Son père s'appelle Dieter, son oncle Uli. Le premier est un ancien joueur et dirigeant du Bayern. On ne présente plus le second, personnage truculent et rusé qui a fait du Bayern en 40 ans un géant du football mondial. Tombé dans la marmite du Bayern quand il était petit, Sebastian Hoeness a évidemment tenté une carrière de footballeur. Assez médiocre au regard de son patronyme, qu'il avoue porter depuis 38 ans plus comme un fardeau que comme un étendard.

"Je vis avec depuis toute ma vie, je me suis toujours appelé Hoeness, et ce nom polarise", dit-il. "Évidemment qu'il m'arrive de souhaiter être reconnu comme Sebastian, et pas comme Hoeness, mais je dois vivre avec." C'est comme entraîneur que l'homme s'est révélé. Après des débuts avec les équipes de jeunes à Leipzig, il a pris en main les U19 du Bayern en 2017, avec succès. Avant d'être promu coach de l'équipe B la saison dernière, et de décrocher le titre national de troisième division.

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"Trop bon trop tôt"

C'est là que Hoffenheim, qui avait laissé filer Julian Nagelsmann en 2019 (à Leipzig) l'a repéré. Au grand dam du FC Bayern, qui ne s'attendait pas à le perdre si tôt. "Trop bon trop tôt pour les plans du Bayern", a commenté le grand quotidien de Munich Süddeutsche Zeitung. "Sebastian Hoeness a brillé lors de sa première saison comme entraîneur de la réserve. Le Bayern a été pris à contre-pied par l'intérêt que lui a porté Hoffenheim."

Sebastian Hoeneß (FC Bayern II)

Crédit: Getty Images

Le défi était tentant : rendre à Hoffenheim l'âme que l'équipe avait perdue lors du départ de Nagelsmann, et se confronter d'emblée au niveau international avec la Ligue Europa. Ses premiers pas sont fulgurants. Deux victoires en deux journées de championnat et déjà une première place (grâce à une meilleure différence de buts), qui provoque un battage médiatique dont Hoeness se serait bien passé : "Pour être honnête, j'aurais préféré que nous soyons deuxièmes", a-t-il soupiré après la victoire contre le Bayern, légèrement agacé, "parce qu'on ne va parler que de ça toute la semaine". Mais être le premier entraîneur à faire tomber le champion d'Europe depuis décembre 2019 attire forcément la lumière.

Garder la tête froide

Kevin Vogt, forte personnalité du vestiaire, a spontanément cité le discours de Hoeness lorsqu'on lui a demandé à chaud d'expliquer les raisons de la victoire : "Ce qui a été très important pour nous, c'est ce que le coach nous a transmis", a-t-il dit. Le directeur sportif du club, Alexander Rosen, ne cachait guère sa satisfaction d'avoir engagé le jeune technicien : "Il est très compétent, extrêmement ambitieux, son travail est méticuleux, et il fait passer l'équipe avant tout".

Son ambition, selon la Süddeutsche Zeitung, est d'ailleurs son seul point commun avec son célèbre oncle, connu pour ses colères et ses jugements à l'emporte-pièce. Car ses proches, selon le quotidien munichois, "décrivent Sebastian Hoeness comme un homme calme, les pieds sur terre et pas du tout explosif". Lui-même n'a aucune intention de se laisser griser : "Même dans le succès, il est important pour moi de rester pragmatique et de garder la tête froide", dit-il: "l'important pour nous, c'est de rester calme. Nous sommes sur la bonne voie, mais maintenant, il s'agit de faire fructifier notre victoire contre le Bayern lors du prochain match à Francfort". Histoire de montrer que, ne serait-ce que pour quelques jours, un Hoeness peut en cacher un autre...

Uli Hoeneß - FC Bayern München

Crédit: Imago

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