C'est un parfum de printemps bien connu du côté du Borussia Dortmund. Un an après s'être résigné à céder Jadon Sancho, transféré pour une somme colossale à Manchester United, le BvB a, sans surprise, laissé filer Erling Haaland loin de la Ruhr. Le cyborg norvégien s'est envolé pour Manchester City, contre la coquette somme de 60 millions d'euros. La fin d'une ère, encore une, et pas forcément plus fructueuse que les précédentes.
Alors qu'ils s'apprêtent à boucler une dixième saison dans l'ombre de leur ennemi intime bavarois, les "Schwarzgelben" sont sur le point de repartir pour un énième nouveau cycle. Avec toujours l'espoir d'aller renverser le Bayern Munich, un ogre qu'il n'a que rarement titillé depuis 2012 en Bundesliga, à l'exception de la saison 2018-2019.
Entre départs à la pelle, cadres pas garantis, jeunesse à promouvoir et arrivées déjà scellées, le Borussia Dortmund a une palanquée de dossiers à gérer. Si certains ont déjà trouvé leur épilogue, il reste encore beaucoup de choses à régler pour Hans-Joachim Watzke, Michael Zorc, Marco Rose et consorts. Reste désormais à connaître la direction que le club va prendre. Et espérer qu'elle tranchera davantage avec celle de ces dernières années.
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Un inévitable et nécessaire grand exode

A Dortmund, cet été 2022 sera indéniablement celui de la transformation. Avec de nombreux joueurs en fin de bail en juin prochain ou dans un an, les départs s'annoncent légion du côté du Signal Iduna Park : Roman Bürki, Dan-Axel Zagadou, Axel Witsel ou encore la légende Marcel Schmelzer sont déjà quasi-assurés de quitter le club. Même son de cloche pour Reinier et Marin Pongracic, de retour de prêt au Real Madrid et à Wolfsburg.
Le BvB doit également gérer avec de nombreux joueurs clefs en fin de bail dans un an, et pas des moindres. Mats Hummels, Raphaël Guerreiro, Mahmoud Dahoud, Felix Passlack et surtout Marco Reus n'ont pas encore prolongé leur bail avec l'octuple champion d'Allemagne. Leur avenir reste d'ailleurs en suspens dans la Ruhr.

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D'autres comme Manuel Akanji, Thorgan Hazard, Julian Brandt ou encore Nico Schulz ne seront pas retenus en cas de belle offre. De quoi offrir une belle refonte de l'effectif pour mieux construire après des années mi-figure, mi-raisin. "Il va y avoir beaucoup de changements pour Rose", nous confie Jürgen Koers, qui suit le BvB pour le Ruhr Nachrichten. "Il va y avoir une dizaine de départs et il a de la matière pour faire ce qu'il veut."

L'anticipation, (presque) une spécialité maison

Alors que le mercato estival 2022 n'a pas encore ouvert ses portes, le Borussia Dortmund a d'ores et déjà pris les devants pour anticiper cette fuite des talents. Avec les arrivées déjà actées de Niklas Süle (Bayern Munich), Nico Schlotterbeck (Fribourg), Karim Adeyemi (RB Salzburg) et vraisemblablement Ramy Bensebaini (Borussia M'Gladbach), le vice-champion d'Allemagne est le grand animateur de ce début de tractations.

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Cette salve d'arrivées est en tout cas une très bonne chose pour notre confrère d'Eurosport Deutschland, Denis Melzer. "Ils avaient clairement besoin de se renforcer en défense, c'était le gros point faible de l'équipe cette année. Schlotterbeck et Süle avaient de belles offres ailleurs, mais les dirigeants ont fait un gros travail pour les attirer."
Et si les Borussen ont déjà bien travaillé pour pallier cet exode massif, cette tactique d'anticipation n'est pas un coup d'essai. Avec un succès, plus ou moins mesuré. En 2019, Dortmund avait finalisé Brandt, Schulz et Hazard, trois de ces quatre achats estivaux, dès la fin mai.

