Ce n'est pas qu'un "fils de". Loin de là. Depuis quelques temps maintenant, Marcus Thuram a réussi à se faire un prénom. Bien sûr, l'ombre de son père planera toujours dans son sillage. Forcément. On parle quand même de l'un des plus grands footballeurs de l'histoire de l'équipe de France. Et en plus, l'homme aux 142 sélections en Bleus, très présent dans la carrière de son fils, a dépassé le cadre du football en s'imposant comme une voix qui compte dans le combat pour l'égalité et contre le racisme. Ce contexte pourrait être trop lourd pour certains. Mais Marcus Thuram n'est pas de ceux-là.
Au contraire, il semble s'en nourrir. Et attire ainsi de plus en plus les feux des projecteurs de toute l'Europe pour son talent indéniable. "Marcus est loin de la fin de son développement, prévient Marco Rose, son entraîneur à Mönchengladbach, dans Kicker. Il y a encore beaucoup de choses à venir avec lui". Et si on se fie à ses premiers pas dans le monde du ballon rond et à ceux qui les ont suivis, il y a de quoi attendre la suite avec une certaine impatience. Car il ne cesse d'évoluer. Depuis toujours… "Dès qu'il est arrivé, il a progressé", se souvient Jean-Luc Ruty, ancien directeur du centre de formation de Sochaux que Marcus a intégré en 2012 à 15 ans. "Mentalement, tout était assez clair dans sa tête, même s'il était encore jeune. Il savait ce qu'il voulait et comme son père était derrière..."

Marcus Thuram

Crédit: Imago

Bundesliga
La valse des coachs continue en Allemagne : Hütter débarque pour trois ans à Mönchengladbach
13/04/2021 À 11:05

Gourvennec : "La Bundesliga le fait grandir"

Ce discours pourrait décrire son grand saut hors de l'Hexagone. A 22 ans et après avoir planté 9 buts en Ligue 1 pour sa deuxième année dans l'élite, Thuram a tout de suite été au rendez-vous pour s'imposer comme l'une des belles surprises de cette saison de Bundesliga. Il affiche ainsi 10 buts au compteur et 9 passes décisives. Et son association avec Alassane Pléa est l'un des atouts de Mönchengladbach, quatrième de Bundesliga. "Il a fait un bon choix, applaudit Jocelyn Gourvennec, son entraîneur à Guingamp. Il a rejoint une formation intermédiaire qui n'est pas encore un club de Ligue des champions mais est bien structuré avec une continuité depuis de nombreuses années dans le sillage du directeur sportif Max Eberl. Il a trouvé un contexte parfait pour lui".
Depuis, Marcus Thuram passe de nouveaux paliers. Encore et toujours. Avec l'état d'esprit adéquat. "C'est un garçon très à l'écoute, se souvient l'ancien meneur de jeu de Stade Rennais ou du FC Nantes. Sous ses airs de jeune qui aime bien rigoler, pour qui le football est plus un plaisir qu'un métier, il y a derrière cela énormément d'investissements de sa part. Il écoute beaucoup, il est intelligent et il l'applique". Au fur et à mesure, il parvient ainsi à gommer les défauts de son jeu pour prendre une autre dimension. "Il est plus constant. Il se replace plus vite. Il est plus mature. La Bundesliga le fait grandir", confirme Gourvennec.

Lilian et son fils Marcus Thuramà Roland-Garros en 2018

Crédit: Getty Images

Quand il reçoit le ballon, il se retrouve dans des zones où il peut faire autre chose
Très à l'aise dans le système de Gladbach où il peut faire parler sa force de percussion et son sens du un contre un pour faire des différences, Marcus Thuram, dribbleur né, affiche surtout une palette plus large depuis son passage outre-Rhin. "Son axe de travail, c'est d'être meilleur dans son jeu sans ballon. Et il est en train de le faire", félicite Gourvennec. "Comme ça quand il reçoit le ballon, il se retrouve dans des zones où il peut faire autre chose. Être fort en un contre un, il sait le faire. Mais il doit montrer une autre palette et il est en train d'y parvenir. C'est une belle évolution." "On a toujours peur avec ce genre de joueurs qu'ils deviennent des intermittents du spectacle qui ne jouent que quand ils ont la balle. Mais il a bien évolué", ajoute Jean-Luc Ruty.
Ailier gauche aussi à l'aise dans l'axe comme deuxième attaquant, Marcus Thuram est ainsi moins prévisible. Et donc plus redoutable pour les défenses adverses. "Il est plus létal en ce moment, note aussi le technicien breton. Il a souvent considéré que s'il ratait un but, ce n'était pas grave car cela ne restait qu'un jeu. Mais le haut niveau, c'est un peu plus que ça. Son papa avait ça en lui, c'était un vrai tueur mentalement. Il voulait gagner ses duels, s'imposer face à l'adversaire, lui faire mal. Marcus est en train de le comprendre. Cette année, il a franchi un vrai palier là-dessus."

Marcus Thuram rend hommage à George Floyd lors de la rencontre opposant le Borussia Mönchengladbach à l'Union Berlin, le 31 mai 2020

Crédit: Getty Images

S'il arrive à le faire, il sera aux portes de l'équipe de France. Il a le talent pour ça
L'ombre de son père n'est jamais très loin quand on évoque Marcus Thuram. Sans surprise. Mais cela va dans le bon sens. "Son papa l'aide beaucoup car il est très exigeant avec ses fils. Il est dur avec eux. Mais il est derrière eux. Je pense qu'il est de bons conseils", raconte l’ancien entraîneur de Guingamp et de Bordeaux, qui a joué avec le champion du monde 1998 en équipe de France Espoirs.
Alors forcément, une question s'impose : et la suite ? Où peut-il s'arrêter ? Assez loin visiblement tant son potentiel est grand et qu'il démontre la mentalité nécessaire pour l'exploiter au mieux. "L'étape d'après, c'est de s'imposer dans une équipe qui joue le titre et la Ligue des champions, estime Gourvennec. S'il arrive à le faire, il sera aux portes de l'équipe de France. Il a le talent pour ça. L'intelligence aussi. Et un environnement sain qui le poussera à aller plus loin. Il a vraiment beaucoup de cartes dans son jeu. Mais pour l'instant, il y a une grosse concurrence sur les postes offensifs en équipe de France. Il n'est pas encore au niveau de ceux-là. Mais il a le potentiel pour y arriver". Voilà qui promet.
En attendant de savoir s'il va pouvoir suivre les pas de son père en Bleu, Marcus Thuram a déjà démontré qu'il avait en tout cas aussi le caractère pour dépasser le cadre du sport. Dimanche, il a mis un genou en terre pour célébrer un but, en soutien aux manifestations contre les violences policières suite à la mort de George Floyd lors de son arrestation à Minneapolis. Ce qui ne surprend pas Jocelyn Gourvennec là non plus. "C'est lié à son éducation. Lilian a toujours eu de fortes convictions, même quand il était jeune. Il savait ce qu'il voulait, le revendiquait et prenait toujours position, explique le Brestois. Marcus a lui un grand sens de la justice. Il a besoin qu'on lui dise les choses et il sait si c'est joué ou si c'est vrai. Il est très sensible à ce qui est juste." S’il se fait un prénom en Europe, Marcus n'est pas non plus le fils de Lilian Thuram pour rien.
Transferts
Les 8 infos mercato qui vous échappé mardi
23/03/2021 À 16:45
Ligue des champions
Sept clean-sheets de rang pour City et un Guardiola aux anges : "C'est impressionnant"
16/03/2021 À 23:15