout autour de nous. Vous le voyez, et la preuve c'est pour cela qu'aujourd'hui vous m'interviewez... On ne va pas se mentir", avoue franchement l'ailière lyonnaise Amel Majri à l'AFP, avant de défier la Macédoine du Nord vendredi et l'Autriche mardi en qualifications pour le Championnat d'Europe.

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La crise en sélection, pas nouvelle, est entrée dans une autre dimension depuis la non-convocation de Henry, pilier des Bleues avec 92 sélections en onze ans, blessée en début de saison et qui a besoin de temps "pour revenir à son meilleur niveau", selon Diacre. La sélectionneuse a eu beau défendre "une décision à un instant T", avec "rien à interpréter", la pilule n'est pas passée dans le vestiaire lyonnais, et même au-delà.

Amandine Henry

Crédit: Getty Images

Elle se passe de la capitaine, "N.6 dans le meilleur club du monde", et convoque des joueuses qui "étaient blessées et ont eu très peu de temps de jeu" sur le mois écoulé, commente Gaëtane Thiney, la milieu du Paris FC (163 sélections). "Je suis complètement perdue, comme beaucoup de joueuses. Il n'y a plus de logique".

Renard hausse le ton

Avec ce choix, Diacre a pris le risque de braquer un peu plus le vestiaire des championnes lyonnaises, touché par le capitanat retiré à Wendie Renard au début du mandat en 2017 et les critiques visant Eugénie Le Sommer après le Mondial 2019. Le malaise s'était encore épaissi cet été avec la pause décrétée par la gardienne de l'OL Sarah Bouhaddi.

"Ce sont des cas différents qui ont interpellé à chaque fois", tempère le dirigeant de l'OL féminin Olivier Blanc, évoquant un procès "injuste" concernant Le Sommer et un choix "incompréhensible" sur la forme pour Renard, sur le fond pour Henry. "Elle restait sur trois matches satisfaisants et un quatrième se profilait", rappelle-t-il.

Wendie Renard et Corinne Diacre

Crédit: Getty Images

Cette fois, les coéquipières de la milieu lyonnaise sont montées publiquement au créneau pour contester la sélectionneuse qui doit conduire les Bleues à l'Euro 2022, Wendie Renard en tête. Il faut "ramener" de la "sérénité" et de "l'énergie positive", car "l'atmosphère n'est pas bonne", a dit vendredi sur Canal+ la défenseure centrale. "On ne peut pas continuer comme ça, on se fait du mal entre nous".

Pour Olivier Blanc, pas question d'y voir une tentative de putsch mais plutôt "une réaction constructive dans le but de provoquer quelque chose". Plus convoquée depuis fin 2019, également pour raison sportive selon Diacre, Thiney partage cet avis. "On veut que l'équipe de France gagne et aujourd'hui on n'est pas en train de préparer l'Euro, on est encore en train de perdre du temps", dit-elle à l'AFP.

"Chacun à sa place"

Le temps des sélections est "très court", "il faut être prêtes dans nos têtes" et ne pas être "en train de perdre de l'énergie sur 'qui a dit quoi, comment et pourquoi?'", prolonge la milieu de 34 ans. Pour elle, les Bleues sont "coincées entre protéger l'équipe de France et la faire progresser. Et le seul levier pour les joueuses actuellement, ce sont les médias. Mais à un moment il faut que ça s'arrête, vraiment".

Corinne Diacre et Eugénie Le Sommer après l'élimination de l'équipe de France en quart de finale de la Coupe du monde 2019

Crédit: Getty Images

A Clairefontaine, la grande explication ne pourra pas avoir lieu en octobre puisque Diacre, testée positif au Covid-19, n'est pas physiquement présente. Le président de la FFF, Noël Le Graët, s'y est tout de même déplacé mercredi pour tenir "un discours d'unité autour du maillot bleu", sans nier les tensions existantes, selon un témoin de la scène.

"On est des joueuses, on est là pour jouer. La coach, c'est la coach. Chacun est à sa place", évacue de son côté l'attaquante Viviane Asseyi. Il n'y a "pas du tout" de division, "notre groupe vit bien", assure aussi Majri.

Questionnée la semaine dernière, la sélectionneuse n'avait pas vu de cohésion fissurée. "Moi je me base sur les résultats et ceux de l'équipe de France sont bons". Jusqu'à quand ?

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