La jeunesse entre incertitude latente et immense espoir

Habitué à sortir des talents formés au club ou issus de la post-formation, Dortmund devrait, une nouvelle fois, miser sur cette marque de fabrique pour ce nouveau chapitre. Si Jude Bellingham, désormais fer de lance de cette formation, et Giovanni Reyna font figure d'incontournables, d'autres jeunes sont amenés à prendre davantage de gallon.
Déjà entraperçus cette saison, Tom Rothe et Jamie Bynoe-Gittens, chipé à Manchester City en 2020, pourraient profiter des incertitudes pour se faire une place au soleil. Le meneur de jeu Göktan Gürpüz est également attendu la saison prochaine. Un triplette maison qui a de quoi donner des idées à Marco Rose, forcément.

Un colosse de 17 ans : Rothe, le latéral gauche XXL de Dortmund

Ce projet, Youssoufa Moukoko pourrait ne pas y prendre part. Annoncé comme la "next big thing" du Borussia, le jeune jeune attaquant de 17 ans ne suit pas la trajectoire attendue. Et sa progression a pris un petit plomb dans l'aile ces dernières semaines. Une situation qui ne semble pas inquiéter Denis Melzer. "Il a été intégré très tôt dans l'équipe première. Mais la différence entre les U19 et le groupe professionnel est bien sûr extrêmement grande. Il a besoin de plus de temps, un prêt pourrait lui faire du bien."
Victime de blessures à répétition, le natif de Yaoundé a semé quelques doutes. Pas dans l'esprit de son entraîneur qui est d'ailleurs monté au front pour défendre son poulain le week-end dernier après le match contre Greuther Fürth (3-1). "Tu sais quel âge il a ? Il a 17 ans. J'ai pu lire 'l'accident Moukoko'... Je ne sais pas comment je me serais senti à 17 ans si j'avais dû lire quelque chose comme ça sur moi." Rose a d'ailleurs réaffirmé son envie de conserver l'attaquant, qui pourrait lui rendre de précieux services l'an prochain.

Marco Rose, Erling Haaland, Hans-Joachim Watzke, Karim Adeyemi : encore une révolution à venir à Dortmund... (visuel : Quentin Guichard)

Crédit: Quentin Guichard

Au nom de Rose ?

Car l'ancien technicien de 'Gladbach est déjà attendu au tournant dans les prochains mois. Si sa première saison n'est pas à ranger au rang des déceptions, elle est bien loin d'être rayonnante. Comme ses prédécesseurs, le coach allemand est déjà sur un siège éjectable et n'a pas crédit illimité.
"Il a évidemment la pression pour la prochaine saison. Il y a eu quelques critiques à son égard par rapport à ses choix tactiques, son 11 de départ. Il a perdu 15 matches cette saison", continue Jürgen Koers. "Encore une fois, il a eu beaucoup de blessés cette saison et il n’a pas pu vraiment mettre en place ce qu’il voulait. Là, il a les moyens et surtout la confiance de ses dirigeants pour faire ce qu’il veut. C’est à lui de jouer, sinon ça peut vite gronder chez les supporters...."
Ce début de mercato estival, très ambitieux une nouvelle fois, doit lui permettre de constituer un groupe capable d'aller chatouiller le Bayern Munich. "Chaque année, on se demande si le BvB se rapprochera enfin du Bayern. La réponse est claire depuis dix ans… Mais ce début de mercato peut donner de l'espoir aux fans. Dortmund a réussi à faire venir l'un des meilleurs défenseurs du Bayern et l'a également devancé pour Schlotterbeck", conclut notre confrère.
En 2013, Vincent Labrune, alors président de l'OM, vantait les mérites du "projet Dortmund" pour faire grandir le club phocéen. Neuf ans après, ce fameux "modèle BvB" a pris du plomb dans l'aile. Alors qu’il était habitué à titiller le gratin européen au début de la décennie 2010, Dortmund s’est peu à peu mué comme le tremplin de luxe pour les jeunes talents en quête de grandeur.
Pas spécialement une mauvaise stratégie, mais le club de la Ruhr a les ingrédients et se donne les moyens nécessaires pour retrouver une stature plus imposante. Le nouveau chapitre débute idéalement sur le papier avec ces premières signatures. Reste à espérer qu'il ne suive pas l'infernal cercle vicieux que la maison connaît si bien.

Marco Rose sur le banc du Borussia Dortmund lors de la saison 2021-2022.

Crédit: Getty Images

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