City - Liverpool, Liverpool - City, le football anglais est rythmé ces derniers mois pas les chassés-croisés de ses deux places fortes. Et même quand le jeu est en pause, le temps d'un marché estival, les deux cadors de Premier League se sont échangé les coups. L'écurie mancunienne pense avoir touché le gros lot avec la signature d'Erling Haaland, le prolifique Norvégien qui a mis la Bundesliga à feu et à sang. Les Reds ont, eux, fait sauter la banque pour l'autre nouveau "kid on the block" des surfaces, Darwin Núñez, en provenance de Benfica. Le Community Shield de samedi était l'occasion d'un affrontement à distance entre les deux joueurs, appelé à devenir la nouvelle grande rivalité du Royaume. Après le premier round, net avantage en faveur de l'Uruguayen.
Jürgen Klopp avait pourtant bien insisté tant en avant-match que sur la composition du jour : Roberto Firmino est "le cœur et l'âme" de son Liverpool. Alors 75 millions ou non, Núñez n'arrive pas en terrain conquis au sein de l'attaque liverpuldienne. Il lui faudra faire face à une période d'adaptation, tant vis-à-vis du jeu pratiqué dans l'Albion, qu'avec ses coéquipiers. Malin, le technicien allemand savait aussi que ne pas lancer immédiatement sa nouvelle recrue phare dans le grand bain lui permettrait sans doute de s'éviter les flots de pression légitimes à son sujet. Ses premiers pas, il est vrai assez inégaux, en préparation et la réaction des supporters lui donnaient raison au coup d'envoi. La prestation de son nouveau protégé samedi, encore plus.
Ligue des champions
"Comme Johan Cruyff" : Haaland, un but de plus, mais pas comme les autres
14/09/2022 À 22:46

Darwin Nunez vaut-il toutes ces folies ?

Núñez parfois maladroit, toujours disponible

Entré en jeu pour la dernière demi-heure, Núñez a tout changé, ou presque au jeu de son équipe. Tenu en échec mais au contrôle du jeu, le club de la Mersey s'est fait plus pressant que jamais sur le but d'Ederson une fois sa dernière acquisition sur la pelouse. Comme il en avait l'habitude à Lisbonne, le Sud-américain n'a pas compté ses efforts, tant dans ses déplacements que par son pressing. S'il lui a manqué de précision dans le dernier geste face à Ederson sur sa première tentative (63e), son poids sur l'arrière-garde mancunienne n'a pas tardé à porter ses fruits.
A l'origine de l'action grâce à son activité à la perte du ballon, Darwin Núñez s'est procuré le penalty du 2-1 - converti par Mo Salah - pour une tête touchée de la main par Ruben Dias. Le numéro 27 aurait pu en rester là, décisif, mais pas pleinement dans la lumière. Mais l'attaquant est un chasseur de but, un vrai. Son coup de tête passé de peu à côté sur corner (86e) a laissé deviner son potentiel apport dans le jeu aérien, déjà pas un point faible des Reds (Van Dijk, Konaté, Jota…). Un avant-goût de son deuxième coup de casque, le coup de grâce pour City (3-1, 93e) dans le temps additionnel.

Le but de Darwin Nunez (Liverpool) lors du Community Shield contre Manchester City, le 30 juillet 2022

Crédit: Getty Images

Klopp pouvait célébrer. Son coup tactique a donc payé. "Oui, Darwin est bon, s'est-il amusé dans son traditionnel style espiègle à ITV. On le voit à l'entraînement, là, il a été impliqué sur toutes les situations dangereuses. Il a ouvert le jeu pour nous, mais il était là aussi pour finir les actions. Il a fait un bon match." Et il a marqué.

16 ballons seulement pour Haaland

Erling Haaland ne peut en dire autant. Celui qui s'est fait la spécialité d'empiler les buts à chaque match joué ou presque ne gardera pas un souvenir impérissable. Qu'il semble loin le temps où le Norvégien claquait un triplé en vingt minutes pour ses premiers pas officiels avec le Borussia Dortmund en Bundesliga. Face à l'arrière-garde très dense de Liverpool, Haaland n'a pas existé. Sevré d'opportunité de prendre la profondeur, jamais en mesure de malmener physiquement ses vis-à-vis, Virgil van Dijk en tête, l'attaquant n'a jamais pesé dans le jeu des siens.
Il faut dire que Manchester City a semblé samedi avoir totalement perdu l'habitude d'évoluer avec un véritable attaquant de surface. Jouer avec un finisseur comme Haaland n'a pas grand-chose à voir avec les faux numéros neuf Phil Foden, voire Bernardo Silva, ou avec un Gabriel Jesus qui participait activement à la création du jeu. Et le Norvégien va lui aussi devoir se faire à son nouvel environnement. On l'a d'ailleurs vu franchement emprunté sur un de ses rares opportunités d'accélérer en contre-attaque, à la 56e minute, provoquant l'ire de Kevin De Bruyne, furieux de voir son partenaire immobile.

Erling Haaland et Julian Alvarez lors du Community Shield

Crédit: Getty Images

La barre pour Haaland, le but pour Alvarez

Un chiffre vaut mille mots : Erling Haaland n'a touché que 16 petits ballons en 95 minutes de jeu. Un total dérisoire pour un joueur de sa trempe. Le contraste est d'autant plus saisissant que lui d'ordinaire si clinique face aux cages a manqué un but tout cuit en fin de match, touchant la barre transversale seul devant le but d'Adrian. Le même genre de loupé qui avait vu son homologue Núñez être raillé sur les réseaux sociaux durant la pré-saison…
"C'est bien qu'il découvre la réalité d'un nouveau pays et d'un nouveau championnat, a réagi Pep Guardiola en conférence de presse. Il n'a pas marqué. Mais il a d'incroyables qualités et il va le faire. Quand Haaland a marqué aux Etats-Unis (ndlr, contre le Bayern Munich dimanche dernier), tout le monde disait à quel point il était impressionnant. Il était présent et il avait eu des occasions, rien n'a changé. Il est fort. Une autre fois, il mettra le ballon au fond. C'est le football."
L'entraîneur catalan aura donc quelques enseignements à tirer de son animation offensive. Et pas forcément que des mauvais. Dans l'ombre de Haaland, Julian Alvarez a lui aussi fait ses débuts. L'Argentin, acheté puis prêté l'hiver dernier à River Plate, est lui aussi entré autour de la 60e minute de jeu, aux côtés de l'ancien de Dortmund alors qu'on l'attend davantage comme sa doublure cette saison. Et c'est lui qui a un temps donné l'espoir à Manchester City, en égalisant avec opportunisme - suite à une frappe mal repoussée - seulement 12 minutes après être sorti du banc. Disponible, actif dans le jeu, le joueur de 22 ans a marqué des points, même s'il n'a pas pu empêcher la défaite des siens. On ne demande qu'à le revoir.
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