Vainqueur de la double confrontation en quart de finale de la Ligue des Champions avant d'être sacré au Camp Nou quelques semaines plus tard, l'Atletico Madrid s'était positionné comme la bête noire des Blaugranas la saison dernière. Mais en l'espace de 10 jours sur cette année 2015, la formation de Luis Enrique contredit cette tendance. A deux reprises, le Barça est venu à bout de l'impressionnant bloc-équipe mis en place par Diego Simeone (3-1 en championnat, 1-0 en Coupe du Roi).
La crise annoncée au tout début de l'année 2015 par certains médias espagnols semble déjà loin. En l'espace de deux rencontres de très haut niveau, le Barça a fait oublier les turbulences qui l'agitaient en coulisses. Si tout n'est pas encore parfait - quelques erreurs individuelles sont encore à signaler -, le collectif semble sur la bonne voie en vue du printemps européen. Même sur coups de pied arrêtés, pourtant leur point faible historique, les Catalans ont réussi à ne pas être inquiétés par des Colchoneros habituellement efficaces dans l'exercice.
Sur le plan comptable, depuis leur défaite à Anoeta face à la Real Sociedad le 4 janvier dernier (1-0), les Blaugranas restent sur une série de six victoires d'affilée toutes compétitions confondues, 23 buts inscrits pour 1 seul encaissé. C'est mieux que le Real Madrid qui a justement eu du mal face à son rival de la capitale (éliminé en huitième de finale de la Coupe du Roi : 0-2, 2-2). Reste à savoir quelles sont les fondations de ce début d'année en fanfare des hommes de Luis Enrique. 
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Messi, de retour à droite

Certainement le choix le plus fort du coach depuis son arrivée en Catalogne : faire le choix de ne pas sacrifier Suarez sur l'autel du quadruple Ballon d'Or argentin, et d'offrir le poste à la pointe de l'attaque à l'Uruguayen. Les résultats lui donnent raison puisque même si Suarez est encore loin de son rayonnement liverpuldien, Messi pèse toujours autant sur le jeu des Blaugranas malgré sa position sur l'aile droite.
Au sein de l'animation offensive catalane, il se pose en effet en véritable meneur de jeu excentré. La plupart des adversaires évoluant en bloc très compact, le Barça trouve des espaces sur la largeur. La saison dernière, il n'avait personne pour les exploiter. Désormais, Messi et Neymar sont deux joueurs capables de profiter des espaces abandonnés par les adversaires sur les ailes. L'Argentin trouve ainsi des espaces au gré des nombreux changements de jeu orchestrés par ses défenseurs (Mascherano, Piqué...). Une fois le ballon en sa possession, contrairement à ses débuts à ce poste, il ne recherche pas forcément le dribble - à moins d'être pressé -. Sa priorité est avant tout de trouver les relais de partenaires présents dans les 30 derniers mètres.

Lionel Messi avec le Barça

Crédit: AFP

En l'occurrence, ils sont deux à assister Messi dans l'animation de ce côté du terrain. Le premier est évidemment Daniel Alves qui, contrairement aux saisons précédentes, ne cherche plus automatiquement à déborder. Souvent, il offre une solution dans l'axe alors que Messi attire son adversaire direct vers la ligne de touche (pour une prise à deux avec le latéral). Sans point d'appui devant eux, les combinaisons Messi-Alves peineraient à gêner la défense adverse. Et c'est à ce niveau que Rakitic, sans doute symbole n°1 de ce Barça new-look, entre en scène.
Contrairement à Xavi qui occupait le même poste la saison dernière, le Croate est beaucoup plus qu'une simple "deuxième rampe de lancement" aux côtés de Busquets. Dès qu'il le peut, l'ancien milieu du FC Séville s'infiltre entre les lignes adverses et va proposer des solutions à ses deux partenaires dans les 30 derniers mètres. Face à l'Atletico, ses courses ont énormément perturbé l'arrière-garde madrilène. Godin s'est notamment retrouvé deux fois hors de position pour un but encaissé (en championnat) et une autre situation très dangereuse pour Oblak (en Coupe du Roi).

Une solidité retrouvée ?

Condamnés à défendre très bas face aux offensives catalanes, l'Atletico Madrid aurait pu espérer se créer des situations en contre-attaque. Mais les Blaugranas de Luis Enrique ont là aussi retrouvé certaines vertus perdues depuis le départ de Pep Guardiola. Sitôt la balle perdue dans le dernier tiers adverse, il y a toujours un joueur, voire deux, qui s'activent afin de tenter de le récupérer - ou au moins de ralentir la sortie de balle -. Là encore, Rakitic a un rôle capital côté droit pour compenser l'activité réduite de Messi dans ce registre. 
Ce premier pressing retrouvé profite énormément à Busquets, qui semble enfin revenir au niveau qui avait fait sa réputation il y a quelques saisons. Souvent bougé dans les duels lorsqu'il était délaissé par ses pairs, le milieu de terrain espagnol peut à nouveau lire le jeu depuis l'entrée du rond central et intervenir à propos pour couper des lignes de passes et devancer ses adversaires. Une sérénité retrouvée qui se transmet aussi à la défense centrale : Piqué et Mascherano enchaînent eux aussi les bonnes prestations en ce début d'année.

Sergio Busquets - 2015

Crédit: AFP

Mais asphyxier l'adversaire dans son propre camp n'est pas forcément suffisant. Ces dernières saisons, le Barça semblait complètement perdu et passif dès qu'il devait défendre dans sa moitié de terrain. Là encore, des progrès sont visibles depuis quelques matches, notamment grâce à la compacité du milieu à trois formé par Busquets, Rakitic et Iniesta. Face à l'Atletico, leur activité a permis de circonscrire la circulation de balle adverse aux couloirs, où ils recevaient ensuite les soutiens de Messi et Neymar pour bloquer les latéraux adverses (même si Siqueira a faussé compagnie à Messi plusieurs fois).

En attendant Suarez ?

Le plus encourageant dans ce premier constat de l'année 2015, c'est que ce Barça a encore une belle marge de progression. L'intégration de Luis Suarez et son retour à 100% en fait partie. Pour le moment, l'Uruguayen penche côté gauche et combine souvent avec Neymar lorsque ce dernier cherche à repiquer à l'intérieur. De cette position, il offre en plus des relais à Iniesta lorsque celui-ci s'élance du milieu de terrain. Surtout, il dévoile sa panoplie de dévoreur d'espaces sur les rares séquences de contre-attaques du Barça : sa mobilité - sur toute la largeur du terrain - offre la solution en profondeur qui manquait au Barça lorsqu'il devait remonter le terrain rapidement, alors qu'il n'avait qu'un Messi adepte des décrochages disponible aux avant-postes. 
Ces premières performances de l'année 2015 attendent évidemment confirmation. Si celle-ci passera évidemment par une qualification mercredi prochain face à l'Atletico Madrid, le Barça a déjà les yeux rivés sur le mois de mars où, en l'espace de seulement 4 jours, il jouera une grande partie de sa saison : d'abord lors du huitième de finale de retour de Ligue des Champions face à Manchester City, puis en retrouvant le Real Madrid pour le second Clasico de l'exercice 2014-15. 

Luis Suarez au sol, comme un symbole

Crédit: AFP

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